lundi 31 décembre 2018

Les Haut-Conteurs, tome 1 : La voix des rois d'Olivier Peru et Patrick Mc Spare

Encore un titre qui traînait dans ma PAL depuis... le printemps de Montaigu 2013 ! Mais celui-ci a une particularité : c'est ma première dédicace, signée Patrick Mc Spare. Un bon souvenir !

Année d'édition : 2010
Nombre de pages : 336 pages
Genre : fantasy, jeunesse
Edition : Pocket







Synopsis :
1190, Tewkesbury, royaume d'Angleterre. A treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d'aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l'auberge familiale. Il ne connait le monde que par les gens de passage, et son meilleur ami, l'ennui, semble bien décidé à lui gâcher son existence.

La venue d'un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d'histoires et d'énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s'y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s'enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit... mais un matin, il ne revient pas.

L'histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C'est ce que va tâcher de découvrir Roland... et peut-être deviendra-t-il lui-même Haut-Conteur ?

Mon avis :
Bienvenue dans le Tewkesbury médiéval ! A vous chevaliers, nobles quêtes, mais surtout récits flamboyants, pour lesquels nous devons remercier les Haut-Conteurs.

Roland, adolescent de son état, s'ennuie ferme dans l'auberge familiale dont il doit logiquement reprendre le flambeau. Evidemment, à son âge, c'est plutôt de grande aventure qu'il rêve. Fort heureusement, Mathilde, illustre Haut-Conteuse, passe dans le coin, et va complètement chambouler la vie du jeunot.

La structure et la thématique de ce premier opus d'une série de 5 (+1) sont assez classiques, mais néanmoins réussies. On y retrouve bon nombre d'éléments qui font mouche, d'autant plus qu'ils sont bien amenés.
Ainsi, au fil des pages, nous croisons des créatures mythologiques telles que goules ou vampires... mais attention, conformes aux mythes initiaux. On est bien loin ici du vampire scintillant qui nous fait baver avec ses gros muscles et son jean moulant. Cet aspect confère un côté assez sombre au roman, bien qu'il soit destiné en premier lieu à un public jeunesse / young adult.

Mais tout cela n'aurait pas la même saveur sans une bonne dose de mystères, apportés non seulement par la caste des Haut-Conteurs que par l'objet de leur quête. 
Les Haut-Conteurs sont en effet connus pour leurs formidables aptitudes à captiver un public, mais ils sont bien plus que ça. Tous porteurs d'un surnom, leur quotidien est fait de recherches consciencieuses comme de combats périlleux et acharnés, dans lesquels leurs armes sont loin d'être conventionnelles. On a naturellement envie d'en apprendre plus à leur sujet, c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai adoré autant que les péripéties suivre l'apprentissage de Roland, qui découvre les codes, l'art de la narration et toutes les conditions à remplir pour être digne de porter la cape pourpre propre à ce groupe secret.

L'objet de leur quête, un livre dont les pages sont éparpillées dans le monde entier, est l'occasion d'enrichir l'histoire d'énigmes agréables. Je suis curieuse d'en découvrir davantage dans les prochains tomes. Ainsi que le surnom de Roland, pas encore fixé dans ce premier opus (pour un effet comique réussi, d'ailleurs).

J'ai donc eu plaisir à retrouver une plume que je connais et apprécie, même dans ce contexte plus jeunesse. C'est vif, drôle, gavé de rebondissements... Sans répit et sans pitié aussi bien pour le lectorat que pour les personnages. Ces derniers semblent de prime abord assez manichéen, mais on se rend vite compte que rien n'est si simple...

Bonus de la maison : des illustrations signées des auteurs eux-mêmes, de style médiéval, qui jalonnent le récit et s'intègrent parfaitement à l'ouvrage !

jeudi 6 décembre 2018

I.R.L. d'Agnès Marot

Nouvelle incursion dans cette collection Electrogène des éditions Gulf Stream, qui a décidément le chic pour poser de bonnes questions et aborder des thèmes intéressants ! C'est cette fois I.R.L. d'Agnès Marot, autrice que je découvre à cette occasion.

Année d'édition : 2016
Nombre de pages : 432 pages
Genre : jeunesse, SF
Edition : Gulf Stream (Electrogène)







Synopsis :
Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo.

Mon avis :
Thèmes passionnants et totalement d'actualité que ceux abordés dans ce roman !

A travers la confrontation entre Life City et l'IRL, Agnès Marot nous montre qu'il est parfois difficile de placer la frontière entre le réel et le virtuel. Où commence l'IA, où s'arrête l'influence du joueur dans ce jeu qui continue d'évoluer lorsqu'il est offline ?
Autant de questions qui me passionnent à l'heure du transhumanisme, à cette époque où la question commence à se poser de comment survivre après la mort de son corps ? Le transfert de la personnalité des humains dans des androïdes fait fantasmer... Mais est-on dès lors encore humain ?

L'autrice dénonce également la manipulation de l'opinion par les médias, en la poussant à voter dans un sens ou dans l'autre sur l'évolution du jeu, qui est pour eux une télé-réalité. Difficile de ne pas faire le parallèle avec de nombreuses émissions vues et revues, et qui sévissent encore dans le PAF. Ramollissement cérébral assuré pour tous ceux dont c'est le seul centre d'intérêt...

J'ai aimé l'opposition entre les deux mondes. Les joueurs, insouciants, qui sont convaincus de manipuler une IA mais s'attachent quand même à leurs avatars, parfois à l'extrême. Les personnages du jeu, en particulier Chloé, bien sûr, qui développe progressivement ses propres sentiments (amour, peur, colère...), jusqu'à devenir bien plus humaine que les vivants IRL qui tirent les ficelles... Les révélations sur le jeu et son fonctionnement m'ont convaincue, quelle bonne idée de montrer les "ficelles", justement !

Le monde réel semble très séduisant lui aussi. Modification du décor à volonté, submersion de technologies aussi diverses qu'excitantes... mais qui ont une lourde contrepartie : la disparition totale de la vie privée. Pistage, incursion de l'image de l'appelant directement dans le champ de vision à chaque coup de fil... Ce n'est pas sans évoquer la géolocalisation très efficace déjà enregistrée par nos téléphones, et les algorithmes de plus en plus efficaces des géants tels Google ou Facebook... Un peu glaçant !

Le récit est dynamique, truffé d'action, de rebondissements, d'alliances et de trahisons. J'ai moins aimé l'alternance temporelle entre le jeu et le plateau télé, qui a un peu cassé mon rythme de lecture (peut-être n'étais-je pas dans la bonne disposition d'esprit pour ça au moment de la lecture). Il aurait été facile de sortir Chloé des situations les plus difficiles en manipulant le code mais l'autrice n'en abuse pas... C'est plutôt réussi !

Les amateur·ice·s apprécieront les nombreuses références à des jeux vidéos (Sims, Second Life), films ou romans. Références qui sont toutes explicitées en fin d'ouvrage, très bonne idée ! Même si PAL/films à voir/jeux à découvrir n'en sont que toujours plus nombreux...

Le petit plus : le clin d’œil à Cindy, personnage touchant, chaleureux, au rire sonore... ou quand le réel fait une incursion dans la fiction ! Ceux qui la connaissent la reconnaîtront !

En conclusion, malgré une structure alternant les séquences temporelles que j'ai moins appréciée, j'ai apprécié la lecture de ce roman, qui me parle forcément en tant que joueuse, mais aussi et surtout pour les thèmes qu'ils évoquent. Des questions qu'il est bon - et grand temps - de se poser. Hâte de lire Erreur 404, maintenant !

mardi 4 décembre 2018

Celle qui venait des plaines de Charlotte Bousquet

Encore une idée piochée chez la copinaute Sia d'Encres et Calames, idée qui n'a pas eu de mal à me convaincre puisque j'ai adoré quasiment tout ce que j'ai lu de l'autrice.

Année d'édition : 2017
Nombre de pages : 360 pages
Genre : historique, jeunesse
Edition : Gulf Stream







Synopsis :
Le vert des hautes herbes surplombées par le feu orangé du soleil couchant sur les plaines du Dakota, les récits de victoires autour d’une flambée à la tombée de la nuit, les chevaux couleur de cendres,

le tonnerre des canons, les rivières de sang…
Et soudain, le déracinement et l’enfermement à la Mission
Saint-James, l’apprentissage de la haine d’une culture immémoriale, la purification par la souffrance et une éducation de fer pour briser les volontés les plus tenaces.

Voici l’histoire de Winona, fille aînée du vent et de la lumière, héritière de traditions ancestrales qu’elle fut contrainte de recracher comme le pire des venins,
métisse éprise de liberté et de justice dont la route ne cesse de croiser celle des célèbres Steele men, cow-boys et mercenaires – pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis :
Le moins qu'on puisse dire, c'est que Charlotte Bousquet sait nous emmener dans des contrées et des époques terriblement variées, et toujours avec succès. Je l'ai découverte en fantasy, avec Arachnae, en jeunesse historique avec Là où tombent les anges, où nous étions en France en pleine guerre mondiale... Nous voilà maintenant outre-atlantique aux côtés de Winona, une métisse amérindienne et de Virgil, un jeune homme qui a soif de revanche.

Le récit commence fort : Winona tue Seth, un des illustres Steele Men. C'est la découverte de cet événement qui décide Virgil, fils du défunt, à traquer cette femme pour avoir sa confession puis la tuer. Mais celle-ci ne va pas se contenter de raconter ce point particulier de sa vie, elle va revenir sur toute son existence, rappelant à tout un chacun qu'un acte ne suffit pas à définir une personne, surtout s'il est retranscris par un extérieur...

Commence alors un incroyable récit, qui alterne plusieurs points de vue. Les paroles de Winona, qui nous livre avec une sagesse et un recul incroyables les meilleurs comme les pires moments de son existence. Le journal intime de Virgil, qui est intéressant en ce qu'il montre l'évolution de son ressenti et son jugement vis à vis de celle qu'il considère en premier lieu comme une atroce meurtrière. Enfin, des extraits d'un roman biographique sur les Steele Men, écrit d'après les propos de Frank Allen, un de ses membres (tellement bien fait, d'ailleurs, que je suis allée vérifier si ce livre existait : en fait, non).
L'alternance des passages, tous forcément subjectifs, a ceci de brillant qu'elle nous permet de capturer une image plus complète de chacun des personnages, et de remettre le tout en perspective. Cela nous rappelle qu'il est essentiel de faire attention à qui écrit l'histoire...

Sur le fond, ce roman nous rappelle la violence du traitement des Amérindiens en pleine guerre de sécession. Viols, pillages, massacres, séquestration de peuples mobiles sur des espaces restreints, destruction de leurs troupeaux... Rien n'est épargné au lecteur. Les pires passages pour moi ayant été ceux qui se déroulent au pensionnat où a été envoyée Winona toute jeune, et où les Blancs se sont échinés à faire oublier toute notion d'identité et d'appartenance à des gosses. Maltraitance physique, morale... on les bat, on les affame, on les laisse nu·e·s jusqu'à ce que l'idée fasse son chemin dans leur caboche de "mal-né·e·s", et j'en passe...
Puis Winona grandit, et croise la route de nombreux personnages dont les noms ne sont pas sans nous évoquer quelque chose ! Calamity Jane, Buffalo Bill, le marshall Bass Reeves... là encore, on les découvre sous un jour qu'on ne connaissait pas forcément, et c'est passionnant.

En résumé, la plume de Charlotte Bousquet a encore frappé, alternant violence et poésie. Elle m'a fait voyager dans un monde que je connais pourtant mal, et m'a fait passer des moments tantôt glaçants, tantôt poignants avec une héroïne au caractère bien trempé, un personnage féminin comme on voudrait en voir souvent...
Alors, quelle sera la prochaine destination ?

lundi 3 décembre 2018

Novembre 2018 en films !

Petit mois de novembre, la grisaille et la fatigue ont eu raison de notre motivation à sortir en direction des salles obscures. Heureusement, parmi les 4 heureux élus qui nous ont fait nous déplacer, un GROS, GROS coup de cœur !

Le top du top !

* Charismatique
Bohemian Rhapsody
Une énorme claque. Queen, on connait tous. Ou alors, on pense ne pas connaître, mais en entendant les chansons, on se rend compte qu'en fait, elles nous sont vachement familières. Celui que je connaissais moins, c'est Freddy Mercury, son chanteur emblématique. Et quelle découverte... Ce mec avait un charisme, un talent et un génie fous. Un culot, un sens du rythme, un côté novateur... Rami Malek est impressionnant de ressemblance et de justesse dans son rôle, et nous garde scotché·e·s de la première à la dernière minute de ce film entraînant et grandiose qui finit en apothéose. Les 30 dernières minutes ont été pour moi un temps de gros sanglots inextinguibles. Conquise.

Les autres

* Le plus malaisant
Le jeu
Une soirée entre potes, une idée à la con, et si tout le monde répondait aux messages et appels de tout le monde ? Forcément, ça dégénère... Entre secrets inavouables, grosses révélations et autres malentendus, ce huis-clos prend vite un tournant beaucoup moins drôle que prévu. Il en résulte une ambiance tendue au possible ! Mention spéciale pour la fin, dont je n'arrive pas à décider si j'ai adoré ou détesté...

* Quand les mots s'emmêlent
Un homme pressé
Luchini à lui seul suffit à me convaincre à aller voir ses films. Celui-ci n'est pas extraordinaire, l'intrigue est assez prévisible et j'ai regretté que le mélange des mots, comme on le voit chez certaines victimes d'un AVC, ne soit basé que sur l'homophonie. J'ai en revanche trouvé très touchant l'infirmier qui déploie une inventivité phénoménale pour essayer de séduire l'orthophoniste !


* Bal des niffleurs
Les Animaux Fantastiques 2 : Les Crimes de Grindelwald
On ne va pas se mentir, ce film doit énormément à sa réussite visuelle. Créatures, décors, costumes, c'est l'occasion de se replonger de plus ou moins loin dans le monde de HP. J'ai aimé les quelques recoupements avec la saga principale, retrouver Dumbledore et Fumseck, notamment... Mais globalement, le film aurait pu être nettement raccourci et plus recherché sur le plan scénaristique. Un bon moment quand même, mais bien loin des films qui m'ont conquise il y a des années !

mardi 20 novembre 2018

Fétiches de Mo Hayder

Ce livre m'avait été conseillé par un ami. J'avais finalement mis la main dessus lors de mon premier festival des Quais du Polar, à Lyon, en 2016... Il aura donc dormi deux ans dans ma PAL. Merci la nécessité d'un·e auteurice en H pour le challenge ABC de me l'avoir fait exhumer !


Année d'édition : 2015
Nombre de pages : 508 pages
Genre : thriller
Edition : Pocket







Synopsis :
Les patients de l’unité fermée Beechway sont très sensibles à la suggestion. Une hallucination peut se répandre tel un virus. Aussi, lorsque plusieurs malades se donnent la mort après s’être atrocement mutilés, le fantôme de « La Maude » ressurgit. Selon la légende, au XIXe siècle, à l’époque où Amberly était une maison de redressement, une surveillante naine et sadique surnommée Sœur Maude terrorisait les pensionnaires. Son spectre n’aurait depuis cessé de hanter les lieux, et aurait causé au fil des ans de nombreuses victimes. Soucieux de protéger ses patients mais aussi de mettre fin à l’hystérie collective qui gagne même son équipe, AJ, infirmier psychiatrique en chef, décide de faire appel au commissaire Jack Caffery.

Mon avis :
Un thriller dont le gros du mystère a trait à un fantôme dans un asile psychiatrique, voilà qui avait tout pour me plaire. On devine là-dessous une forte composante psychologique, ce à quoi j'attache le plus d'importance dans ce genre de romans.

Construction assez classique pour celui-ci, avec des personnages et un schéma un chouille stéréotypés : on suit en effet deux "histoires" en parallèle, qui finiront bien sûr par se rejoindre.
* D'abord, on a AJ, un gentil employé de Beechway, l'hôpital psychiatrique secoué par des événements macabres et violents. Ancien infirmier, il a pris du galon mais ne peut s'empêcher de rester au contact de ses patients. Assez effacé, il vit avec sa tante Patience, une mamma pleine de gouaille et de ressources culinaires, et son fidèle chien Stewart.
Il seconde Melanie Arrow, directrice dépassée par les drames qui émaillent son établissement et la désertion du personnel qui en découle. Elle noie son désespoir dans l'alcool.
* De l'autre côté, bien sûr, Jack Caffery, flic célibataire endurci hanté par une affaire non résolue de disparition sur laquelle il semble en savoir plus qu'il ne prétend mais ne peut rien dire car il couvre quelqu'un... La quarantaine, charme naturel, il est marié à son travail... D'ailleurs il n'a pas défait ses cartons deux ans après son emménagement dans son cottage.
Il croise régulièrement Flea Marley, responsable des recherches, qui a eu un grave accident et se bat pour revenir au top niveau, et tadaa... cache un lourd secret.

L'intrigue principale réside donc à Beechway, où des patients meurent de façon inexpliquée après avoir accompli des actes dignes des plus grands cas de possession. Certains ne meurent pas mais se mutilent, ce qui donne lieu à des scènes assez spectaculaires à déconseiller aux âmes les plus sensibles. La responsable en serait la Maude, le fantôme au visage lisse d'une infirmière naine.

Au fil du texte, des indices sont disséminés, nous amenant dans des directions différentes. Les malades ont un rôle important, l'un d'eux notamment, Isaac Handel, qui a commis un crime dont les détails m'ont purement et simplement donné la nausée. Son dada, ce sont les poupées vaudou malodorantes à force de kilomètres à se promener sous ses aisselles à l'hygiène douteuse, qui ont donné son titre au roman.

Fantôme, magie vaudou, suggestion, hystérie collective... autant de thèmes que j'adore et qui sont susceptibles, bien traités, de me coller quelques frissons. Pari à moitié réussi, puisque j'ai malheureusement identifié le coupable dès la moitié du roman. Même si les chapitres suivants m'ont un peu éloignée de ma suspicion, j'ai été déçue de constater, dans les dernières pages, que je ne m'étais effectivement pas trompée.

Fétiches reste malgré tout un bon divertissement, dont les chapitres courts se terminant sur une information capitale avant de changer de décor m'ont gardée en haleine. Pas le thriller de l'année, mais pas un mauvais livre non plus, l'ensemble étant cohérent et bien mené.

Un deuxième roman de l'autrice, Proies, m'attend dans ma PAL. J'espère y trouver un plaisir de lecture renouvelé mais surtout un peu plus de surprise !

dimanche 18 novembre 2018

#PLIB2019 - Les 21 sélectionnés !


On les attendait de pied ferme, ils viennent d'être annoncés dans la vidéo en direct de Patatras : voici les 20 sélectionnés pour ce #PLIB2019, et oui oui, ils sont finalement 21, et en grande majorité signés d'autrices !


A noter que mes 3 poulains de départ, Terre de Brume de Cindy Van Wilder, Les nuages de Magellan d'Estelle Faye et Le dieu oiseau d'Aurélie Wellenstein sont tous encore présents, et que j'en suis ravie ! 
Je n'ai pas noté ma sélection de 20 au moment du vote malheureusement, je ne suis même pas en mesure de donner mon score final, mais dans cette sélection je retiens particulièrement Rouille de Floriane Soulas, qui me fait de l’œil depuis sa sortie, Shâhra de Charlotte Bousquet, que j'ai eu la chance de faire dédicacer à Ménétrol, de même qu'Erreur 404 d'Agnès Marot.

Mon but maintenant est d'essayer d'en lire un maximum de cette sélection d'ici le prochain vote, afin d'être la plus objective possible ! Au boulot !

mardi 13 novembre 2018

La ferme des animaux de George Orwell

Je l'ai délaissé pendant pas mal de temps après un démarrage en fanfare, mais me voilà relancée dans le challenge ABC avec la lettre O ! Mieux vaut tard que jamais. L'occasion pour moi de découvrir un classique du maître Orwell, dont j'avais lu 1984...

Année d'édition : 2014
Nombre de pages : 151 pages
Genre : SF, fable
Edition : Folio







Synopsis :
Un beau jour, dans une ferme anglaise, les animaux décident de prendre le contrôle et chassent leur propriétaire. Les cochons dirigent la ferme comme une mini société et bientôt des lois sont établies proscrivant de près ou de loin tout ce qui pourrait ressembler ou faire agir les animaux comme des humains. De fil en aiguille, ce microcosme évolue jusqu'à ce qu'on puisse lire parmi les commandements : " Tous les animaux sont égaux, mais (il semble que cela ait été rajouté) il y en a qui le sont plus que d'autres. "
Le parallèle avec l'URSS est inévitable quand on lit cette fable animalière. A travers cette société, c'est une véritable critique du totalitarisme d'état que développe Orwell.

Mon avis :
Grand bien m'a pris d'inclure ce titre dans mon ABC car j'ai pris un réel plaisir à ma lecture, notant au fur et à mesure des pages les nouvelles manipulations de l'espèce régnant sur la ferme...

Tout démarre dans une ferme dont le propriétaire, méchant fermier s'enrichissant sur le dos de ses bêtes, symbole du capitalisme, est renversé par sa basse-cour.
Dès lors, tout va changer ! Plus question de travailler pour engraisser un homme, chacun œuvrera désormais au bien-être et à la subsistance de tous. Une utopie communiste qui va séduire tous les habitants des lieux. Cette idéologie de départ est louable, mais ne va évidemment pas perdurer. Le changement se produit quand Napoléon, bien-nommé cochon, prend les rênes de l'exploitation.

Vite oubliée, l'égalité des espèces ! D'une unité travailleuse où tout le monde donne de sa sueur pour nourrir l'ensemble, on distingue maintenant deux groupes : les têtes pensantes (les cochons), et la main d'oeuvre. Tiens tiens, si j'étais pessimiste, je dirais qu'on voit déjà un schéma se reproduire. Même si on propose d'éduquer chacun à la lecture et l'écriture, cela tombe vite à l'eau, et la masse va se contenter, longtemps, d'accorder une confiance aveugle aux néo-dirigeants.

Progressivement, les dérives s'installent. Les règles instaurées au début commencent à souffrir d'exceptions au profit des décideurs... bah oui, réfléchir nécessite beaucoup d'énergie et il est indispensable de nourrir davantage et de donner plus de confort aux cerveaux.
La manipulation des foules est habile, et pas sans rappeler des passages de notre histoire mondiale. On crée une unité en instaurant des chants et des devises. Puis un service d'ordre, pour s'assurer que personne ne vienne perturber le bien de tous. Et on instaure la terreur, pour s'assurer que personne n'aura trop envie de se rebeller. Pas d'autre choix que de suivre aveuglément le chef. On a l'impression qu'il a fait changer les lois à son profit ? Oh, non, c'est sûrement notre mémoire qui nous joue des tours... Et petit à petit, on se retrouve au point de départ, avec une différence : l'espèce maîtresse a changé. La boucle est d'ailleurs bouclée quand la ferme reprend son nom d'origine...

Sous couvert d'une fable rigolote, Orwell nous offre ici un apologue sombre et cynique, grinçant, qui dénonce à l'époque le totalitarisme stalinien. Mais il est d'autant plus glaçant qu'il n'est pas sans rappeler les techniques actuelles de certains partis politiques qui tentent, au hasard, de nous faire croire que tous nos maux viennent des immigrés.

C'est un roman très court, très vite lu. C'est même impressionnant de voir avec quelle efficacité la situation se retourne en si peu de pages. Quant à l'utilisation des animaux pour critiquer les sociétés humaines, c'est une technique qui a fait ses preuves (je pense notamment à Maus). Lisez-le, réfléchissez-y, c'est hyper intéressant !

mardi 6 novembre 2018

Terre de Brume, tome 1 : Le Sanctuaire des Dieux de Cindy Van Wilder - #PLIB2019

L'autrice n'étant pas avare de teasing, j'attends toujours avec une grande impatience la sortie de ses romans. Le premier tome de Terre de Brume n'a pas fait exception à la règle, j'ai toutefois réussi à attendre (15 jours ^^) de la rencontrer aux Aventuriales de Ménétrol pour en prendre possession. Il est des livres qui ne dorment pas longtemps dans la PAL. D'autant plus quand ma copinaute Sia vient me solliciter pour une lecture commune. Nous voilà donc embarquées toutes deux dans la brume... Son avis par ici !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 288 pages
Genre : fantasy jeunesse
Edition : Rageot
#ISBN9782700259230






Synopsis :
Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d'une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire de Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. 
Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s'allient afin d'empêcher leur monde de sombrer dans l'oubli.

Mon avis :
Me voilà donc arrivée à Mirar, un monde qu'un cataclysme a recouvert d'une brume mystérieuse, caustique et qui a radicalement changé le mode de vie des habitants. La toxicité de ce nuage vaporeux a en effet forcé tous les survivants de la catastrophe à se regrouper sur les hauteurs, séparant la population en différents groupes qui ont évolué dans des directions différentes, en fonction des ressources à leur disposition.

On entrevoit déjà ici un message environnemental fort. L'eau est devenue une denrée rare. Le vent, qui permettrait aux communautés de se rejoindre facilement, a disparu. La magie est désormais nécessaire au moindre voyage, mais cette magie produit elle-même de la brume... Vous voyez le problème ? 

Mais quand, soudainement, la brume se peuple de monstres et attaque les survivants, plus question de la jouer perso. Intissar, une soeur du feu, se met en tête d'aller prévenir ses lointains voisins, les Prêtre·sse·s de l'eau.
On se rend compte alors que cette distance a fait des dégâts. La peur de l'autre, les a priori sont nombreux et créent un sentiment de méfiance et de danger qui mettent naturellement les différents peuples en conflit. On sent bien que ce n'est pas l'ouverture d'esprit qui les étouffe ! Là encore, on perçoit un message capital...
Heureusement, pas le temps de se tirer dans les pattes trop longtemps. Héra, jeune prêtresse de l'eau, va rapidement devoir dépasser ses préjugés et s'allier à son antagoniste élémentaire pour sauver le monde.

Débute alors une aventure haletante sur les flots vaporeux... on se laisse envelopper par la brume, aux côtés d'Héra et Intissar, voguant vers l'inconnu... et le danger. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'autrice n'épargne pas ses personnages (ni ses lecteurs, par la même occasion...) ! Les pages se tournent à une vitesse folle, les déconvenues s'enchaînent... rendant impossibles les haltes prévues tous les 5 chapitres de cette lecture commune.

Au-delà de l'aventure, j'ai pris un immense plaisir à suivre ces personnages féminins très forts. Si elles représentent des éléments opposés, elles sont d'une complémentarité parfaite dans leur tempérament. Leur relation évolue au fil du récit, de la méfiance à la collaboration, aux combats dos à dos, chacune confiant sa vie à l'autre, puis à l'affection dans laquelle je me complais à voir une certaine tension (agréable, la tension...) et à espérer qu'elle ira plus loin dans le deuxième tome. Je ne considère pas la romance comme indispensable dans un roman fantasy, j'ai d'ailleurs adoré ce tome qui en est dépourvu, mais... A bon entendeuse... 

Le récit est court, mais quelques pages suffisent à s'attacher aux différents protagonistes. A noter que les mâles sont peu nombreux mais bien campés, entre Pylos, figure protectrice par excellence, et le bellâtre suffisant de l'académie de l'eau... 
Au fil des pages, on en apprend davantage sur l'utilisation des magies différentes, mais aussi sur les croyances et les mythologies de chacune des quatre "factions" mentionnées (les amateurs de Grèce antique reconnaîtront quelques clins d’œil qui y sont faits).
Elles sont habilement utilisées pour construire l'univers, nous faire découvrir l'avant cataclysme, les combats qui ont précédé, et donner de la profondeur au roman.

Quant à la fin... elle nous laisse sur une ultime inspiration qu'il va nous falloir retenir jusqu'à la suite. Mais quel twist ! Elle laisse sans conteste le lecteur avide d'en découvrir plus et de savoir où tout cela va les mener... on me souffle dans l'oreillette que le tome 2 est à paraître début mai 2019. L'attente va être bien longue ! 

Bonus de cet ouvrage dont le contenu possède toutes les qualités ? Un contenant superbe, avec une couverture dévoilée en pleine canicule et qui m'a permis de rêver de fraîcheur en attendant la sortie !

En conclusion, parce que je sens que je suis partie dans tous les sens : ce tome 1 de Terre de Brume est un page-turner frais, efficace, qui en moins de 300 pages offre un univers complet tant dans sa géographie, son histoire que dans ses peuples. Les personnages fouillés, forts et attachants n'enlèvent rien au plaisir de la lecture. Once more, Cindy nous embarque à l'aventure, en distillant des messages importants. Et c'est toujours un bonheur ! Vivement la suite !



Première lecture du #PLIB2019 !

lundi 5 novembre 2018

Octobre 2018 en films !

Je pensais attendre beaucoup de films en septembre, eh bien c'était encore pire (mieux ?) en octobre !

Top 3 d'octobre !

* Le plus juste
Shéhérazade
C'est violent, c'est cru, c'est dur... Rien n'est épargné au spectateur. Mais ce film est d'une incroyable justesse et c'est ce qui fait toute sa force. Les deux jeunes acteurs principaux sont excellents... Drogue, prostitution, conflits divers et variés, petites frappes et gros délits, règlements de comptes. Fierté de caïd et jalousie, mélange de sentiments... Courez-y mais soyez prêts à ce que vous allez voir !

* Le plus entraînant
A star is born
Bradley Cooper, ce n'est pas une révélation, je l'adore. Je le connaissais en tant qu'acteur, je le découvre en tant que réalisateur et c'est excellent. Mais la vraie découverte de ce film, c'est Lady Gaga. C'est une personnalité que je connais assez peu, mais elle a quelque chose de terriblement hypnotisant ! Je l'ai infiniment préférée au naturel dans le film, qui m'a donné envie de découvrir sa discographie. Bon à part les beaux yeux de la demoiselle, c'est une belle histoire d'amour qui nous est contée, entre une jeune inconnue dotée d'une voix extraordinaire et un chanteur alcoolique reconnu mais sur le déclin. Relation complexe entre les deux, une jolie romance !

* Souvenirs d'école
Première année
Un film au ton très juste sur le stress, la compétition, les heures d'insomnie et tout ce qui caractérise la première année de médecine et son dur concours. Vincent Lacoste et William Lebghil sont touchants, leur jeu est naturel et agréable. Une belle relation s'installe entre eux dès le début du film. Voilà qui m'a rappelé des souvenirs !



Flop 2 d'octobre !

* Le plus chronométré
La prophétie de l'horloge
Un film qui démarre sur les chapeaux de roue avec des personnages hauts en couleurs et des dialogues détonants ! Les piques s'envoient à qui mieux mieux, ça vole dans tous les sens, c'est assez jouissif. 
La suite a été plus en demi-teinte, avec une alternance de moments sympas comme la découverte de la magie intrinsèque à Lewis et d'autres... dispensables. Je déplore encore et toujours ce besoin d'introduire une, voire des scènes pipi-caca-prout dans tous les films jeunesse. Comme s'ils ne pouvaient rire que de ça. Ceci dit, c'est aussi le cas dans les films adultes, alors...

* Fais ta prière
La Nonne
Les films d'horreur sont assez souvent décevants dans la mesure où, si on en a vu beaucoup, on reconnait facilement les ficelles et les moments de tension ce qui limite fortement la surprise qu'on peut ressentir. La bande-annonce de ce film m'avait intriguée, je l'avais trouvée assez réussi et déjà assez flippante. J'ai tardé à le voir, faute de volontaires pour m'accompagner... J'ai fini par y aller quand même, seule, dans une salle où nous étions... 2. Ambiance garantie ! Finalement, rien de révolutionnaire, si ce n'est que je trouve que le contexte religieux se prête toujours bien aux films d'horreur. J'ai sursauté, plusieurs fois, ce qui est déjà satisfaisant. Pour le reste... dommage que l'esprit ait eu besoin de revêtir un aspect "monstrueux", c'est ce que j'aime le moins. Ah, et l'assaut final de l'héroïne... ahah ! ^^ Demi flop.

Les autres !

* Le début de la faim
To the bone
Un film Netflix au sujet des troubles du comportement alimentaire. Intéressant, bien construit. On y suit le parcours d'une jeune anorexique, ses obsessions, ses difficultés, ses espoirs. Mais on voit aussi les réactions de la famille, qui ne sait plus comment aider leur proche.




* Une nouvelle notification
Searching : portée disparue
Un thriller essentiellement construit sur l'utilisation des réseaux sociaux pour la résolution de la disparition d'une adolescente. Certains trouveront que ça va à l'encontre de l'essence même du cinéma de produire des écrans tout au long du film, moi j'ai trouvé ça bien fichu, surtout pour la partie du début qui reconstitue la vie de Margot. Quelques longueurs, mais j'ai apprécié, même si j'avais vu venir la fin (en partie).

* La meilleure dentition
Venom
Je n'avais jamais entendu parler de ce personnage Marvel, ce fut une heureuse découverte. Une créature extraterrestre investit le corps d'un journaliste dans un but plus ou moins avouable. Jusque là rien de révolutionnaire. Mais les deux ont la possibilité de communiquer et d'être conscient en même temps, ce qui rend les choses beaucoup plus intéressantes et les dialogues assez croustillants. Les puristes Marvel n'ont pas aimé, moi j'ai passé un bon moment !

* Le meilleur timing
Halloween
Vu le 31 octobre, ça ne pouvait pas mieux tomber. Grosse mise en scène au ciné, musique angoissantes, méchants de films d'horreur qui défilent sur les écrans du hall, déco soignée... ça met dans l'ambiance. Beaucoup de monde dans la salle pour l'occasion, un groupe survitaminé qui hurle, mais vraiment, à chaque surprise, c'était assez drôle.
En ce qui concerne le film en lui-même, j'ai aimé la tentative d'incursion dans la tête d'un tueur en série. C'est hyper violent, le meurtrier est froid au possible, bien flippant. Le début du film est un peu lent pour moi, manque d'un fil conducteur et s'apparente plus à une série de morts auxquels on ne s'est pas attaché. Mais ça va crescendo, et j'ai fini par me laisser happer. Je n'avais pas vu les opus précédents, mais je compte bien réparer ça. Jamie Lee Curtis torturée et bad ass au top.


Les sessions ciné maison : rediffusion sur canap' !

* On continue la session nostalgie
Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban


J'avais gardé moins de souvenirs de celui-ci que des deux précédents, c'est avec plaisir que je les ai retrouvés. Les acteurs ont bien grandi, c'est impressionnant. Encore et toujours un bon opus dans lequel on a davantage de révélations sur les parents de Harry. Et la carte du maraudeur fait son apparition pour mon plus grand plaisir ! La relation commence à évoluer entre Hermione et Ron... Avec le recul, on voit plus de choses !

jeudi 18 octobre 2018

PLIB 2019

Après avoir vu passer pas mal de publications, articles et annonces concernant le PLIB 2018, dont la remise des prix doit avoir lieu samedi 13 octobre 2018 à Lyon, je me suis ENFIN lancée. Je ferai donc partie du jury du PLIB 2019, et je suis suuuper impatiente ! J'ai hâte de découvrir les titres proposés par les autres jurés, hâte de... enfin d'abord, je vous explique un peu ! 




Le PLIB, c'est quoi, comment ça marche ?

Le Prix Littéraire de l'Imaginaire des Blogueurs/Booktubers/Bookstagrameurs, c'est un prix ouvert à tous les amateur·ice·s de lecture présent·e·s sur une des plateformes ci-dessus. Pas d'effectif maximum, plus on est nombreux, plus c'est représentatif !
C'est un prix tout neuf, puisqu'il a été mis en place l'année dernière par Hélène Ptitelfe, Pauline Patatras, Céline Blaché et Yannick Huchard l'année dernière.

Plusieurs étapes à ce prix, se déroulant sur un an :
1. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 31 octobre 2018. Lors de cette étape, chaque juré propose 3 titres appartenant aux différents genres de l'imaginaire (fantasy, SF, fantastique) parus en 2018. Ces titres doivent être francophones.
2. Les jurés votent pour choisir 5 titres parmi tous ceux proposés.
3. Les jurés ont plusieurs mois pour lire les 5 titres proposés avant le vote final. Chacun des titres fait l'objet d'une chronique sur le ou les supports de prédilection de chacun·e.
4. Le vote final désigne le grand vainqueur, qui reste secret jusqu'à la dernière étape :
5. La remise du prix !

Pour plus d'infos sur le règlement, c'est par ici : >> Tout savoir sur le PLIB 2019 <<
Et si vous êtes convaincu·e·s et que vous voulez vous inscrire, c'est là : >> Je participe ! <<

Mes propositions !

Les titres proposés peuvent être des titres déjà lus et qui nous ont plu, ou des titres qui nous attirent beaucoup et que nous souhaitons découvrir/faire découvrir.
Mon choix s'est porté sur 3 titres signés par des autrices francophones que je connais déjà à travers d'autres titres, voici donc la proposition :

1. Terre de Brume, tome 1 : Le Sanctuaire des Dieux de Cindy Van Wilder 
(fantasy, jeunesse, Rageot, 288 pages)
J'ai quasiment tout lu de l'autrice belge, que j'adore, tant pour ses écrits que pour sa personnalité. Ce roman est son dernier bébé, et il me tarde de le découvrir ! 

Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d'une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire de Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. 
Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s'allient afin d'empêcher leur monde de sombrer dans l'oubli.


2. Le Dieu-Oiseau d'Aurélie Wellenstein 
(fantasy, Scrineo, 352 pages)
J'ai découvert cette autrice récemment avec Le Roi des Fauves. Son récit, très noir et assez original, mâtiné de mythologie nordique, avait su me convaincre. Ce roman a l'air tout aussi sombre et me tente beaucoup !

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de «l'homme-oiseau», afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l?'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

3. Les Nuages de Magellan d'Estelle Faye 
(SF, jeunesse, Scrineo, 274 pages)
Découverte grâce à la trilogie de La Voie des Oracles (tome 1 ici) que j'ai dévorée, j'ai suivi de près les nouvelles parutions de l'autrice. Les Seigneurs de Bohen, finaliste du Plib 2018, m'attend d'ailleurs dans ma PAL ! Mes connaissances en SF sont bien plus limitées qu'en fantasy, c'est donc pour élargir mes perspectives et découvrir une nouvelle facette d'Estelle Faye que j'ai choisi ce troisième titre.

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan, mais les Compagnies ont fini par renoncer à tout projet de colonisation, préférant les affaires aux rêves d’exploration spatiale. Deux siècles auparavant, l’humanité a pourtant maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plusieurs siècles de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi. Depuis, un mythe court la galaxie : des pirates auraient créé sur Carabe, une planète perdue, une république idéale, hors d’atteinte du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante du blues dans un bar pseudo texan tout en rêvant d’aventures stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle serait peut-être une ex-pirate… Les Nuages de Magellan n’ont pas dit leur dernier mot !

Les finalistes 2018

Juste histoire de satisfaire la curiosité des un·e·s et des autres, voici les 7 finalistes du Plib 2018 !


Et on vient tout juste de l'apprendre, alors voilà le grand vainqueur du PLIB 2018 :


Félicitations à Ariel Holzl, qui restera dans l'histoire comme le 1er nom associé au PLIB. Et ça, c'est classe !

jeudi 11 octobre 2018

La vitesse sur la peau de Fanny Chiarello

Encore un titre jeunesse pioché totalement au hasard dans les rayons de la médiathèque, en me fiant à une seule chose : l'édition. J'avais en effet été assez soufflée par un autre roman publié chez Rouergue, Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier. J'étais suffisamment en confiance pour me laisser surprendre. Grand bien m'en a pris.

Année d'édition : 2016
Nombre de pages :  172 pages
Genre : jeunesse, drame
Edition : Rouergue







Synopsis :
Depuis un an, Elina ne parle plus à personne, ni en famille ni au collège. Son activité principale est de végéter parmi les végétaux. Au jardin des Plantes, elle fait la plante, assise sur un banc. Personne ne l'a jamais abordée, pour lui demander l'heure, son prénom ou même un mouchoir en papier.
Puis un jour elle se met à courir, mais en sens inverse des aiguilles d'une montre, pour rembobiner le temps jusqu'à la retrouver, elle, sa mère disparue. Et quelqu'un lui adresse enfin la parole. Violette, une ancienne marathonienne en fauteuil roulant, une femme libre, déroutante.
Grâce à sa présence, Elina va réapprendre à parler, danser, crier. A pleurer aussi. Car Violette possède un secret bouleversant.

Mon avis :
Quel déchaînement de sentiments forts nous est offert à travers ce court roman ! 
Ceux d'Elina, bien sûr, mais aussi ceux de tout son entourage qui essaie tant bien que mal de composer avec le mutisme qui a saisi la jeune fille depuis la mort accidentelle et brutale de sa mère.

La douleur. Celle de la perte, de l'absence, du vide. Jamais verbalisée, elle n'en est que décuplée. Le désarroi, aussi. Celui du père et de la grand-mère qui gèrent de leur mieux, essayant différentes approches, tantôt motivé·e·s, tantôt découragé·e·s, tantôt en colère... On les comprend, on les soutient.

Les différentes phases du deuil sont passées en revue. Ainsi, de page en page, nous voyons Elina évoluer, changer, cogiter. D'abord complètement lymphatique, elle végète au milieu des arbres. Elle attend. Qui, quoi ? Qu'on vienne lui dire que son drame n'est jamais arrivé, sans doute. Mais ce moment ne vient pas, alors un jour, elle se met à courir.

Elle court, court et le·la lecteur·ice court avec elle de ligne en ligne, de page en page. Jusqu'à la rencontre qui va tout changer. Violette, vieille femme captivante, émouvante, avide de partage va donner un nouveau souffle à cette vie terne qui est désormais celle de sa cadette. Un autre thème fort est abordée à travers elle : le handicap, autre forme de deuil si on y réfléchit, surtout dans le cas de Violette.

En conclusion, La vitesse sur la peau traite avec succès et retenue le thème difficile à aborder en littérature jeunesse mais néanmoins indispensable qu'est le deuil. Une lecture touchante, qui permet d'appréhender un peu mieux ce qui peut se passer dans la tête d'un enfant ou adolescent qui perd un·e proche.