dimanche 15 septembre 2019

Le Dieu Oiseau d'Aurélie Wellenstein #PLIB2019

5ème et dernier finaliste du PLIB 2019 aujourd'hui, avec un de mes chouchous puisque j'avais proposé ce titre d'entrée de jeu lors de mon inscription. Je suis ravie de l'avoir vu arriver jusqu'ici ! Je connaissais l'autrice grâce à un autre titre, Le Roi des Fauves, que j'avais beaucoup apprécié.

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 352 pages
Genre : fantasy, jeunesse
Edition : Scrinéo
#ISBN9782367405827






Synopsis :
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Mon avis :
Une fois n'est pas coutume, j'avais repéré ce livre bien avant sa sortie. Le synopsis m'avait déjà interpellée, et la couverture signée Aurélien Police, sombre, mystérieuse, avait confirmé cette envie de me plonger dans l'histoire.

Une chose est sûre, le résumé ne mentait pas : l'ambiance est sombre, très sombre. L'histoire de l'île est sanglante, et le problème est que ça n'est pas près de s'arrêter. Il en résulte une lecture qui n'est pas de tout repos, mais c'est ce que j'aime !

Aurélie Wellenstein (que j'ai eu la chance de rencontrer, d'ailleurs, et qui est adorable) a su créer un univers complet et hostile. Climat, faune et flore nous sont connus, et varient d'un coin à l'autre de l'île principale, mais encore plus sur l'île aux oiseaux. Sur la première, j'ai ressenti une vraie désolation, tandis que sur la deuxième, je me suis sentie plutôt oppressée par la touffeur de l'atmosphère et la densité de la végétation... C'est réussi !

L'histoire comprend deux grandes parties. La première dans laquelle nous découvrons la vie de Faolan, esclave malmené par Torok, qui règne en maître sur l'île. Ce qu'il vit est d'une violence extrême. Isolé, affamé et j'en passe, il s'est réfugié dans son esprit et dans sa proximité avec les animaux.
La deuxième partie voit arriver la compétition tant attendue qui va enfin lui permettre d'assouvir sa soif de vengeance... Les étapes se succèdent, amenant avec elles leur lot de péripéties et de scènes parfois assez atroces, dont certaines m'ont soulevé le cœur... Âmes sensibles s'abstenir ! Sur le fonctionnement de l'affrontement, on retrouve certaines similitudes avec Hunger Games. Mais la comparaison s'arrête là.

Deux choses m'ont particulièrement plu dans Le Dieu Oiseau
Tout d'abord, j'ai trouvé le personnage de Faolan très complexe et travaillé. Victime d'un bourreau impitoyable, nous ne pouvons que le plaindre et compatir avec lui. On s'énerverait presque quand il minimise certaines choses... le syndrome de Stockholm n'est pas loin. Mais c'est son évolution ultérieure, au contact des autres concurrents en particulier, qui est la plus spectaculaire. D'une apparente coquille vide, il révèle finalement lui aussi une part assez sombre. Je n'en dirai pas trop pour éviter tout spoil, mais la scène sur la falaise, notamment, est assez significative. Au passage, je salue la représentation LGBT dans le roman.

L'autre intérêt majeur est le message sous-jacent. Aurélie Wellenstein dénonce ici la facilité qu'on les Hommes à s'appuyer sur des excuses plus ou moins fiables pour accomplir l'ignoble. Ici, c'est la religion qui explique/excuse tout... C'est la fatalité, puisque le Dieu Oiseau l'a voulu. Difficile de ne pas y voir une forte résonance avec les tragédies qui émaillent nos actualités depuis quelques années (et siècles, accessoirement, puisque les guerres de religion ne datent pas d'hier).

En conclusion, l'autrice m'a une fois de plus conquise avec ce roman plus sombre que le précédent. Coup de chance, il me reste encore des titres à découvrir, j'ai justement acheté la semaine dernière La mort du temps, au sujet duquel j'ai lu le plus grand bien. J'ai hâte !




vendredi 13 septembre 2019

Juillet & août 2019 en films et séries !

Je vous l'annonçais en juin, les sessions dans les salles obscures allaient se faire rares à partir de cet été. Eh bien ce fut le cas puisque je n'ai vu aucun film au ciné en juillet/août, un heureux événement étant venu chambouler mon quotidien.
Mais ce n'est pas un problème, puisque j'en profite pour (re)découvrir le paysage audiovisuel classique ou plus récent à la maison... Je comble les trous monumentaux dans ma culture cinématographique, en somme !
Je compte profiter de l'occasion pour vous faire aussi un point sur les séries qui occupent une partie de mon temps de visionnage.
A découvrir aujourd'hui, donc, un été sous le signe ... des antiquités ! 


Les films

* Requiem for a dream + un ballon
Basketball diaries (1995)
Belle description d'une descente aux enfers d'un jeune homme qui tombe dans les travers des drogues dures. On voit l'entourage, la maman en particulier, désemparée et impuissante face au décrochage de son fils. L'effet de groupe, aussi, et la facilité avec laquelle les lycéens se lancent à corps perdu dans les grosses bêtises parce que les copains font pareil... ça fait réfléchir, et flipper aussi. Personne n'est à l'abri.
En tête d'affiche, un Leonardo DiCaprio déjà très convainquant !


* Les ravages du on-dit
La rumeur (1961)
Celui-ci m'a été conseillé par ma moitié, et j'ai passé un très bon moment à le regarder. Qu'on s'entende, ce n'est pas un film joyeux. Mais il est bien ficelé et rend parfaitement, je trouve, la perte de contrôle de la situation de 2 femmes au cœur d'une rumeur.
Nous sommes dans les années 60, dans un pensionnat pour jeunes filles tenu par Karen et Martha, deux institutrices. Leur destin est chamboulé le jour où une petite peste (rôle très bien campé par ailleurs), pour se venger d'une punition, lance la rumeur d'une relation "contre-nature" entre les deux femmes. Et là, tout dégénère.
Un film stressant (remarque positive hein), une fin... pff, j'ai espéré autre chose un instant, mais non. J'ai découvert Audrey Hepburn à l'occasion, quel charisme !

* Road-movie à l'ancienne
Le salaire de la peur (1953)
Un vieux film (années 50, on recule !) = encore un conseil de ma moitié ! ^^
Cette fois, c'est Yves Montand que je découvre à travers ce long-métrage haletant. Le principe est simple : des chauffeurs sont payés pour amener à bon port des camions chargés de nitro. Evidemment, les routes de l'époque ne sont pas goudronnées de frais et chaque ornière, chaque virage est un danger pour l'équipage. On comprend mieux pourquoi ils sont si grassement rémunérés. Je me suis laissée embarquer dans cette aventure périlleuse, un grand classique du cinéma français au jeu duquel on se prend volontiers !

* Flop !
M.A.S.H (1970)
Allez, pour changer, un film de guerre ! Celui-ci aussi est réputé, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il m'a laissée de marbre. Voire m'a exaspérée. Et en plus, il est long !
Officiellement, c'est une parodie de la guerre de Corée. Pas de combats sanglants et de coups de canon tonitruants ici, nous sommes simplement les témoins de la vie dans un hôpital de guerre, et plus particulièrement des frasques de jeunes chirurgiens turbulents. Quelques scènes sont (un peu) drôles, mais globalement, même en sachant que c'est parodique, je n'ai pas accroché. L'image de la femme notamment est déplorable... Un conseil dispensable de beau-papa ! 

* Film choral de filles !
Sous les jupes des filles (2014)
Les femmes sont à l'honneur dans ce film que j'avais vu au cinéma à sa sortie, et que j'ai donc redécouvert le mois dernier. Le public ignore d'ailleurs le prénom d'un certain nombre de rôles masculins de premier plan. 
A travers la vie de 11 femmes qui se croisent à l'occasion, on nous propose des visions différentes de l'amour, de la vie, du temps qui passe... grâce à un casting de folie. Mention spéciale à une Alice Taglioni intrigante, une Sylvie Testud névrosée, une Vanessa Paradis insupportable, une Géraldine Nakache perdue... toutes, en fait, tiennent bien leur rôle. Mais bon, on va pas de mentir, ce qui nous intéresse ici, c'est surtout l'histoire d'Ysis et Marie !



Les séries !

L'événement de l'été !
Orange is the new black saison 7


Ça y est, c'est fini... la septième et dernière saison est maintenant dernière nous. 
Une saison très politique à bien des niveaux. La condition carcérale des femmes, toujours, et l'injustice parfois de leur peine, l'absence de solutions pour elles à la sortie, l'inéluctabilité de la rechute... ça, on l'a vu au travers des différentes saisons.
Mais l'accent a été mis sur le traitement des immigrées entrées illégalement sur le sol américain, et il va sans doute que sous un gouvernement trumpien, c'était nécessaire. Encore fallait-il oser le faire. Et c'est brillamment fait.
Plusieurs scènes ont bouleversé mon petit cœur d'artichaut pétri d'hormones : la chanson de Suzanne et l'événement à l'origine (je n'aurais pas misé là-dessus pour me bouleverser il y a 6 saisons !) et la scène d'adieu de la série...
La relation Piper/Alex, fil rouge de la série, est différente dans cette saison 7 et soulève aussi des questions intéressantes. Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler, mais j'ai tremblé ! Est-ce que j'ai binge-watché ? Oui ! Autant que faire se peut avec un petit crapaud coliqueux à proximité ! I'm gonna miss you, inmates !

* Le monde vu d'en-dessous
Stranger things saison 3
Sortie de la saison 3 cet été, qui a été vue d'une traite également. Qu'ils ont grandi et mûri, nos ados enquêteurs en herbe ! Une saison qui voit le groupe se scinder un peu, pour la bonne cause ! J'aime toujours autant l'optimisme et la bouille de Dustin. L'amitié naissante entre Elf et Max m'a touchée également. Et toujours, cette ambiance années 80, les radiocassettes et les talkies-walkies de 12kg... les coupes mulet et la décoration d'intérieur au goût douteux... mais une musique qui déménage !
J'ai parfois le sentiment que l'intrigue tourne en rond (on est débarrassés, ah non ça revient, ouf on a vaincu, ah non pas tout à fait...) mais l'apparition des Russes et surtout l'énigme qui occupe Dustin, Steve et Robin m'a bien occupée aussi. Je suivrai la saison 4 avec plaisir, juste pour retrouver la joyeuse bande !

* Je te surveille...
You saison 1
Série bien ficelée et très malaisante ! Joe, bibliothécaire, s'entiche de Beck, écrivaine en herbe. Mais cette dernière est déjà prise... elle ignore que l'homme la surveille et manipule totalement son quotidien, sous nos yeux impuissants... une série très spéciale, et déroutante à certains moments où je me suis surprise à souhaiter que le tordu "gagne" face à la concurrence tordue... c'est assez bizarre, comme sensation !
Âmes sensibles s'abstenir, il se passe des choses assez violentes, dans cette série (je ne parle pas du moment où des livres sont détruits, ce qui est aussi une scène d'une violence extrême ^^) ! Saison terminée, une suite est prévue.

* Le monde des dessous
Easy saison 1
Série d'anthologie indescriptible. Des épisodes courts, 20-25 minutes, qui peuvent se regarder indépendamment les uns des autres même si on croise certains personnages dans plusieurs d'entre eux. Le point commun : tous vivent à Chicago et "sont pris dans le dédale de l'amour, du sexe,de la technologie et de la culture". Domaine d'application assez vaste. C'est le format qui m'a séduite, et finalement je me suis laissée séduire. Vie sexuelle émoussée par les années, vie amoureuse exhibée sur les réseaux sociaux, envie de nouveauté... ça sonne assez juste. Casting de guests dans lequel on retrouve l'acteur qui joue le frère de Piper dans OITNB, ça m'a fait plaisir (c'est con). Mes deux épisodes préférés : Cinderella is a vegan et Utopia !
Saison 1 terminée, saison 2 à lancer (il y en a 3 au total, la série est terminée).

* Détective publique
Marvel's Jessica Jones saison 1
J'ai découvert le personnage de Jessica Jones récemment par le biais des comics, et j'ai été assez séduite par son côté anti-héros. Aspect que je retrouve dans la série (dans laquelle j'ai peu avancé pour l'instant), avec une héroïne souvent désagréable, amochée par son passé et malmenée par son ex. A suivre !

mardi 10 septembre 2019

Comment le dire à la nuit de Vincent Tassy #PLIB2019

Poursuite de la découverte des éditions du Chat Noir, et des lectures du PLIB 2019 avec ce quatrième candidat au titre ! Un roman sombre et déconcertant...

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 346 pages
Genre : fantastique
Edition : éditions du chat noir
#ISBN9782375680897






Synopsis :
La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

Mon avis :
2ème titre du Chat Noir en finale, et 2ème OVNI !
Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, y a pas à dire, ces ouvrages là ont quelque chose de différent. Comment le dire à la nuit m'a moins convaincue que La fille qui tressait les nuages du même éditeur, malgré des points forts indiscutables.

Le début était pourtant très accrocheur. D'entrée de jeu, la plume de Vincent Tassy m'a conquise tant elle est poétique et rend à merveille les émotions et les atmosphères. Solitude, angoisse, touffeur des lieux... le rendu est excellent !

Chacun des premiers chapitres est consacré à un personnage différent, et selon un schéma assez classique mais néanmoins agréable, leurs destins finissent par se croiser. Malgré des époques très différentes, puisqu'on nous propose des voyages entre le 16ème siècle et nos jours... c'est assez déconcertant au début, je me suis d'abord demandée le rapport entre les uns et les autres... et finalement, les pièces du puzzle finissent par s'emboîter et la lumière par se faire (dans une certaine mesure, hein, parce que ça reste très dark).

L'ambiance est comme j'aime, très sombre, très gothique. Les passages doux et tendres laissent la place à des scènes d'une grande violence, sans signe annonciateur. C'est brutal, et très réussi. Et au milieu de tout ça ? Une grosse débâcle de rose, puisqu'un des personnages est éditrice de romans à l'eau de rose et fan inconditionnelle de Barbara Cartland... kitschissime à souhait, et extrêmement drôle ! Sans aucun doute, le "visuel" de ce roman est une réussite.

Le fond de ce roman est une réécriture du mythe du vampire, avec quelques nuances par rapport au mythe "fondateur" qui est pour moi celui de Bram Stoker. La façon de devenir un vampire, notamment, est originale et bien jolie.

Alors qu'est-ce qui a pêché, finalement, avec tous ces aspects positifs ? 
Eh bien j'ai trouvé, alors que l'intrigue m'avait bien accrochée au départ, que tout devenait très brouillon et répétitif dans le dernier tiers. J'ai fini par m'ennuyer, un peu, et par attendre la fin. Petite déception.
Un autre point m'a agacée légèrement : la représentation LGBTQIA+, à laquelle je suis très sensible et qui m'a enchantée dans les premiers chapitres, est très vite devenue "catalogue". Chapitre 1 : couple gay. Chapitre 2 : romance lesbienne. Chapitre 3 : transgenre. Là, j'ai commencé à barrer les lettres dans mon sigle. Et je me suis dit que ça manquait férocement d'un·e ace. Bingo, il en est question juste après ! J'ai trouvé cela un peu forcé, mais bon, c'est mieux qu'une absence de représentation, alors...

En conclusion, un roman à l'esthétique très réussie, qui révèle une bien jolie plume, mais qui patine un peu sur la fin et l'empêche de me toucher complètement. J'ai cependant envie de découvrir d'autres écrits de l'auteur, ne serait-ce que pour retrouver ces mots très agréables. Apostasie me semble un bon candidat pour cela !