dimanche 22 décembre 2019

J'ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji

Déambulations au rayon jeunesse de la médiathèque. Une couverture arc-en-ciel me saute aux yeux. Je ne sais pas de quoi ça parle. Parfait, je fonce... tout droit vers une bonne surprise ! Mais...

Année d'édition : 2017
Nombre de pages : 384 pages
Genre : jeunesse, romance
Edition : Nathan







Synopsis :
Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique... Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité... c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.

Mon avis :
Cette lecture remonte à des mois, difficile de la chroniquer parce que depuis, j'ai lu beaucoup de choses à son sujet, et que mon enthousiasme s'est un peu émoussé... 

Plantons le décor : le roman est constitué d'articles de blog rédigés par Puce, franco-américaine, et lycéenne dans le Delaware. Elle écrit en français pour ne pas être lue/comprise par ses acolytes. 

Le lycée de Puce, c'est un peu comme la crème de la crème de nos écoles privées. On offre un ordinateur à tous les étudiants en début d'année, le harcèlement n'existe pas... le paradis quoi. C'est comme ça que ça nous est présenté. Ahah. Belle illusion. Car ici, comme PARTOUT ailleurs, public comme privé, riche comme pauvre, tout n'est pas rose.

La vie sur le campus semble plutôt sympa : fêtes, traditions potaches mais élaborées, club LGBT bienveillant... mais elle a aussi ses mauvais côtés : alcool, drogues y sont très présents, culte de l'apparence, dénigrement, rumeurs, menaces... eh oui, contrairement à ce que nous présente la narratrice, c'est loin d'être rose. Et c'est en ça que c'est gênant.

Alors pourquoi, au premier abord, me suis-je laissée embarquer dans cette histoire ? Il faut bien reconnaître qu'Aiden y est pour beaucoup, ainsi que la relation naissante entre les deux jeunes femmes (on va pas parler de spoil là, hein, tout le monde a vu la couverture et le "retournement de vie" de la quatrième de couverture). Attirance, déni, attirance, interrogation... voilà un cheminement qui me parle et me plait. Aiden, totalement out, se montre d'une telle patience, d'une telle douceur qu'il est difficile de ne pas s'attacher. 

Je crois que du fond de mon lit, où j'étais scotchée par une bonne fièvre carabinée, j'avais envie d'une romance L/L et besoin de toute l'énergie de Puce. Car le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est pétillante et enthousiaste ! Sans doute trop, quand on n'est pas dans l'état d'esprit idoine pour l'apprécier. Le côté groupe d'ami·e·s m'a aussi été agréable. Ces aspects positifs m'ont quand même convaincue de lire la suite, que j'avais sous la main et qui se déroule très loin vers l'ouest... au Japon.

Malgré cela, j'ai bien noté des aspects contestables dans ce roman. Une forte scission filles/garçons et des propos bien sexistes, déjà. Mais aussi un dialogue douteux lors d'une session camping organisée par le groupe d'amis... C'était franchement pas heureux. C'est dommage, parce que ça vient sérieusement entacher le plaisir initial de ma lecture.

En conclusion, une belle énergie, un chouette groupe d'ami·e·s et une relation naissante toute douce gâchés par des propos a minima sexistes, qui seraient passés sans problème dans une dénonciation ; et un déni du harcèlement et des défauts d'un lycée sous prétexte qu'il abrite la "bonne société"... Dommage ! 

mercredi 18 décembre 2019

Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri de David Lelait-Helo

Il fallait bien un book-club dont le thème était "la musique" pour que tombe entre mes mains un roman avec un titre pareil... Merci Abra pour cette découverte d'un autre genre, un livre rare avec des vrais morceaux de Nana Mouskouri dedans.

Année d'édition : 2016
Nombre de pages : 208 pages
Genre : contemporaine
Edition : Pocket







Synopsis :
Dès l'enfance, Milou a des ambitions qui ont de quoi surprendre. Dans la cour de récréation, ce drôle de petit garçon aime jouer à la princesse, et faire de ses copines ses soldats. Il s'imaginera aussi un destin dans la peau d'un monstre orange, le Casimir de L'île aux enfants, avant de se mettre en tête qu'il est la plus puissante des reines d'Égypte.
Mais quand il a treize ans, une voix fait chavirer tous ses projets. Celle de Nana Mouskouri.
C'est décidé : il sera cette femme-là !
Que d'embûches... Car Milou n'est pas grec, il ne porte ni lunettes ni longue robe pailletée, il ne sait pas chanter et, pire que tout, il découvre, effaré, qu'il est un garçon.
Pourtant, Milou a plus d'un tour dans son sac...
Son truc à lui, au fil des années, jusqu'au soir de ses quarante ans, c'est de défier le réel pour suivre son rêve. Un rêve qui le mènera bien plus loin qu'il ne l'avait imaginé...

Mon avis :
Mon niveau en matière de Nana Mouskouri frôle le néant. On me ferait écouter un extrait de ses titres les plus connus, je répondrais sans doute "mais ouiiiiii, je connais !". Mais là, comme ça, je suis incapable de fredonner quoi que ce soit d'elle. 

Cette méconnaissance et, je le reconnais volontiers, cette absence d'attrait pour la chanteuse grecque m'ont valu le plus grand mal à me glisser dans l'histoire. On y suit un gosse qui la découvre par hasard sur un plateau de télé et, à partir de là, l'idolâtre. Au point de vouloir devenir elle. Pas comme elle, non non, mais elle. Cela tourne à l'obsession, dans ce que ça peut avoir de flippant : Milou, le protagoniste en question, fait tout pour ressembler trait pour trait à Nana. Il achète tous ses disques. Soit. Il revisionne en boucle tous ses passages télévisés. Passe encore. Mais il va aussi vouloir le même look (excusez du peu), et absorbe alors tous les détails de toutes ses tenues et peut les citer sans erreur... Voilà qui faisait beaucoup de Nana Mouskouri pour moi. J'ai eu du mal.

J'ai soufflé un peu et ai réussi à rentrer davantage dans le récit lorsque le "spectre" de la chanteuse s'éloigne. Manque de pot elle finit par revenir. Raté. Cependant, comme elle est plus "réelle", j'ai préféré cette partie.

Heureusement, là-dessous, il y a des considérations plus profondes. Des relations familiales particulières, notamment, avec un attachement très fort pour la grand-mère. Curieusement, presque rien sur les parents, qui accueillent pourtant avec tolérance la singularité du fiston. Il est question de la construction de soi, de son identité, surtout quand on est différent. Identité personnelle, identité de genre, identité sexuelle... tout se mêle un peu, ce qui n'est pas sans valoir violences verbales et physiques à Milou. Certains passages m'ont d'ailleurs rappelé En finir avec Eddy Bellegueule d'Edouard Louis, lot commun malheureusement des jeunes garçons/hommes estampillés "efféminés".

La forme m'a beaucoup plus convaincue, à partir de la seconde moitié du livre. J'y ai trouvé une fluidité, une poésie agréable. Une douceur, aussi. Je me suis rendue compte par moments que je devinais sans mal les mots exacts de la suite de la phrase, en tournant la page. Ce qui n'est peut-être pas bon signe, finalement... 
L'ouverture des chapitres par quelques extraits de chanson est intéressante, ça incite à aller écouter un titre ou deux. Je ne l'ai pas fait. Je vous avais dit, que je n'avais pas d'attrait pour la célébrité grecque.

Lecture mitigée, en somme. J'ai perçu le message sous-jacent sur la construction de soi, porté par une écriture qui peut s'avérer convaincante... mais le raz-de-marée Nana Mouskouri ne m'a pas permis d'en profiter vraiment. Curieuse de voir ce que pourrait donner la plume de l'auteur sur un roman moins... mono-maniaque ! 

lundi 16 décembre 2019

Harold et Maude de Colin Higgins

Une fois n'est pas coutume, j'ai vu le film avant de lire le livre. Et pour cause : c'est le livre qui est une adaptation du long-métrage !

Année d'édition : 1984
Nombre de pages : 160 pages
Genre : contemporaine
Edition : Folio







Synopsis :
Harold, jeune homme riche, a une imagination délirante. Ses passe-temps favoris : rouler en corbillard et mettre en scène de faux suicides. Maude, elle, aime les cimetières mais adore la vie. Elle pose nue pour un sculpteur qui travaille sur un bloc de glace, conduit sans permis, vole des voitures. Elle est pour Harold la femme idéale. Il y a un mais... Lui a dix-neuf ans, et elle soixante-dix-neuf !

Mon avis :
Quelle lecture... J'avais un peu oublié le film, n'en gardant en mémoire que des éléments très forts mais peu de détails. C'est avec un immense plaisir que j'ai retrouvé les deux protagonistes : Harold et Maude.

Un duo détonnant, c'est le moins qu'on puisse dire de ces deux-là. 
Lui, 19 ans, fasciné par la mort, a pour passe-temps la mise en scène de la sienne. Faux suicides, décors macabres, gadgets astucieux pour les rendre encore plus réalistes et spectaculaires... Son carrosse est un corbillard, et son endroit préféré : le cimetière !
Elle, 79 printemps, croque la vie à pleines dents. Elle fait fi des règles de bonne conduite, change de voiture au gré des occasions, nargue la police et a remisé la pudeur au placard. Rien ne l'arrête !
Elle est aussi libre qu'il est coincé dans sa famille respectable, au grand dam de sa pauvre maman qui désespère de lui trouver une compagne réceptive à la singularité de son rejeton. Au grand dam de son oncle qui voudrait faire de lui un parfait troufion.

Et bien sûr, chacun va apprendre de l'autre. Harold, surtout, qui découvre le lâcher-prise. Sa vie est chamboulée par cette mamie rentre-dedans et terriblement attachante, à tel point qu'il est bientôt sous le charme. Relation interdite, contestée, décriée... et pourtant si naturelle.

Le roman est pétillant, les répliques drôles, cinglantes ; le texte bondissant. C'est un concentré de bonne humeur, qui nous rappelle qu'il faut profiter de la vie, chaque jour. De la première à la dernière page, tout est mis en oeuvre pour qu'on s'en souvienne. On s'attache, à ces deux-là. A leurs frasques, et à leur intimité.

Je n'en dis pas plus. C'est comme un bonbon acidulé. C'est doux. Ça donne la pêche. Dommage que ce soit si court !

mercredi 4 décembre 2019

Un ado nommé Rimbaud de Sophie Doudet

Il me semble avoir entendu parler de ce roman, mais où... impossible de m'en souvenir. Qu'importe : de la poésie, du biographique (auquel je me frotte rarement) et Scrineo... Un bon cocktail pour faire une découverte intéressante !

Année d'édition : 2017
Nombre de pages : 260 pages
Genre : jeunesse, biographie
Edition : Scrineo 







Synopsis :
En ce début de l’été 1870, Arthur brille au collège de Charleville, où il rafle un par un les prix d’excellence. Son avenir semble tout tracé. Sa mère imagine pour lui une vie paisible et convenable, une carrière sans panache et respectable. Mais Arthur étouffe et ne supporte pas cet horizon étriqué. Il rêve de Paris et de gloire : il veut être Poète !
Une année, douze mois fulgurants et quatre saisons colorées vont bouleverser son existence et l’arracher à l’enfance. Alors que la France est en guerre et que la révolution gronde, le bon élève se rebelle avec pour seules armes ses mots…
Et c’est ainsi qu’Arthur devient Rimbaud.


Mon avis :
Me voilà donc lancée à la découverte du jeune Rimbaud, brillant étudiant qui survole tous les concours auxquels il peut participer. J'ignorais tout de la personnalité de ce célèbre poète : je n'ai pas été déçue du voyage !

En effet, Rimbaud, c'est un sacré personnage. Au lycée, tout semble facile pour lui, mais il faut malgré tout le pousser pour qu'il daigne faire l'effort de travailler... C'est un électron libre, au caractère bien trempé, volage, volontiers provocateur... au détriment parfois de ses relations avec ses semblables.

Soyons honnête, sa personnalité n'est pas amène. Il m'est même apparu franchement désagréable, imbu de lui-même, fier... C'est, je pense, ce qui a été le moteur des décisions qui lui ont valu sa célébrité.
Issu d'une famille modeste, élevé avec sa fratrie par sa mère seule, respectée, l'adolescent a tout fait pour satisfaire sa quête de célébrité. Il était prêt à tout pour sortir du lot.

J'ai aimé comme l'autrice a dépeint ses relations pour le moins conflictuelles avec sa mère. On sent entre eux un conflit larvé, qui trouve peut-être son origine dans la blessure liée à l'absence de son père. Rimbaud est un adolescent indépendant, sanguin, aux yeux duquel peu de personnes trouvent grâce. Son meilleur ami, son professeur de lettres et sa petite soeur, d'abord, sont les seuls à l'attendrir quelque peu. Ses modèles en matière de poésie, ensuite, le font rêver et provoquent l'électrochoc qui le décidera à s'extraire de son milieu.

Un ado nommé Rimbaud, c'est aussi un contexte historique. L'heure est à la Commune, aux affrontements sur les barricades. Les combattants, comme Rimbaud, sont motivés par un monde meilleur qu'ils désespèrent de voir arriver... J'ai trouvé cet aspect passionnant. On croise dans le roman d'autres personnages célèbres, au nombre desquels, bien sûr, Verlaine. Mais alléluia, pour une fois, l'histoire ne tourne pas autour de la sulfureuse et médiatique relation entre les deux amants (je ne spoile pas, je suppose que quiconque a entendu parler de ces deux poètes a entendu parler de leur lien !).

La forme, elle aussi, est agréable. Des vers originaux jalonnent le récit, et j'ai beaucoup aimé non seulement les découvrir mais aussi voir dans quelles circonstances ils avaient pu être écrits. Car les écrits d'un auteur ne sont pas juste des mots sur une feuille... ils sont liés, inévitablement, à un contexte, une émotion, une humeur... C'est ce qui les rend si uniques.

Une lecture très agréable, en somme, que je recommande. Malgré la personnalité du jeune Rimbaud. Qu'on aime la poésie ou non, qu'on aime ce poète ou non, c'est à découvrir !

dimanche 15 septembre 2019

Le Dieu Oiseau d'Aurélie Wellenstein #PLIB2019

5ème et dernier finaliste du PLIB 2019 aujourd'hui, avec un de mes chouchous puisque j'avais proposé ce titre d'entrée de jeu lors de mon inscription. Je suis ravie de l'avoir vu arriver jusqu'ici ! Je connaissais l'autrice grâce à un autre titre, Le Roi des Fauves, que j'avais beaucoup apprécié.

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 352 pages
Genre : fantasy, jeunesse
Edition : Scrineo
#ISBN9782367405827






Synopsis :
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Mon avis :
Une fois n'est pas coutume, j'avais repéré ce livre bien avant sa sortie. Le synopsis m'avait déjà interpellée, et la couverture signée Aurélien Police, sombre, mystérieuse, avait confirmé cette envie de me plonger dans l'histoire.

Une chose est sûre, le résumé ne mentait pas : l'ambiance est sombre, très sombre. L'histoire de l'île est sanglante, et le problème est que ça n'est pas près de s'arrêter. Il en résulte une lecture qui n'est pas de tout repos, mais c'est ce que j'aime !

Aurélie Wellenstein (que j'ai eu la chance de rencontrer, d'ailleurs, et qui est adorable) a su créer un univers complet et hostile. Climat, faune et flore nous sont connus, et varient d'un coin à l'autre de l'île principale, mais encore plus sur l'île aux oiseaux. Sur la première, j'ai ressenti une vraie désolation, tandis que sur la deuxième, je me suis sentie plutôt oppressée par la touffeur de l'atmosphère et la densité de la végétation... C'est réussi !

L'histoire comprend deux grandes parties. La première dans laquelle nous découvrons la vie de Faolan, esclave malmené par Torok, qui règne en maître sur l'île. Ce qu'il vit est d'une violence extrême. Isolé, affamé et j'en passe, il s'est réfugié dans son esprit et dans sa proximité avec les animaux.
La deuxième partie voit arriver la compétition tant attendue qui va enfin lui permettre d'assouvir sa soif de vengeance... Les étapes se succèdent, amenant avec elles leur lot de péripéties et de scènes parfois assez atroces, dont certaines m'ont soulevé le cœur... Âmes sensibles s'abstenir ! Sur le fonctionnement de l'affrontement, on retrouve certaines similitudes avec Hunger Games. Mais la comparaison s'arrête là.

Deux choses m'ont particulièrement plu dans Le Dieu Oiseau
Tout d'abord, j'ai trouvé le personnage de Faolan très complexe et travaillé. Victime d'un bourreau impitoyable, nous ne pouvons que le plaindre et compatir avec lui. On s'énerverait presque quand il minimise certaines choses... le syndrome de Stockholm n'est pas loin. Mais c'est son évolution ultérieure, au contact des autres concurrents en particulier, qui est la plus spectaculaire. D'une apparente coquille vide, il révèle finalement lui aussi une part assez sombre. Je n'en dirai pas trop pour éviter tout spoil, mais la scène sur la falaise, notamment, est assez significative. Au passage, je salue la représentation LGBT dans le roman.

L'autre intérêt majeur est le message sous-jacent. Aurélie Wellenstein dénonce ici la facilité qu'on les Hommes à s'appuyer sur des excuses plus ou moins fiables pour accomplir l'ignoble. Ici, c'est la religion qui explique/excuse tout... C'est la fatalité, puisque le Dieu Oiseau l'a voulu. Difficile de ne pas y voir une forte résonance avec les tragédies qui émaillent nos actualités depuis quelques années (et siècles, accessoirement, puisque les guerres de religion ne datent pas d'hier).

En conclusion, l'autrice m'a une fois de plus conquise avec ce roman plus sombre que le précédent. Coup de chance, il me reste encore des titres à découvrir, j'ai justement acheté la semaine dernière La mort du temps, au sujet duquel j'ai lu le plus grand bien. J'ai hâte !




vendredi 13 septembre 2019

Juillet & août 2019 en films et séries !

Je vous l'annonçais en juin, les sessions dans les salles obscures allaient se faire rares à partir de cet été. Eh bien ce fut le cas puisque je n'ai vu aucun film au ciné en juillet/août, un heureux événement étant venu chambouler mon quotidien.
Mais ce n'est pas un problème, puisque j'en profite pour (re)découvrir le paysage audiovisuel classique ou plus récent à la maison... Je comble les trous monumentaux dans ma culture cinématographique, en somme !
Je compte profiter de l'occasion pour vous faire aussi un point sur les séries qui occupent une partie de mon temps de visionnage.
A découvrir aujourd'hui, donc, un été sous le signe ... des antiquités ! 


Les films

* Requiem for a dream + un ballon
Basketball diaries (1995)
Belle description d'une descente aux enfers d'un jeune homme qui tombe dans les travers des drogues dures. On voit l'entourage, la maman en particulier, désemparée et impuissante face au décrochage de son fils. L'effet de groupe, aussi, et la facilité avec laquelle les lycéens se lancent à corps perdu dans les grosses bêtises parce que les copains font pareil... ça fait réfléchir, et flipper aussi. Personne n'est à l'abri.
En tête d'affiche, un Leonardo DiCaprio déjà très convainquant !


* Les ravages du on-dit
La rumeur (1961)
Celui-ci m'a été conseillé par ma moitié, et j'ai passé un très bon moment à le regarder. Qu'on s'entende, ce n'est pas un film joyeux. Mais il est bien ficelé et rend parfaitement, je trouve, la perte de contrôle de la situation de 2 femmes au cœur d'une rumeur.
Nous sommes dans les années 60, dans un pensionnat pour jeunes filles tenu par Karen et Martha, deux institutrices. Leur destin est chamboulé le jour où une petite peste (rôle très bien campé par ailleurs), pour se venger d'une punition, lance la rumeur d'une relation "contre-nature" entre les deux femmes. Et là, tout dégénère.
Un film stressant (remarque positive hein), une fin... pff, j'ai espéré autre chose un instant, mais non. J'ai découvert Audrey Hepburn à l'occasion, quel charisme !

* Road-movie à l'ancienne
Le salaire de la peur (1953)
Un vieux film (années 50, on recule !) = encore un conseil de ma moitié ! ^^
Cette fois, c'est Yves Montand que je découvre à travers ce long-métrage haletant. Le principe est simple : des chauffeurs sont payés pour amener à bon port des camions chargés de nitro. Evidemment, les routes de l'époque ne sont pas goudronnées de frais et chaque ornière, chaque virage est un danger pour l'équipage. On comprend mieux pourquoi ils sont si grassement rémunérés. Je me suis laissée embarquer dans cette aventure périlleuse, un grand classique du cinéma français au jeu duquel on se prend volontiers !

* Flop !
M.A.S.H (1970)
Allez, pour changer, un film de guerre ! Celui-ci aussi est réputé, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il m'a laissée de marbre. Voire m'a exaspérée. Et en plus, il est long !
Officiellement, c'est une parodie de la guerre de Corée. Pas de combats sanglants et de coups de canon tonitruants ici, nous sommes simplement les témoins de la vie dans un hôpital de guerre, et plus particulièrement des frasques de jeunes chirurgiens turbulents. Quelques scènes sont (un peu) drôles, mais globalement, même en sachant que c'est parodique, je n'ai pas accroché. L'image de la femme notamment est déplorable... Un conseil dispensable de beau-papa ! 

* Film choral de filles !
Sous les jupes des filles (2014)
Les femmes sont à l'honneur dans ce film que j'avais vu au cinéma à sa sortie, et que j'ai donc redécouvert le mois dernier. Le public ignore d'ailleurs le prénom d'un certain nombre de rôles masculins de premier plan. 
A travers la vie de 11 femmes qui se croisent à l'occasion, on nous propose des visions différentes de l'amour, de la vie, du temps qui passe... grâce à un casting de folie. Mention spéciale à une Alice Taglioni intrigante, une Sylvie Testud névrosée, une Vanessa Paradis insupportable, une Géraldine Nakache perdue... toutes, en fait, tiennent bien leur rôle. Mais bon, on va pas de mentir, ce qui nous intéresse ici, c'est surtout l'histoire d'Ysis et Marie !



Les séries !

L'événement de l'été !
Orange is the new black saison 7


Ça y est, c'est fini... la septième et dernière saison est maintenant dernière nous. 
Une saison très politique à bien des niveaux. La condition carcérale des femmes, toujours, et l'injustice parfois de leur peine, l'absence de solutions pour elles à la sortie, l'inéluctabilité de la rechute... ça, on l'a vu au travers des différentes saisons.
Mais l'accent a été mis sur le traitement des immigrées entrées illégalement sur le sol américain, et il va sans doute que sous un gouvernement trumpien, c'était nécessaire. Encore fallait-il oser le faire. Et c'est brillamment fait.
Plusieurs scènes ont bouleversé mon petit cœur d'artichaut pétri d'hormones : la chanson de Suzanne et l'événement à l'origine (je n'aurais pas misé là-dessus pour me bouleverser il y a 6 saisons !) et la scène d'adieu de la série...
La relation Piper/Alex, fil rouge de la série, est différente dans cette saison 7 et soulève aussi des questions intéressantes. Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler, mais j'ai tremblé ! Est-ce que j'ai binge-watché ? Oui ! Autant que faire se peut avec un petit crapaud coliqueux à proximité ! I'm gonna miss you, inmates !

* Le monde vu d'en-dessous
Stranger things saison 3
Sortie de la saison 3 cet été, qui a été vue d'une traite également. Qu'ils ont grandi et mûri, nos ados enquêteurs en herbe ! Une saison qui voit le groupe se scinder un peu, pour la bonne cause ! J'aime toujours autant l'optimisme et la bouille de Dustin. L'amitié naissante entre Elf et Max m'a touchée également. Et toujours, cette ambiance années 80, les radiocassettes et les talkies-walkies de 12kg... les coupes mulet et la décoration d'intérieur au goût douteux... mais une musique qui déménage !
J'ai parfois le sentiment que l'intrigue tourne en rond (on est débarrassés, ah non ça revient, ouf on a vaincu, ah non pas tout à fait...) mais l'apparition des Russes et surtout l'énigme qui occupe Dustin, Steve et Robin m'a bien occupée aussi. Je suivrai la saison 4 avec plaisir, juste pour retrouver la joyeuse bande !

* Je te surveille...
You saison 1
Série bien ficelée et très malaisante ! Joe, bibliothécaire, s'entiche de Beck, écrivaine en herbe. Mais cette dernière est déjà prise... elle ignore que l'homme la surveille et manipule totalement son quotidien, sous nos yeux impuissants... une série très spéciale, et déroutante à certains moments où je me suis surprise à souhaiter que le tordu "gagne" face à la concurrence tordue... c'est assez bizarre, comme sensation !
Âmes sensibles s'abstenir, il se passe des choses assez violentes, dans cette série (je ne parle pas du moment où des livres sont détruits, ce qui est aussi une scène d'une violence extrême ^^) ! Saison terminée, une suite est prévue.

* Le monde des dessous
Easy saison 1
Série d'anthologie indescriptible. Des épisodes courts, 20-25 minutes, qui peuvent se regarder indépendamment les uns des autres même si on croise certains personnages dans plusieurs d'entre eux. Le point commun : tous vivent à Chicago et "sont pris dans le dédale de l'amour, du sexe,de la technologie et de la culture". Domaine d'application assez vaste. C'est le format qui m'a séduite, et finalement je me suis laissée séduire. Vie sexuelle émoussée par les années, vie amoureuse exhibée sur les réseaux sociaux, envie de nouveauté... ça sonne assez juste. Casting de guests dans lequel on retrouve l'acteur qui joue le frère de Piper dans OITNB, ça m'a fait plaisir (c'est con). Mes deux épisodes préférés : Cinderella is a vegan et Utopia !
Saison 1 terminée, saison 2 à lancer (il y en a 3 au total, la série est terminée).

* Détective publique
Marvel's Jessica Jones saison 1
J'ai découvert le personnage de Jessica Jones récemment par le biais des comics, et j'ai été assez séduite par son côté anti-héros. Aspect que je retrouve dans la série (dans laquelle j'ai peu avancé pour l'instant), avec une héroïne souvent désagréable, amochée par son passé et malmenée par son ex. A suivre !

mardi 10 septembre 2019

Comment le dire à la nuit de Vincent Tassy #PLIB2019

Poursuite de la découverte des éditions du Chat Noir, et des lectures du PLIB 2019 avec ce quatrième candidat au titre ! Un roman sombre et déconcertant...

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 346 pages
Genre : fantastique
Edition : éditions du chat noir
#ISBN9782375680897






Synopsis :
La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

Mon avis :
2ème titre du Chat Noir en finale, et 2ème OVNI !
Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, y a pas à dire, ces ouvrages là ont quelque chose de différent. Comment le dire à la nuit m'a moins convaincue que La fille qui tressait les nuages du même éditeur, malgré des points forts indiscutables.

Le début était pourtant très accrocheur. D'entrée de jeu, la plume de Vincent Tassy m'a conquise tant elle est poétique et rend à merveille les émotions et les atmosphères. Solitude, angoisse, touffeur des lieux... le rendu est excellent !

Chacun des premiers chapitres est consacré à un personnage différent, et selon un schéma assez classique mais néanmoins agréable, leurs destins finissent par se croiser. Malgré des époques très différentes, puisqu'on nous propose des voyages entre le 16ème siècle et nos jours... c'est assez déconcertant au début, je me suis d'abord demandée le rapport entre les uns et les autres... et finalement, les pièces du puzzle finissent par s'emboîter et la lumière par se faire (dans une certaine mesure, hein, parce que ça reste très dark).

L'ambiance est comme j'aime, très sombre, très gothique. Les passages doux et tendres laissent la place à des scènes d'une grande violence, sans signe annonciateur. C'est brutal, et très réussi. Et au milieu de tout ça ? Une grosse débâcle de rose, puisqu'un des personnages est éditrice de romans à l'eau de rose et fan inconditionnelle de Barbara Cartland... kitschissime à souhait, et extrêmement drôle ! Sans aucun doute, le "visuel" de ce roman est une réussite.

Le fond de ce roman est une réécriture du mythe du vampire, avec quelques nuances par rapport au mythe "fondateur" qui est pour moi celui de Bram Stoker. La façon de devenir un vampire, notamment, est originale et bien jolie.

Alors qu'est-ce qui a pêché, finalement, avec tous ces aspects positifs ? 
Eh bien j'ai trouvé, alors que l'intrigue m'avait bien accrochée au départ, que tout devenait très brouillon et répétitif dans le dernier tiers. J'ai fini par m'ennuyer, un peu, et par attendre la fin. Petite déception.
Un autre point m'a agacée légèrement : la représentation LGBTQIA+, à laquelle je suis très sensible et qui m'a enchantée dans les premiers chapitres, est très vite devenue "catalogue". Chapitre 1 : couple gay. Chapitre 2 : romance lesbienne. Chapitre 3 : transgenre. Là, j'ai commencé à barrer les lettres dans mon sigle. Et je me suis dit que ça manquait férocement d'un·e ace. Bingo, il en est question juste après ! J'ai trouvé cela un peu forcé, mais bon, c'est mieux qu'une absence de représentation, alors...

En conclusion, un roman à l'esthétique très réussie, qui révèle une bien jolie plume, mais qui patine un peu sur la fin et l'empêche de me toucher complètement. J'ai cependant envie de découvrir d'autres écrits de l'auteur, ne serait-ce que pour retrouver ces mots très agréables. Apostasie me semble un bon candidat pour cela !



mercredi 14 août 2019

La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet #PLIB2019

A la différence de ma dernière lecture du PLIB, je n'avais pas du tout repéré ce roman. Publié par une maison d'édition que je ne connais pas, sa couverture me laissait penser qu'il s'agissait d'une histoire très douce, trop édulcorée, peut-être, et à destination des plus jeunes... tout faux ! Découvrons donc ce troisième finaliste de l'édition 2019 !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 288 pages
Genre : fantastique
Edition : Chat Noir
#ISBN9782375680797






Synopsis :
Saitama-ken, Japon.

Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…

Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Mon avis :
C'est assez difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler. Je vais donc tenter de vous donner mon ressenti et de le justifier sans tomber dans les écueils du vilain spoil !

La fille qui tressait les nuages est un roman surprenant à plus d'un titre. Je le disais en introduction, la première de couverture m'a induite en erreur quant à son contenu. Un bon moyen peut-être d'ajouter à l'effet de surprise. Mais pas d'erreur : il ne s'agit pas là d'un livre pour enfants...

L'histoire se déroule au Japon. J'aime d'ordinaire beaucoup les univers japonisants mais ici, il n'est pas déterminant. Les éléments culturels y sont parfois un peu martelés (énumération de plats par exemple), si bien que j'ai un peu eu l'impression que l'autrice voulait m'apprendre du vocabulaire ! Mais c'est un point de détail, l'essentiel est bien ailleurs.

Car le point fort de ce roman, c'est son ambiance. Céline Chevet a su mettre en place une atmopshère malaisante, qui s'alourdit petit à petit, à mesure que nous découvrons les mystères qui gravitent autour des protagonistes. Des drames ont eu lieu, c'est certain, mais lesquels ? Qui concernent-ils ?
Le démarrage semble pour un court instant assez classique, et très vite des éléments de fantastique viennent se mêler au reste. Il en résulte un récit surréaliste construit autour d'une malédiction terrible... Le procédé est maîtrisé, sans aucun doute !

La plume poétique de l'autrice contraste fort avec la noirceur de ce qui se déroule sous nos yeux. Des faits affreux, terriblement glauques, racontés avec une sorte de "douce froideur". Voilà qui est plutôt glaçant ! Et à l'opposé de cette pratique réconfortante du tissage de nuages !

Les personnages quant à eux viennent habilement compléter le tableau. Julian, le personnage central, est finalement le moins mystérieux. Il est en revanche parfait pour traiter du sujet du deuil puisqu'il n'arrive pas à oublier la sœur de Souichiro, décédée 2 ans auparavant et dont il était fou amoureux. 
Haru, très amie avec Julian, semble intéressée par ce dernier. 
Souichiro est le plus mâture de la bande. Constamment à la recherche de conquêtes plus âgées, il a quelque chose de sombre et dérangeant. Son comportement est totalement en décalage avec celui de ses amis, il se montre même paternaliste et protecteur avec Julian.
Akiko n'est pas en reste côté intérêt. Tellement effacée qu'on l'oublie constamment, ses actes m'ont parfois déconcertée, et mise mal à l'aise. Une belle brochette qui nous baigne dans les tracas de l'adolescence, entre amitié, premiers émois amoureux et jalousie...

De l'intrigue, je n'en révélerai pas trop. Peu à peu, deux des personnages tirent les fils de cette grande toile afin de faire le jour sur un mystère qui les parasite, et en apprendre davantage sur une malédiction ancienne... Si j'ai deviné la première révélation, je n'ai en revanche pas du tout vu venir la fin... C'est bien joué !

En conclusion, une belle surprise à côté de laquelle je serais passée sans le PLIB. Un livre étrange, dérangeant, à conseiller aux amatrices et amateurs du genre !




mardi 6 août 2019

Vivant de Roland Fuentès

Lecture très rapide mais non moins haletante, je vous propose aujourd'hui de découvrir un chouette roman jeunesse qui sort un peu des sentiers battus !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 184 pages
Genre : drame, jeunesse
Edition : Syros







Synopsis :
Sept étudiants passent leurs vacances ensemble. L’un d’eux invite un nouvel ami, inconnu du groupe, Elias, qui cristallise aussitôt tous les regards. Nul n’aurait pu prévoir que le séjour entre potes qui s’annonçait si bien — sport, révisions, détente – tournerait en un combat à la vie, à la mort. À moins que la haine de « l’autre » n’ait été là, en germe, dès le premier instant.

Mon avis :
Vivant, c'est un court roman qui passe à la folle vitesse d'une course effrénée.
Dès la première page, nous sommes dans le bain : une course-poursuite, clairement hostile, nous est narrée. Elle oppose Mattéo et Elias, sans toutefois que l'on sache pourquoi. Le danger, l'envie de s'en sortir s'oppose à la haine et au besoin d'en découdre. Qu'est-ce qui les a menés là ?

La raison, nous la découvrons à travers les points de vue alternés des différents membres d'un groupe d'adolescents réunis dans les calanques pour un stage de leur cru, alternant révisions et entraînements sportifs. Ils ont 17-18 ans, se retrouvent régulièrement, et apprennent ensemble à vivre en communauté, en collectivité, en faisant des concessions. Tous se connaissent. Sauf que cette fois, un nouvel individu est introduit dans le groupe...

Le nouveau est super souriant, serviable, sympa... très sportif. Très vite, on se rend compte que son charme ne laisse pas indifférent certaines demoiselles, ce qui ne manque pas de susciter une jalousie sourde et non admise. Là où les adolescent·e·s acquis·e·s à la cause du nouveau acceptent de ne pas tout savoir de leur interlocuteur, se complaisant dans une forme de mystère, pour les autres c'est carrément une source de suspicion. De méfiance. Et comme il est manifestement d'origine étrangère, de racisme.

L'auteur a pris le parti d'alterner les passages de course-poursuite, de plus en plus intenses, de plus en plus physiques, et les témoignages des ami·e·s, révélant la montée de tension au sein du groupe avant que la chasse soit donnée. Et le résultat est une belle réussite : de part en part, j'ai ressenti un poids, une tension alors que je voyais l'inéluctable se nouer devant mes yeux impuissants. Les deux héros, eux, n'ont pas voix au chapitre, ce qui nous permet de dérouler les révélations une à une...

Un roman à lire d'une traite, sans souffler, en calant sa lecture sur les pas des coureurs.
C'est chez Sia d'Encres et calames que je l'avais repéré, vous pourrez trouver son avis ici.

dimanche 21 juillet 2019

Autobiographie d'une Courgette de Gilles Paris

Des années que ce roman traînait dans ma wish-list suite à la lecture de chroniques élogieuses, et à la sortie de l'adaptation ciné (que je n'ai pas vue). Eh bien il aura fallu pas moins... d'un book-club sur le thème des fruits et légumes pour que je le lise enfin. Comme quoi, tout peut arriver !

Année d'édition : 2016
Nombre de pages : 224 pages
Genre : drame, contemporaine
Edition : Plon







Synopsis :
Icare dit "Courgette", petit garçon de 9 ans, est né du mauvais côté de la vie.
Depuis tout petit, il veut tuer le ciel, à cause de sa mère qui dit souvent : "Le ciel, ma Courgette, c'est grand pour nous rappeler que dans la vie on n'est pas grand chose".
Depuis son accident, la mère d'Icare ne travaille plus, boit de la bière en regardant la télévision et ne s'occupe pas de son fils.
Un jour Courgette, à défaut de tuer le ciel, va tuer accidentellement sa mère. Le juge le déclare "incapable mineur".
Placé en maison d'accueil, Courgette découvre enfin l'Amitié, les fous rires, les larmes, les émotions et l'Amour...
Un petit chef-d'oeuvre d'humour et d'émotions. L'apprentissage d'une vie...

Mon avis :
Une fois de plus, je ressors d'un livre qui fait la quasi-unanimité avec un sentiment en demi-teinte. C'est frustrant ! Je vois bien ce que les gens ont adoré, ayant moi aussi trouvé pas mal d'attraits à ce roman, mais en même temps, je lui trouve un gros défaut qui m'a quelque peu refroidie...

Les bons côtés, d'abord !

Pas le temps de s'endormir avec ce court texte, puisque d'entrée de jeu le jeune Courgette tue accidentellement sa mère avec un pistolet qu'elle gardait (mal) caché à la maison. Il faut dire que l'alcool n'aide pas à être des plus perspicace.
Ni une ni deux, son paternel ayant décidé il y a quelques années d'aller découvrir le monde avec une poule, le garçon se retrouve catapulté en foyer d'accueil.
Dès lors, on suit son quotidien dans ce nouvel environnement, et surtout dans cette collectivité, ce qui fait une grande différence avec la vie d'avant. Plus question de regarder discrètement et avec envie le voisin qui peut à loisir se baigner dans la mare à cochons, ici tout le monde se retrouve face à face à un moment ou à un autre.

C'est une belle galerie de personnages que nous offre Gilles Paris. Du caïd au pleurnichard, du mutique à l'enfant qui semble ne rien ressentir... chacun traîne derrière lui son histoire, son vécu, ses espoirs et ses déceptions. Un passé qui n'est jamais anodin, on l'imagine bien, pour se retrouver dans un tel lieu si jeune. Les relations qui se tissent entre les uns et les autres sont assez similaires, finalement, à celles qu'on pourrait retrouver dans un groupe d'adultes. Les plus faibles sont rapidement identifiés pour servir de souffre-douleur et être la cible de violence autant physique que morale.
Pourtant, quelque chose contraste énormément avec la noirceur qu'on pourrait s'attendre à voir se répandre de page en page : la candeur, la naïveté, l'optimisme... Même en ayant connu, pour certain·e·s, les pires horreurs, le positivisme reste de mise, c'est une véritable leçon.

Le récit a lieu du point de vue de Courgette, avec son langage propre. Cela donne lieu à des passages attendrissants dans lesquels on se rend compte que beaucoup de nos expressions sont susceptibles de ne pas être reçues au bon degré par les enfants (le père qui part avec une poule, par exemple, on se demande bien pourquoi il s'encombre et si ça n'aurait pas été plus simple d'acheter des œufs sur place). C'en est aussi, de mon point de vue, la faiblesse, puisque 200 pages dans la tête et avec les mots d'un enfant, c'est long.

J'ai déploré aussi quelques incohérences. Une pensée, d'abord, pour le policier qui a trouvé Courgette qui semble avoir beaucoup de mal à ne pas ramener son travail à la maison. La conclusion qui en résulte me parait peu réaliste.
Mais mon plus gros problème, c'est le décalage apparent entre l'âge du personnage principal (8-9 ans environ), sa façon de parler (qui conviendrait davantage à un enfant de 6 ans... je ne crois pas qu'en CE2-CM1 on soit encore tenté·e d'essayer de "tuer le ciel" avec un pistolet), et son amourette (plus en adéquation avec des jeunes collégiens de 10-11 ans). Rien ne collait, dans mon esprit. Alors on peut arguer que la violence familiale, le fait d'être livré à lui-même pendant que sa mère s'enivrait constamment en engueulant la télé, et l'abandon par le père n'ont pas contribué à un développement optimal. Je le concède. Mais là, quand même, trop de décalage.

Bien dommage que ce dernier point ait parasité ma lecture au point d'en être ce que j'en ai le plus retenu... histoire touchante, malgré tout, mais pas convaincante. Peut-être tenterai-je  le film d'animation qui en découle, bien que cette fois ce soit plus le style visuel qui me freine... Affaire à suivre !

lundi 1 juillet 2019

Juin 2019 en films !

Probablement le dernier mois de ciné au rythme habituel avant un grand changement dans notre vie, qui devrait nous tenir un peu plus à distance des salles obscures. Pour la bonne cause ! Et je partagerai toujours les films vus à la maison !


Au ciné en juin

* Le remake tant attendu que craint
Aladdin
C'est un de mes premiers Disney, quand j'étais minaude. J'avais la cassette vidéo, l'album Panini, le jeu sur Sega Mega Drive II... Alors forcément, j'appréhendais un peu cette nouvelle version en live action. Très bonne surprise finalement, puisque l'ensemble est fidèle et que les libertés prises par rapport à l'original n'ont fait que donner plus d'épaisseur et d'intérêt à la princesse. Difficile de se faire au visage des personnages au début, en particulier de Jafar ou du Sultan, mais ça finit par venir. Et le rôle du génie confié à Will Smith, ça lui va à merveille ! Bon bilan finalement. Bémol sur les deux chansons ajoutées qui n'ont pas remporté notre adhésion (puisqu'on ne les connaissait pas, donc qu'on ne pouvait pas les chanter !). Reste à voir ce qu'ils auront fait de mon cultissime Roi Lion !


* La bonne copine flippante...
Ma
J'avais repéré ce film pour deux raisons : il est réalisé par le mec qui a fait Get out, que j'ai adoré pour son ambiance, et Octavia Spencer est une actrice découverte ces dernières années et de plus en plus appréciée. Essai transformé avec ce nouveau thriller, qui prend le temps de poser les bases de la manipulation et de l'emprise psychologique. D'aucuns diront qu'il ne se passe rien pendant longtemps... Moi je trouve que c'est cette variation de rythme qui rend le tout si réaliste et flippant. Vraiment aimé ! Du coup, il va falloir que je me penche sur Happy birthdead, du même réalisateur et que je n'ai pas encore vu !

* X-trêmement long
X-Men : Dark Phoenix
Je ne suis pas une inconditionnelle des X-Men, je ne les connais pas tous par cœur, mais je vais toujours avec plaisir voir le petit dernier au ciné. Je me serais finalement bien passée de celui-là. Malgré l'émotion en début de film, malgré le plaisir de retrouver les ancien·ne·s (Raven, surtout), j'ai trouvé la dernière partie du film beaucoup trop longue, malgré une surenchère d'effets spéciaux pour rendre impressionnante la grosse bagarre. Bilan : je me suis endormie. Tant pis, je reprendrai la saga par les premiers, et réfléchirai avant d'aller voir les prochains !

* Woman in black
Men in Black International
Décidément, il semblerait que les années qui passent ne me réussissent pas sur les films d'action et les suites de sagas cultes ! Quelle déception que ce nouveau MIB. Alors certes, les acteurs principaux ont changé, mais j'ai trouvé qu'on avait perdu beaucoup en humour, en créatures un peu fun, et en visibilité du carlin. Oui, on a là encore des effets spéciaux qui envoient du pâté, mais je crois que je suis lassée de les voir tout casser, tout le temps. Au moins, on met en avant une demoiselle. C'est toujours ça de pris.

* Encore une meilleure amie flippante !
Greta
Et encore un film qui m'a conquise ! Isabelle Huppert tient parfaitement son rôle de veuve éplorée qui a besoin de compagnie, qu'elle recherche assidûment dans la population jeune et féminine new-yorkaise. On sent dès le début qu'il y a quelque chose de malaisant, mais là encore, le réalisateur prend le temps de mettre les choses en place, et y a pas à dire, ça fonctionne. Le thriller psychologique est mon genre du moment, il faut croire. Peut-être parce les frissons générés sont les seuls à pouvoir soulager la température infernale du moment (fallait bien que j'en parle, tout le monde en parle ^^) ?

* Nǐ hǎo Ping-Pong
Made in China
Qui a vu la bande-annonce de cette comédie n'attend pas le film du siècle, mais le divertissement est bon, les blagues bien que potaches assez drôles. Evidemment, ce genre de film a pour but de surfer sur les clichés et d'en rire, on sait ce qu'on va voir. Mais il y a quand même un fond sérieux, avec des relations difficiles voire rompues entre un père et son fils, et les interrogations que cela suscite quand le fiston va lui même avoir un enfant... On retrouve Frédéric Chau et Medi Sadoun, deux des gendres contestés croisés dans Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? Ces deux-là fonctionnent bien ensemble !

* Radicalement intéressant
Le jeune Ahmed
Un film des frères Dardenne dont, honte à moi, je n'avais encore rien vu... Primé au festival de Cannes de cette année pour sa mise en scène, c'est un long-métrage poignant sur l'inéluctable évolution vers le radicalisme religieux d'un jeune musulman qui a fait une mauvaise rencontre, en la personne d'un imam extrémiste. On suit son parcours, mais aussi la réaction, le désespoir et l'impuissance de ses proches, au premier rang desquels sa maman. Et on s'interroge... Comment arrêter cette spirale infernale ? Comment empêcher les plus faibles de se faire embrigader ? Un film à voir. 


Et à la maison !

God save Queen
Bohemian Rhapsody
C'est rarissime que je revois aussi vite un film vu au ciné. Mais celui-là, j'étais déjà prête à retourner le voir en salle une deuxième fois, alors... Mon paternel fan du groupe étant à la maison, et n'ayant pas tenu à aller le voir sur grand écran parce que "ce n'était pas Freddy Mercury dedans" (désolée, le vrai était mort ^^), je lui ai plus ou moins imposé ce visionnage. J'ai pleuré, encore, à la fin. Et lui a apprécié ! Yay ! Il semblerait que ce brillant biopic ait trouvé grâce à ses yeux. Je suis joie ! :)

* La contrepartie au superbe biopic
Alibi.com
"On a mis un film à la télé". Ah cool, c'est quoi ? Alibi.com. Bon, soit. J'ai vu récemment Epouse-moi mon pote avec le même duo, et le même réalisateur. Ça cassait pas trois pattes à un canard mais ça passait le temps. Eeeeh, voilà. Film...facile, grossier, prévisible... Je m'en serais passée, mais bon, je pourrai au moins le cocher sur ma liste des films vus !