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dimanche 15 septembre 2019

Le Dieu Oiseau d'Aurélie Wellenstein #PLIB2019

5ème et dernier finaliste du PLIB 2019 aujourd'hui, avec un de mes chouchous puisque j'avais proposé ce titre d'entrée de jeu lors de mon inscription. Je suis ravie de l'avoir vu arriver jusqu'ici ! Je connaissais l'autrice grâce à un autre titre, Le Roi des Fauves, que j'avais beaucoup apprécié.

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 352 pages
Genre : fantasy, jeunesse
Edition : Scrineo
#ISBN9782367405827






Synopsis :
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de « l'homme-oiseau », afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

Mon avis :
Une fois n'est pas coutume, j'avais repéré ce livre bien avant sa sortie. Le synopsis m'avait déjà interpellée, et la couverture signée Aurélien Police, sombre, mystérieuse, avait confirmé cette envie de me plonger dans l'histoire.

Une chose est sûre, le résumé ne mentait pas : l'ambiance est sombre, très sombre. L'histoire de l'île est sanglante, et le problème est que ça n'est pas près de s'arrêter. Il en résulte une lecture qui n'est pas de tout repos, mais c'est ce que j'aime !

Aurélie Wellenstein (que j'ai eu la chance de rencontrer, d'ailleurs, et qui est adorable) a su créer un univers complet et hostile. Climat, faune et flore nous sont connus, et varient d'un coin à l'autre de l'île principale, mais encore plus sur l'île aux oiseaux. Sur la première, j'ai ressenti une vraie désolation, tandis que sur la deuxième, je me suis sentie plutôt oppressée par la touffeur de l'atmosphère et la densité de la végétation... C'est réussi !

L'histoire comprend deux grandes parties. La première dans laquelle nous découvrons la vie de Faolan, esclave malmené par Torok, qui règne en maître sur l'île. Ce qu'il vit est d'une violence extrême. Isolé, affamé et j'en passe, il s'est réfugié dans son esprit et dans sa proximité avec les animaux.
La deuxième partie voit arriver la compétition tant attendue qui va enfin lui permettre d'assouvir sa soif de vengeance... Les étapes se succèdent, amenant avec elles leur lot de péripéties et de scènes parfois assez atroces, dont certaines m'ont soulevé le cœur... Âmes sensibles s'abstenir ! Sur le fonctionnement de l'affrontement, on retrouve certaines similitudes avec Hunger Games. Mais la comparaison s'arrête là.

Deux choses m'ont particulièrement plu dans Le Dieu Oiseau. 
Tout d'abord, j'ai trouvé le personnage de Faolan très complexe et travaillé. Victime d'un bourreau impitoyable, nous ne pouvons que le plaindre et compatir avec lui. On s'énerverait presque quand il minimise certaines choses... le syndrome de Stockholm n'est pas loin. Mais c'est son évolution ultérieure, au contact des autres concurrents en particulier, qui est la plus spectaculaire. D'une apparente coquille vide, il révèle finalement lui aussi une part assez sombre. Je n'en dirai pas trop pour éviter tout spoil, mais la scène sur la falaise, notamment, est assez significative. Au passage, je salue la représentation LGBT dans le roman.

L'autre intérêt majeur est le message sous-jacent. Aurélie Wellenstein dénonce ici la facilité qu'on les Hommes à s'appuyer sur des excuses plus ou moins fiables pour accomplir l'ignoble. Ici, c'est la religion qui explique/excuse tout... C'est la fatalité, puisque le Dieu Oiseau l'a voulu. Difficile de ne pas y voir une forte résonance avec les tragédies qui émaillent nos actualités depuis quelques années (et siècles, accessoirement, puisque les guerres de religion ne datent pas d'hier).

En conclusion, l'autrice m'a une fois de plus conquise avec ce roman plus sombre que le précédent. Coup de chance, il me reste encore des titres à découvrir, j'ai justement acheté la semaine dernière La mort du temps, au sujet duquel j'ai lu le plus grand bien. J'ai hâte !




mardi 10 septembre 2019

Comment le dire à la nuit de Vincent Tassy #PLIB2019

Poursuite de la découverte des éditions du Chat Noir, et des lectures du PLIB 2019 avec ce quatrième candidat au titre ! Un roman sombre et déconcertant...

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 346 pages
Genre : fantastique
Edition : éditions du chat noir
#ISBN9782375680897






Synopsis :
La dame en noir vivait seule dans son château. Elle ne pouvait pas mourir. De tout ce temps qu’elle avait, elle ne faisait rien. Et puis un jour, elle trouva sur son chemin le garçon aux cheveux blancs.
Elle l’enleva.
Elle voulait vivre une histoire. Une histoire d’amour et de nuit qui traverserait les siècles.

Mon avis :
2ème titre du Chat Noir en finale, et 2ème OVNI !
Qu'on aime ou qu'on n'aime pas, y a pas à dire, ces ouvrages là ont quelque chose de différent. Comment le dire à la nuit m'a moins convaincue que La fille qui tressait les nuages du même éditeur, malgré des points forts indiscutables.

Le début était pourtant très accrocheur. D'entrée de jeu, la plume de Vincent Tassy m'a conquise tant elle est poétique et rend à merveille les émotions et les atmosphères. Solitude, angoisse, touffeur des lieux... le rendu est excellent !

Chacun des premiers chapitres est consacré à un personnage différent, et selon un schéma assez classique mais néanmoins agréable, leurs destins finissent par se croiser. Malgré des époques très différentes, puisqu'on nous propose des voyages entre le 16ème siècle et nos jours... c'est assez déconcertant au début, je me suis d'abord demandée le rapport entre les uns et les autres... et finalement, les pièces du puzzle finissent par s'emboîter et la lumière par se faire (dans une certaine mesure, hein, parce que ça reste très dark).

L'ambiance est comme j'aime, très sombre, très gothique. Les passages doux et tendres laissent la place à des scènes d'une grande violence, sans signe annonciateur. C'est brutal, et très réussi. Et au milieu de tout ça ? Une grosse débâcle de rose, puisqu'un des personnages est éditrice de romans à l'eau de rose et fan inconditionnelle de Barbara Cartland... kitschissime à souhait, et extrêmement drôle ! Sans aucun doute, le "visuel" de ce roman est une réussite.

Le fond de ce roman est une réécriture du mythe du vampire, avec quelques nuances par rapport au mythe "fondateur" qui est pour moi celui de Bram Stoker. La façon de devenir un vampire, notamment, est originale et bien jolie.

Alors qu'est-ce qui a pêché, finalement, avec tous ces aspects positifs ? 
Eh bien j'ai trouvé, alors que l'intrigue m'avait bien accrochée au départ, que tout devenait très brouillon et répétitif dans le dernier tiers. J'ai fini par m'ennuyer, un peu, et par attendre la fin. Petite déception.
Un autre point m'a agacée légèrement : la représentation LGBTQIA+, à laquelle je suis très sensible et qui m'a enchantée dans les premiers chapitres, est très vite devenue "catalogue". Chapitre 1 : couple gay. Chapitre 2 : romance lesbienne. Chapitre 3 : transgenre. Là, j'ai commencé à barrer les lettres dans mon sigle. Et je me suis dit que ça manquait férocement d'un·e ace. Bingo, il en est question juste après ! J'ai trouvé cela un peu forcé, mais bon, c'est mieux qu'une absence de représentation, alors...

En conclusion, un roman à l'esthétique très réussie, qui révèle une bien jolie plume, mais qui patine un peu sur la fin et l'empêche de me toucher complètement. J'ai cependant envie de découvrir d'autres écrits de l'auteur, ne serait-ce que pour retrouver ces mots très agréables. Apostasie me semble un bon candidat pour cela !



mercredi 14 août 2019

La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet #PLIB2019

A la différence de ma dernière lecture du PLIB, je n'avais pas du tout repéré ce roman. Publié par une maison d'édition que je ne connais pas, sa couverture me laissait penser qu'il s'agissait d'une histoire très douce, trop édulcorée, peut-être, et à destination des plus jeunes... tout faux ! Découvrons donc ce troisième finaliste de l'édition 2019 !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 288 pages
Genre : fantastique
Edition : Chat Noir
#ISBN9782375680797






Synopsis :
Saitama-ken, Japon.

Entre les longs doigts blancs de Haru, les pelotes du temps s’enroulent comme des chats endormis. Elle tresse les nuages en forme de drame, d’amour passionnel, de secrets.

Sous le nébuleux spectacle, Julian pleure encore la sœur de Souichiro Sakai, son meilleur ami. Son esprit et son cœur encore amoureux nient cette mort mystérieuse. Influencée par son amie Haru, Julian part en quête des souvenirs que sa mémoire a occultés. Il est alors loin de se douter du terrible passé que cache la famille Sakai…

Fable surréaliste, la Fille qui tressait les nuages narre les destins entrecroisés d’un amour perdu, une famille maudite et les tragédies d’une adolescence toujours plus brève.

Mon avis :
C'est assez difficile de parler de ce roman sans trop en dévoiler. Je vais donc tenter de vous donner mon ressenti et de le justifier sans tomber dans les écueils du vilain spoil !

La fille qui tressait les nuages est un roman surprenant à plus d'un titre. Je le disais en introduction, la première de couverture m'a induite en erreur quant à son contenu. Un bon moyen peut-être d'ajouter à l'effet de surprise. Mais pas d'erreur : il ne s'agit pas là d'un livre pour enfants...

L'histoire se déroule au Japon. J'aime d'ordinaire beaucoup les univers japonisants mais ici, il n'est pas déterminant. Les éléments culturels y sont parfois un peu martelés (énumération de plats par exemple), si bien que j'ai un peu eu l'impression que l'autrice voulait m'apprendre du vocabulaire ! Mais c'est un point de détail, l'essentiel est bien ailleurs.

Car le point fort de ce roman, c'est son ambiance. Céline Chevet a su mettre en place une atmopshère malaisante, qui s'alourdit petit à petit, à mesure que nous découvrons les mystères qui gravitent autour des protagonistes. Des drames ont eu lieu, c'est certain, mais lesquels ? Qui concernent-ils ?
Le démarrage semble pour un court instant assez classique, et très vite des éléments de fantastique viennent se mêler au reste. Il en résulte un récit surréaliste construit autour d'une malédiction terrible... Le procédé est maîtrisé, sans aucun doute !

La plume poétique de l'autrice contraste fort avec la noirceur de ce qui se déroule sous nos yeux. Des faits affreux, terriblement glauques, racontés avec une sorte de "douce froideur". Voilà qui est plutôt glaçant ! Et à l'opposé de cette pratique réconfortante du tissage de nuages !

Les personnages quant à eux viennent habilement compléter le tableau. Julian, le personnage central, est finalement le moins mystérieux. Il est en revanche parfait pour traiter du sujet du deuil puisqu'il n'arrive pas à oublier la sœur de Souichiro, décédée 2 ans auparavant et dont il était fou amoureux. 
Haru, très amie avec Julian, semble intéressée par ce dernier. 
Souichiro est le plus mâture de la bande. Constamment à la recherche de conquêtes plus âgées, il a quelque chose de sombre et dérangeant. Son comportement est totalement en décalage avec celui de ses amis, il se montre même paternaliste et protecteur avec Julian.
Akiko n'est pas en reste côté intérêt. Tellement effacée qu'on l'oublie constamment, ses actes m'ont parfois déconcertée, et mise mal à l'aise. Une belle brochette qui nous baigne dans les tracas de l'adolescence, entre amitié, premiers émois amoureux et jalousie...

De l'intrigue, je n'en révélerai pas trop. Peu à peu, deux des personnages tirent les fils de cette grande toile afin de faire le jour sur un mystère qui les parasite, et en apprendre davantage sur une malédiction ancienne... Si j'ai deviné la première révélation, je n'ai en revanche pas du tout vu venir la fin... C'est bien joué !

En conclusion, une belle surprise à côté de laquelle je serais passée sans le PLIB. Un livre étrange, dérangeant, à conseiller aux amatrices et amateurs du genre !




samedi 13 avril 2019

Interfeel d'Antonin Atger #PLIB2019

J'ai eu l'immense chance de gagner ce roman grâce à un concours organisé par Antonin Atger sur Twitter. D'autant plus cool qu'il faisait partie des 21 sélectionnés pour le PLIB2019 dans lequel je suis jurée !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 496 pages
Genre : jeunesse, SF
Edition : Pocket Jeunesse
#ISBN9782823811834






Synopsis :
Et si le monde entier avait accès à vos émotions ?
Nathan et ses amis sont en permanence connectés à Interfeel, un réseau social qui permet de partager ses émotions. Pour l'immense majorité des habitants de la planète, connaître les émotions de chacun est tout aussi naturel que téléphoner. Mais un événement tragique va se produire sous leurs yeux et bouleverser Nathan. Fasciné par Élizabeth, une " sans-Réseau " qui vit en marge de la société, il voit toutes ses certitudes vaciller. Ce que les deux adolescents découvriront pourrait bien changer le monde à jamais...

Mon avis :
Dans Interfeel, premier roman de l'auteur, Antonin Atger nous embarque dans une dystopie dans laquelle les technologies connectées ont tout envahi. Tout le monde est en réseau et peut lire de façon très directe les émotions des autres. Peut-être trouverez-vous ça génial, personnellement je trouve l'idée glaçante ! Plus aucune émotion n'est intime, chaque personne devient un livre ouvert. Pire, les émotions peuvent se projeter sur les gens qui nous entourent... on voit assez vite à quel point il va être facile de manipuler ses semblables...

Pourtant, hormis dans un groupe d'individus vivant à l'écart des autres et refusant de se connecter, la technologie est bien acceptée. En apparence. Car heureusement, certain·e·s tentent avec leurs petits moyens de la remettre en question. C'est le cas du professeur de philo de Nathan qui, à l'issue d'un cours aux propos dissidents, se jette par la fenêtre. La graine du doute est semé dans l'esprit du héros, et de quelques uns de ses amis. Cette prise de conscience va s'accompagner de la rencontre d'une sans-réseau, Elizabeth, et la découverte du monde à l'ancienne... et des premières interrogations sur la réalité ou non des sentiments que l'on ressent.

La révolution qui se met en place dans ce groupe d'adolescent·e·s, motivé par le besoin de comprendre, ne va pas être simple pour tous, d'autant plus qu'elle nécessite pour eux de se mettre dans des situations inédites. Je n'en dis pas trop pour ne pas vous gâcher le plaisir, mais cela ne se fait pas sans douleur, chacun·e réagissant à sa façon, avec son histoire personnelle. Trahisons, abandons surviennent inévitablement, mais globalement l'esprit d'équipe domine et c'est ce qui rend ce groupe attachant.

Une quête périlleuse débute alors, les embûches se multiplient. Une course-poursuite s'engage avec les autorités, dont les représentants, en particulier le second, font froid dans le dos. Leurs techniques sont contestables... Les médias d'information peu objectifs... Les ados sont bien seuls. De nombreux rebondissements confèrent au roman un rythme soutenu qui en fait un bon page-turner, avec il est vrai quelques facilités parfois dans la résolution des situations trop épineuses. Mais cela peut s'entendre dans un one-shot (du moins l'est-il probablement le temps de voir s'il marche suffisamment pour avoir une suite).

Tous les personnages évoluent, y compris les personnages secondaires. C'est assez flagrant chez les parents de Nathan, ce qui ajoute un peu de profondeur à l'histoire. On comprend bien que rien n'est tout blanc ou tout noir... une technologie n'est ni bonne ni mauvaise, tout dépend évidemment de l'utilisation qu'on en fait. Ce qui est bien le problème dans ce monde dystopique comme dans notre monde actuel.

A côté de ce malaise vis à vis du réseau, j'ai trouvé certaines utilisations d'une autre technologie, l'opale, assez géniales. Elle permet notamment de se retirer dans un monde intime, en projetant des images, sons, sensations autour de soi. Antistress de rêve. Elle permet aussi de laisser libre cours à l'imagination des plus créatifs comme Nathan, qui s'en sert pour réaliser des films, matérialisant l'image des éléments à introduire juste devant lui. La 4DX n'a qu'à bien se tenir !

En somme, j'ai trouvé qu'Interfeel était une dénonciation et une mise en garde intéressante sur le tournant hyperconnecté actuel que prend notre société. En plus d'être un roman dynamique, dont la plume assez légère nous embarque facilement. J'ai été assez dubitative lorsque, sur Twitter, l'auteur a posé la question aux lecteurs de savoir quelle technologie ils aimeraient avoir à leur disposition, et que la réponse majoritaire a été... le réseau. Cela en dit long sur le stade où nous en sommes actuellement, et nourrit mon pessimisme dévorant !

Un mot sur la fin (et pour la fin) : ce roman, one-shot en apparence, s'achève sur une fin très ouverte, appelant clairement à une suite... étrange. Eh bien non ! Info de dernière minute, l'auteur a annoncé début avril qu'il y aurait bien un tome 2, que j'attends donc de pied ferme malgré les quelques facilités de ce premier opus.

lundi 11 mars 2019

Rouille de Floriane Soulas #PLIB2019

Nouvelle lecture dans le cadre du PLIB2019, qui tombait plutôt bien puisqu'il s'agit d'un roman que j'avais repéré depuis sa sortie. Son résumé m'avait d'abord séduite... Et puis la couverture a été dévoilée. J'ai craqué.

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 384 pages
Genre : science-fiction, steampunk
Edition : Scrinéo
#ISBN9782367406060






Synopsis :
Paris, 1897. Les plus grandes puissances européennes se sont lancées à l’assaut de la Lune et de nouveaux matériaux découverts sur le satellite envahissent peu à peu la Terre. Ces grandes avancées scientifiques révolutionnent l’industrie et la médecine, mais pas pour tout le monde. Et dans les faubourgs, loin de l’hyper-centre protégé par le dôme sous lequel vivent les puissants, le petit peuple de Paris survit tant bien que mal. Violante est une prostituée sans mémoire, ignorant jusqu’à son âge réel. Dans un monde où son désir de vérité passe après celui de ses clients et de ses patrons, la jeune fille tente de retrouver la trace de ses origines perdues. Alors qu’une vague de meurtres particulièrement horribles ensanglante la capitale, Satine, son amie et seul soutien, disparait dans d’étranges circonstances. Violante, elle, se voit offrir une porte de sortie à ce demi-monde violent qui la retient prisonnière, mais décide malgré tout de prendre part aux investigations.

Mon avis :
Il s'agit du premier roman de l'autrice, et quelle entrée en la matière ! 

Ambiance steampunk garantie dans ce volume  parsemé de tas d'inventions de tous poils rouages et tuyaux, en particulier les gadgets de Jules, un des personnages principaux. On ressent derrière tout ça un certain goût pour la mécanique, ça n'est d'ailleurs peut-être pas pour rien que Floriane Soulas peut se targuer d'être titulaire d'un doctorat en génie mécanique (excusez du peu).

Paris, donc, fin XIXème. Des automates assurent le service dans divers lieux du quotidien, les voyages longs courriers se font en aérostat, et la lune a déjà été explorée et exploitée. C'est ce que j'aime dans ce côté steampunk, la juxtaposition d'éléments passés et futuristes.

Violante, l'héroïne (dont j'adore le nom, au passage), est un personnage sans passé rabattue par un proxénète. Elle use éhontément de ses charmes pour obtenir ce qu'elle veut. Courageuse, dotée d'un caractère bien trempé, elle a parfois un côté sale gosse capricieuse dont elle se sert plutôt bien aussi. Elle est évidemment en quête de ses origines, de son identité. Intelligente et déterminée, elle a une fâcheuse tendance à n'en faire qu'à sa tête... Protégée par Léon, le propriétaire des Jardins Mécaniques, prestigieuse maison close dans laquelle elle a atterri, elle jouit d'un statut privilégié qui ne manque pas d'attiser la convoitise de ses collègues.

D'autres personnages marquants gravitent autour de cette jeune femme : Madeleine, l'impitoyable maquerelle ; Jules et Surin, les bras armés de Léon, qui malgré des allures de gros durs, savent laisser parler un cœur tendre. A eux tous, ils gèrent leur affaire avec poigne.
Parmi les moins privilégiés, Livia, principale rivale de Violante aux Jardins, n'a de cesse d'essayer de la surpasser (ou de l'écraser, plutôt). Satine quant à elle est une alliée bien fragile. Échouée dans un environnement moins fréquentable, elle se drogue pour affronter le quotidien, mais on n'échappe jamais longtemps à la réalité. Il y a les enfants perdus, aussi, d'attachants gosses crasseux qui vivent à l'abri d'une décharge. Hyper touchants, ils ont mis en place une véritable société miniature pour faire face ensemble au monde des adultes, qui ne leur veut pas que du bien.
Et puis il y a Armand de Vaulnay, ce noble qui s'entiche de Violante et lui fait vivre grand train, le temps d'une soirée...
Une belle galerie de personnages, dans laquelle les plus fréquentables ne sont pas forcément ceux auxquels on pense.

Premier point fort de ce roman, le rendu visuel. Les descriptions m'ont projetée dans ce Paris revisité de façon très plaisante. A tel point qu'à plusieurs reprises, je me suis dit que ce serait quand même sympa de voir ce que ça donnerait en film !

Deuxième point fort : l'ambiance. Là encore, l'écriture rend bien le ressenti qu'on peut avoir à se balader de nuit, ou même de jour, dans les bas-fonds des banlieues du beau Paris. Et on n'a pas envie d'y être. L'atmosphère est lourde, glauque, poisseuse. On n'est pas loin d'une ambiance à la Jack l'éventreur, sauf que... sauf que là, un tueur inflige des mutilations bien pires. 

La plume de Floriane Soulas est fluide et haletante, son vocabulaire précis et bien choisi. Alors oui, des indices sont disséminés au fil des pages et nous permettent d'anticiper un peu la fin. C'est vrai. Les révélations finales ne sont pas totalement inattendues. Ceci dit, cela n'enlève rien au côté très plaisant de la lecture. 

J'attire l'attention, comme toujours, sur cette magnifique couverture d'Aurélien Police, qui va être la personne la plus citée sur ce blog... Je crois qu'il le vaut bien.

En bref, je me suis régalée, et j'attends maintenant avec impatience le prochain roman de l'autrice qui doit sortir début mai. Il semblerait qu'on change d'atmosphère, direction le Japon.. Alors si vous ne saviez pas quoi m'offrir pour mon anniversaire, c'est chose faite !


4ème lecture du #PLIB2019 et finaliste !
(et non, je ne chronique pas dans l'ordre de lecture ! ^^)


dimanche 18 novembre 2018

#PLIB2019 - Les 21 sélectionnés !


On les attendait de pied ferme, ils viennent d'être annoncés dans la vidéo en direct de Patatras : voici les 20 sélectionnés pour ce #PLIB2019, et oui oui, ils sont finalement 21, et en grande majorité signés d'autrices !


A noter que mes 3 poulains de départ, Terre de Brume de Cindy Van Wilder, Les nuages de Magellan d'Estelle Faye et Le dieu oiseau d'Aurélie Wellenstein sont tous encore présents, et que j'en suis ravie ! 
Je n'ai pas noté ma sélection de 20 au moment du vote malheureusement, je ne suis même pas en mesure de donner mon score final, mais dans cette sélection je retiens particulièrement Rouille de Floriane Soulas, qui me fait de l’œil depuis sa sortie, Shâhra de Charlotte Bousquet, que j'ai eu la chance de faire dédicacer à Ménétrol, de même qu'Erreur 404 d'Agnès Marot.

Mon but maintenant est d'essayer d'en lire un maximum de cette sélection d'ici le prochain vote, afin d'être la plus objective possible ! Au boulot !

mardi 6 novembre 2018

Terre de Brume, tome 1 : Le Sanctuaire des Dieux de Cindy Van Wilder - #PLIB2019

L'autrice n'étant pas avare de teasing, j'attends toujours avec une grande impatience la sortie de ses romans. Le premier tome de Terre de Brume n'a pas fait exception à la règle, j'ai toutefois réussi à attendre (15 jours ^^) de la rencontrer aux Aventuriales de Ménétrol pour en prendre possession. Il est des livres qui ne dorment pas longtemps dans la PAL. D'autant plus quand ma copinaute Sia vient me solliciter pour une lecture commune. Nous voilà donc embarquées toutes deux dans la brume... Son avis par ici !

Année d'édition : 2018
Nombre de pages : 288 pages
Genre : fantasy jeunesse
Edition : Rageot
#ISBN9782700259230






Synopsis :
Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d'une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire de Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. 
Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s'allient afin d'empêcher leur monde de sombrer dans l'oubli.

Mon avis :
Me voilà donc arrivée à Mirar, un monde qu'un cataclysme a recouvert d'une brume mystérieuse, caustique et qui a radicalement changé le mode de vie des habitants. La toxicité de ce nuage vaporeux a en effet forcé tous les survivants de la catastrophe à se regrouper sur les hauteurs, séparant la population en différents groupes qui ont évolué dans des directions différentes, en fonction des ressources à leur disposition.

On entrevoit déjà ici un message environnemental fort. L'eau est devenue une denrée rare. Le vent, qui permettrait aux communautés de se rejoindre facilement, a disparu. La magie est désormais nécessaire au moindre voyage, mais cette magie produit elle-même de la brume... Vous voyez le problème ? 

Mais quand, soudainement, la brume se peuple de monstres et attaque les survivants, plus question de la jouer perso. Intissar, une soeur du feu, se met en tête d'aller prévenir ses lointains voisins, les Prêtre·sse·s de l'eau.
On se rend compte alors que cette distance a fait des dégâts. La peur de l'autre, les a priori sont nombreux et créent un sentiment de méfiance et de danger qui mettent naturellement les différents peuples en conflit. On sent bien que ce n'est pas l'ouverture d'esprit qui les étouffe ! Là encore, on perçoit un message capital...
Heureusement, pas le temps de se tirer dans les pattes trop longtemps. Héra, jeune prêtresse de l'eau, va rapidement devoir dépasser ses préjugés et s'allier à son antagoniste élémentaire pour sauver le monde.

Débute alors une aventure haletante sur les flots vaporeux... on se laisse envelopper par la brume, aux côtés d'Héra et Intissar, voguant vers l'inconnu... et le danger. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'autrice n'épargne pas ses personnages (ni ses lecteurs, par la même occasion...) ! Les pages se tournent à une vitesse folle, les déconvenues s'enchaînent... rendant impossibles les haltes prévues tous les 5 chapitres de cette lecture commune.

Au-delà de l'aventure, j'ai pris un immense plaisir à suivre ces personnages féminins très forts. Si elles représentent des éléments opposés, elles sont d'une complémentarité parfaite dans leur tempérament. Leur relation évolue au fil du récit, de la méfiance à la collaboration, aux combats dos à dos, chacune confiant sa vie à l'autre, puis à l'affection dans laquelle je me complais à voir une certaine tension (agréable, la tension...) et à espérer qu'elle ira plus loin dans le deuxième tome. Je ne considère pas la romance comme indispensable dans un roman fantasy, j'ai d'ailleurs adoré ce tome qui en est dépourvu, mais... A bon entendeuse... 

Le récit est court, mais quelques pages suffisent à s'attacher aux différents protagonistes. A noter que les mâles sont peu nombreux mais bien campés, entre Pylos, figure protectrice par excellence, et le bellâtre suffisant de l'académie de l'eau... 
Au fil des pages, on en apprend davantage sur l'utilisation des magies différentes, mais aussi sur les croyances et les mythologies de chacune des quatre "factions" mentionnées (les amateurs de Grèce antique reconnaîtront quelques clins d’œil qui y sont faits).
Elles sont habilement utilisées pour construire l'univers, nous faire découvrir l'avant cataclysme, les combats qui ont précédé, et donner de la profondeur au roman.

Quant à la fin... elle nous laisse sur une ultime inspiration qu'il va nous falloir retenir jusqu'à la suite. Mais quel twist ! Elle laisse sans conteste le lecteur avide d'en découvrir plus et de savoir où tout cela va les mener... on me souffle dans l'oreillette que le tome 2 est à paraître début mai 2019. L'attente va être bien longue ! 

Bonus de cet ouvrage dont le contenu possède toutes les qualités ? Un contenant superbe, avec une couverture dévoilée en pleine canicule et qui m'a permis de rêver de fraîcheur en attendant la sortie !

En conclusion, parce que je sens que je suis partie dans tous les sens : ce tome 1 de Terre de Brume est un page-turner frais, efficace, qui en moins de 300 pages offre un univers complet tant dans sa géographie, son histoire que dans ses peuples. Les personnages fouillés, forts et attachants n'enlèvent rien au plaisir de la lecture. Once more, Cindy nous embarque à l'aventure, en distillant des messages importants. Et c'est toujours un bonheur ! Vivement la suite !



Première lecture du #PLIB2019 !

jeudi 18 octobre 2018

PLIB 2019

Après avoir vu passer pas mal de publications, articles et annonces concernant le PLIB 2018, dont la remise des prix doit avoir lieu samedi 13 octobre 2018 à Lyon, je me suis ENFIN lancée. Je ferai donc partie du jury du PLIB 2019, et je suis suuuper impatiente ! J'ai hâte de découvrir les titres proposés par les autres jurés, hâte de... enfin d'abord, je vous explique un peu ! 




Le PLIB, c'est quoi, comment ça marche ?

Le Prix Littéraire de l'Imaginaire des Blogueurs/Booktubers/Bookstagrameurs, c'est un prix ouvert à tous les amateur·ice·s de lecture présent·e·s sur une des plateformes ci-dessus. Pas d'effectif maximum, plus on est nombreux, plus c'est représentatif !
C'est un prix tout neuf, puisqu'il a été mis en place l'année dernière par Hélène Ptitelfe, Pauline Patatras, Céline Blaché et Yannick Huchard.

Plusieurs étapes à ce prix, se déroulant sur un an :
1. Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 31 octobre 2018. Lors de cette étape, chaque juré propose 3 titres appartenant aux différents genres de l'imaginaire (fantasy, SF, fantastique) parus en 2018. Ces titres doivent être francophones.
2. Les jurés votent pour choisir 5 titres parmi tous ceux proposés.
3. Les jurés ont plusieurs mois pour lire les 5 titres proposés avant le vote final. Chacun des titres fait l'objet d'une chronique sur le ou les supports de prédilection de chacun·e.
4. Le vote final désigne le grand vainqueur, qui reste secret jusqu'à la dernière étape :
5. La remise du prix !

Pour plus d'infos sur le règlement, c'est par ici : >> Tout savoir sur le PLIB 2019 <<
Et si vous êtes convaincu·e·s et que vous voulez vous inscrire, c'est là : >> Je participe ! <<

Mes propositions !

Les titres proposés peuvent être des titres déjà lus et qui nous ont plu, ou des titres qui nous attirent beaucoup et que nous souhaitons découvrir/faire découvrir.
Mon choix s'est porté sur 3 titres signés par des autrices francophones que je connais déjà à travers d'autres titres, voici donc la proposition :

1. Terre de Brume, tome 1 : Le Sanctuaire des Dieux de Cindy Van Wilder 
(fantasy, jeunesse, Rageot, 288 pages)
J'ai quasiment tout lu de l'autrice belge, que j'adore, tant pour ses écrits que pour sa personnalité. Ce roman est son dernier bébé, et il me tarde de le découvrir ! 

Depuis le Bouleversement, cataclysme qui a recouvert son monde d'une brume toxique en ne laissant que de rares survivants, Héra vit à Taho dans le Sanctuaire de Prêtres de l'eau, où elle apprend à maîtriser la magie pour devenir guerrière. 
Au cours d'une mission, elle rencontre Intissar, une Sœur de Feu capable de communiquer avec les esprits. Intissar a bravé sa propre communauté pour venir avertir les habitants de Taho d'un terrible danger. Mais il est déjà trop tard : une vague de Brume, peuplée de créatures ni mortes ni vivantes, s'est levée... et frappe le Sanctuaire. Et elle frappera encore. Héra et Intissar s'allient afin d'empêcher leur monde de sombrer dans l'oubli.


2. Le Dieu-Oiseau d'Aurélie Wellenstein 
(fantasy, Scrineo, 352 pages)
J'ai découvert cette autrice récemment avec Le Roi des Fauves. Son récit, très noir et assez original, mâtiné de mythologie nordique, avait su me convaincre. Ce roman a l'air tout aussi sombre et me tente beaucoup !

Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du « banquet » : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Sa seule perspective d'avenir est de participer à la compétition de «l'homme-oiseau», afin de renverser l'équilibre des pouvoirs en place et de se venger. Qui du maître ou de l?'esclave va remporter la bataille ? Quel enjeu pour les habitants de l'île ? Quel est le prix à payer pour la victoire ?

3. Les Nuages de Magellan d'Estelle Faye 
(SF, jeunesse, Scrineo, 274 pages)
Découverte grâce à la trilogie de La Voie des Oracles (tome 1 ici) que j'ai dévorée, j'ai suivi de près les nouvelles parutions de l'autrice. Les Seigneurs de Bohen, finaliste du Plib 2018, m'attend d'ailleurs dans ma PAL ! Mes connaissances en SF sont bien plus limitées qu'en fantasy, c'est donc pour élargir mes perspectives et découvrir une nouvelle facette d'Estelle Faye que j'ai choisi ce troisième titre.

27ème siècle. L’Humanité s’est étendue à toute la Voie Lactée. La nouvelle frontière, ce sont désormais les Nuages de Magellan, mais les Compagnies ont fini par renoncer à tout projet de colonisation, préférant les affaires aux rêves d’exploration spatiale. Deux siècles auparavant, l’humanité a pourtant maîtrisé l’énergie sombre, une ressource quasi illimitée, mettant ainsi fin aux guerres pour les énergies fossiles. Ont suivi plusieurs siècles de liberté, d’exploration, d’avancées… Puis, insidieusement, de nouveaux jeux de pouvoir et d’influence se sont mis en place, conduisant à la multiplication des hors-la-loi. Depuis, un mythe court la galaxie : des pirates auraient créé sur Carabe, une planète perdue, une république idéale, hors d’atteinte du pouvoir des Compagnies. Dans l’un des derniers postes frontières avant les Nuages, Dan, une jeune serveuse idéaliste, chante du blues dans un bar pseudo texan tout en rêvant d’aventures stellaires. Elle est fascinée par Mary, une cliente taciturne dont on dit qu’elle serait peut-être une ex-pirate… Les Nuages de Magellan n’ont pas dit leur dernier mot !

Les finalistes 2018

Juste histoire de satisfaire la curiosité des un·e·s et des autres, voici les 7 finalistes du Plib 2018 !


Et on vient tout juste de l'apprendre, alors voilà le grand vainqueur du PLIB 2018 :


Félicitations à Ariel Holzl, qui restera dans l'histoire comme le 1er nom associé au PLIB. Et ça, c'est classe !

dimanche 15 juillet 2012

Je suis une légende de Richard Matheson




Dernière chronique avant une semaine d’absence et toujours dans le cadre des Baby challenges, Science-Fiction cette fois ci, voilà mon avis sur Je suis une légende de Richard Matheson.



Synopsis :

Chaque jour, il doit organiser son existence solitaire dans une cité à l’abandon, vidée de ses habitants par une étrange épidémie.

Un virus incurable qui contraint les hommes à se nourrir de sang et les oblige à fuir les rayons du soleil... Chaque nuit, les vampires le traquent jusqu’aux portes de sa demeure, frêle refuge contre une horde aux visages familiers de ses anciens voisins ou de sa propre femme. Chaque nuit est un cauchemar pour le dernier homme, l’ultime survivant d’une espèce désormais légendaire.

Mon avis :

Ça alors, encore une histoire de vampires (à sa décharge, le livre date de 1954), c’est très à la mode en ce moment ! Pour une fois on est loin des classiques du genre tels que les vampires gentillets d’Anne Rice ou celui plus classique de Bram Stoker. Ces vampires ci sont plus proches des zombies régulièrement mis en scène dans les films : des coquilles vides, privées de toute capacité de réflexion, à croire que l’absence d’irrigation de leur cerveau a causé des dommages irréversibles.

Nous découvrons notre héros dans un univers dévasté, héros qui n’est rien de moins que le Dernier Homme vivant sur terre, le reste de la population ayant été transformé en vampire. Nous suivons au jour le jour ses tentatives de survie, sa chasse aux morts-vivants, ses interrogations... Interrogations qui tournent un peu en boucle, mais c’est compréhensible après quelques années à vivre en solitaire. Il apparait en effet peu à peu que le vampirisme est une maladie contre laquelle il va essayer de lutter jusqu’à l’obsession.

Ce scénario, après tout novateur, est vraiment desservi par un style très (très) lent et des flashbacks mal signalés, qui m’ont obligée à relire quelques passage pour être certaine que je n’avais pas loupé un évènement marquant.

La fin, quant à elle, est particulièrement intéressante car totalement inattendue et amène le lecteur à s’interroger sur ce qui constitue la norme !