dimanche 22 décembre 2019

J'ai avalé un arc-en-ciel d'Erwan Ji

Déambulations au rayon jeunesse de la médiathèque. Une couverture arc-en-ciel me saute aux yeux. Je ne sais pas de quoi ça parle. Parfait, je fonce... tout droit vers une bonne surprise ! Mais...

Année d'édition : 2017
Nombre de pages : 384 pages
Genre : jeunesse, romance
Edition : Nathan







Synopsis :
Je m’appelle Capucine, mais on m’appelle Puce. J’ai dix-sept ans, la peau mate et un accent de Montpellier. Enfin, l’accent, c’est quand je parle français. Je vis aux États-Unis depuis que j’ai trois ans. Cette année, il m’est arrivé un truc phénoménal. Retournement de vie, frisson géant, secousse cosmique... Vous appelez ça comme vous voulez, mais la vérité... c'est que j'ai avalé un arc-en-ciel.

Mon avis :
Cette lecture remonte à des mois, difficile de la chroniquer parce que depuis, j'ai lu beaucoup de choses à son sujet, et que mon enthousiasme s'est un peu émoussé... 

Plantons le décor : le roman est constitué d'articles de blog rédigés par Puce, franco-américaine, et lycéenne dans le Delaware. Elle écrit en français pour ne pas être lue/comprise par ses acolytes. 

Le lycée de Puce, c'est un peu comme la crème de la crème de nos écoles privées. On offre un ordinateur à tous les étudiants en début d'année, le harcèlement n'existe pas... le paradis quoi. C'est comme ça que ça nous est présenté. Ahah. Belle illusion. Car ici, comme PARTOUT ailleurs, public comme privé, riche comme pauvre, tout n'est pas rose.

La vie sur le campus semble plutôt sympa : fêtes, traditions potaches mais élaborées, club LGBT bienveillant... mais elle a aussi ses mauvais côtés : alcool, drogues y sont très présents, culte de l'apparence, dénigrement, rumeurs, menaces... eh oui, contrairement à ce que nous présente la narratrice, c'est loin d'être rose. Et c'est en ça que c'est gênant.

Alors pourquoi, au premier abord, me suis-je laissée embarquer dans cette histoire ? Il faut bien reconnaître qu'Aiden y est pour beaucoup, ainsi que la relation naissante entre les deux jeunes femmes (on va pas parler de spoil là, hein, tout le monde a vu la couverture et le "retournement de vie" de la quatrième de couverture). Attirance, déni, attirance, interrogation... voilà un cheminement qui me parle et me plait. Aiden, totalement out, se montre d'une telle patience, d'une telle douceur qu'il est difficile de ne pas s'attacher. 

Je crois que du fond de mon lit, où j'étais scotchée par une bonne fièvre carabinée, j'avais envie d'une romance L/L et besoin de toute l'énergie de Puce. Car le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle est pétillante et enthousiaste ! Sans doute trop, quand on n'est pas dans l'état d'esprit idoine pour l'apprécier. Le côté groupe d'ami·e·s m'a aussi été agréable. Ces aspects positifs m'ont quand même convaincue de lire la suite, que j'avais sous la main et qui se déroule très loin vers l'ouest... au Japon.

Malgré cela, j'ai bien noté des aspects contestables dans ce roman. Une forte scission filles/garçons et des propos bien sexistes, déjà. Mais aussi un dialogue douteux lors d'une session camping organisée par le groupe d'amis... C'était franchement pas heureux. C'est dommage, parce que ça vient sérieusement entacher le plaisir initial de ma lecture.

En conclusion, une belle énergie, un chouette groupe d'ami·e·s et une relation naissante toute douce gâchés par des propos a minima sexistes, qui seraient passés sans problème dans une dénonciation ; et un déni du harcèlement et des défauts d'un lycée sous prétexte qu'il abrite la "bonne société"... Dommage ! 

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