mercredi 11 juillet 2012

La stratégie Ender d'Orson Scott Card

Dans le cadre du Baby Challenge Science Fiction 2012, j'ai découvert La stratégie Ender d'Orson Scott Card. Ce premier tome de la saga Le cycle d'Ender a reçu les prix Nebula (1985) et Hugo (1986)
Cette série est séparée en 4 tomes : La stratégie Ender, La voix des morts, Xénocide et Les enfants de l'esprit.

Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 382 pages
Catégorie : Science fiction


Synopsis : 

Il y a cinquante ans, la flotte terrienne a réussi à repousser l'attaque des doryphores... Aujourd'hui pourtant, une nouvelle invasion menace. Un programme militaire pour la formation des futurs commandants de la flotte est en cours, mais le temps est compté. Parmi les élèves officiers, - Tous des surdoués - Andrew Wiggin, dit Ender, focalise toutes les attentions. Appelé a devenir un puissant Stratège, il est le jouet des manipulations de ses supérieurs depuis sa naissance... Et cela le dépasse. Car c'est entre ses mains que repose le sort de l'humanité. et Ender n'a que six ans.


Mon avis :
L'histoire commence sur une terre unie après les attaques des doryphores, espèce extra-terrestre insectoïde. Les différentes nations ont été obligées de mettre de coté leurs ambitions nationalistes et de s'effacer au profit d'un gouvernement planétaire. De plus, la menace doryphore empêchant la colonisation d'autres planètes, une politique démographique stricte a été mise en place : limiter à 2 le nombre d'enfants par famille. 
C'est dans cet univers que vient au monde Ender Wiggin, troisième né exceptionnellement autorisé par le gouvernement dans l'espoir que ses capacités en fassent le sauveur de l'espèce humaine.

Nous allons donc suivre les tribulations de ce gamin de 6 ans, aux capacités de raisonnement et d'adaptation phénoménales mais à l'innocence volée. Il sera en effet constamment manipulé et maintenu sous pression afin d'en faire le plus rapidement possible un stratège hors pair. Cet apprentissage se fera sous forme de jeu, un jeu de guerre, aux règles fluctuantes visant à toujours pousser Ender dans ses retranchements quitte à ce qu'il y laisse des plumes... Car si Ender triomphe malgré les pièges tendus, il est de plus en plus isolé de ses camarades, en souffre et s'interroge sur sa nature. Mais ici, la fin justifie les moyens parait-il !

En parallèle, nous suivons deux leaders politiques Locke et Démosthène qui préparent l'Après doryphores, et jouent sur les peurs des peuples (rappelons que ce livre a été écrit pendant la guerre froide). Nous avons ici, un autre type de manipulation, à beaucoup plus grande échelle mais de manière toute aussi efficace !

La fin, quant à elle est un peu étrange, il s'agit d'une ouverture sur le tome suivant : La voix des morts, où est révélée ce qui semble être une manipulation encore plus grande !

En bref, roman très intéressant, avec une écriture très rythmée, qui a l'art de concilier agréablement les interrogations d'un gamin sur sa vie et des retournements de situation particulièrement bien placés. Je recommande, et j'ai hâte de lire la suite !

lundi 9 juillet 2012

Cosmétique de l'ennemi d'Amélie Nothomb

J'ai lu ce livre dans le cadre du Baby Challenge Littérature contemporaine de Livraddict (ici). Je connaissais l'auteur à travers deux de ses ouvrages (L'hygiène de l'assassin et Stupeur et tremblements) que j'avais appréciés, c'est donc confiante que je me suis lancée dans la lecture de ce troisième roman, Cosmétique de l'ennemi.

Genre : littérature contemporaine
Edition : Albin Michel
Nombre de pages : 140 pages


Sans le vouloir, j'avais commis le crime parfait : personne ne m'avait vu venir, à part la victime.
La preuve, c'est que je suis toujours en liberté. C'est dans le hall d'un aéroport que tout a commencé. Il savait que ce serait lui. La victime parfaite. Le coupable désigné d'avance. Il lui a suffi de parler. Et d'attendre que le piège se referme. C'est dans le hall d'un aéroport que tout s'est terminé. De toute façon, le hasard n'existe pas.


Mon avis : 
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Amélie Nothomb a un style bien à elle. Ce roman, relatant un dialogue entre Jérôme Angust et Textor Texel, nous occupe du début à la fin avec une conversation pour le moins animée.

Une conversation qui débute simplement par un échange entre un homme en voyage d'affaires, et un chieur-né, qui a décidé qu'il ne laisserait pas le premier lire son livre tranquille. Puis, de banalités en banalités, l'échange devient plus sérieux, plus tragique. Amélie Nothomb nous met face à des sujets qui dérangent (le viol, le meurtre) dans un dialogue où personne ne semble révolté. Les répliques des personnages iront même jusqu'à faire sourire le lecteur, ce qui s'avère très perturbant.

Le style est lapidaire, incisif, tranchant, les répliques fusent, et le sens de la repartie des deux protagonistes enchanteront le lecteur qui parviendra à rester accroché malgré des propos révoltants... Malgré ces provocations littéraires, je suis restée bien arrimée à ce petit roman, que j'ai lu d'une traite. Il faut dire que le format s'y prête bien.

Quelques longueurs sur la fin où les personnages perdaient un peu leur humour, ce qui s'explique cependant par la tournure des événements, et par le fait que le récit continue après nous avoir donné les réponses à nos principales interrogations. Tout cela pour terminer sur du grand spectacle (à vous de lire pour en savoir plus !)...

En résumé, une lecture courte et distrayante, tantôt amusante, tantôt dérangeante, ce qui est fidèle à la marque de fabrique de l'auteur !

dimanche 8 juillet 2012

Zen City de Grégoire Hervier


Bienvenue à Zen City !
Grâce à notre programme Global Life®, la vie clés en main, profitez de tous nos services et travaillez dans un environnement idéal, naturel et sécurisant. Dominique Dubois, cadre trentenaire remarquablement moyen, s’installe plein d’espoir à Zen City, paradis high-tech où, grâce à la puce dont chacun est doté, on peut avoir un réfrigérateur toujours plein sans jamais aller au supermarché et être protégé 24 heures sur 24 sans même s’en rendre compte. Mais quand sa jolie collègue est assassinée chez elle, quand il devient la proie de hackers qui cherchent à miner de l’intérieur la Ville Transparence, sa vie en prépayé bascule…


Zen City, c’est au premier abord une ville très, très séduisante, puisqu’il est possible d’y obtenir tout ce qu’on veut, quand on veut. Une envie d’un bouquin au beau milieu de la nuit ? Il suffit de se rendre au supermarché ouvert 24h sur 24 ! Tout pour me plaire ! ^^

Les nouveaux arrivants sont encadrés, accueillis, soutenus quoiqu’il arrive, et sont même invités à une session d’intégration… Tout pour ne jamais se sentir seul, a priori. Ajoutez à cela un cadre susceptible de satisfaire tout le monde, des plus citadins qui découvriront des buildings ultra-modernes à faire pâlir nos amis outre-atlantique, aux amoureux de la nature qui n’auront qu’à sortir de l’enceinte de la ville pour s’aérer en montagne… On voit mal ce qu’on pourrait trouver de mieux !

Puis petit à petit, le lecteur est amené à revoir sa position. Les valeurs défendues apparaissent de plus en plus douteuses, les habitants doivent rentrer dans un moule sous peine de très mal vivre Zen City. Leurs amis ne sont finalement pas si proches, et malgré le cadre sécurisant/sécurisé, des événements tragiques commencent à se produire. Une psychose s’installe alors, donnant lieu à la surenchère dans le domaine de la protection, mais tous les systèmes perfectionnés ne sont-ils pas faits pour être contournés ?

On se rend finalement compte que dans cette ville, tout est sous contrôle, ou presque, d’un petit groupe qui gouverne absolument tout, et sait tout de nous, de notre localisation à notre marque de petites culottes préférées ! Pour ça, merci la puce électronique implantée dans la main de tous les résidents. C’en est flippant… De façon progressive, le sentiment du lecteur est amené à changer du tout au tout !

Le plus effrayant dans tout ça, c’est qu’on imagine bien que ce genre de ville pourrait pousser chez nous d’ici quelques décennies. Le lecteur est amené à se poser beaucoup de questions, à remettre en cause ses comportements quotidiens. Le livre est très bien servi en ce sens par le côté « ça se passe près de chez vous », puisque l’action se déroule en France, dans l’Arriège (cocorico !). 

Un autre aspect très intéressant dans ce livre concerne la description des techniques de merchandising, de conditionnement, qui font de nous de parfaits pigeons… un univers qui fait froid dans le dos !
Les personnages sont assez difficiles à cerner, ce qui donne encore plus de piment à l’ouvrage, et l’histoire bien ficelée.

Pour la forme, elle est très originale. C’est un subtil mélange de blog, de journal intime, et d’une partie romancée pour lier le tout, ce qui oblige à faire des chapitres courts, et rend la lecture rapide et agréable. Le réalisme est rendu par les commentaires des internautes qui lisent le blog de notre héros, dont une en particulier qui massacre impunément la langue de Molière, fait tellement commun de nos jours…
En revanche, le fait de ne pas pouvoir lire tous les commentaires (il faudrait pouvoir cliquer dessus pour ça !) est très frustrant, car le lecteur a envie de savoir si les gens partagent son ressenti !

Pour les bémols, j’ai été frustrée (encore !) par la persistance d’interrogations sur certains événements qui ne trouvent pas de réponse… Et parfois lassée par l’excès de détails dans des paragraphes traitant d’informatique ou d’électronique.

Pour résumer, un livre très intéressant à plus d’un titre, qui fait réfléchir voire frémir le lecteur qui se verra forcément (j’espère) se remettre au moins un peu en question. Je ne donnerai pas une aussi bonne note que Titepousse, mais reste très enthousiaste suite à cette lecture !

Pour un deuxième avis, vous pourrez trouver celui de Titepousse ICI !