vendredi 30 novembre 2012

Intruse de Nicolas Jaillet

Avant toute chose, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Le Livre de Poche Jeunesse pour m'avoir donné l'occasion de lire un roman que je n'aurais probablement pas ouvert autrement, Intruse de Nicolas Jaillet.


Edition : Le Livre de Poche Jeunesse
Nombre de pages : 235 pages
Genre : romance, historique, jeunesse
Année de parution originale : 2010







Synopsis 
Vienne, Mars 1815. Toute l'Europe est réunie dans le palais du Hofburg. La nuit, entre les murs du palais, se décident les guerres et les alliances. Au centre de ce tourbillon, le jeune vicomte Frédéric de Waldaw qui cache son identité à son amante, Fanny, corsetière. Pour elle, il est censé être un domestique. Cependant, soupçonnant que son amant lui ment, Fanny s'est lancée à sa recherche. Son enquête la mène au palais, où elle s'introduit déguisée en homme, et attire l'attention de la police secrète. Poursuivie, Fanny se réfugie dans un petit salon où elle enfile une robe. Un homme entre, il est subjugué par la beauté de cette jeune inconnue et l'invite à ouvrir le bal avec lui. C'est le Tzar de toutes les Russies. Fanny bascule alors dans la folle valse des intérêts et des séductions de la politique, du pouvoir, et de l'amour.

Mon avis : 
A la lecture du synopsis, j'étais sceptique : c'était soit génial, soit très décevant. Mais fidèle à ma volonté d'enrichir mes connaissances littéraires, et d'ouvrir mes horizons, je me suis dit why not.
Eh bien, pour tout vous dire, ce livre, je ne l'ai pas trouvé génial.

L'histoire avait pourtant de quoi me séduire : des complots politiques, sur un fond d'histoire d'amour compliquée, et agrémentés de personnalités illustres, ça partait pas mal ! Le tout dans un contexte historique réel (Napoléon vient d'être exilé sur l'île d'Elbe), je m'attendais à quelque chose d'intéressant. Malheureusement, ce contexte est finalement survolé...

Les personnages, eux, ne m'ont pas franchement touchée. Les deux principaux, Frédéric, vicomte de son état, et Fanny, la corsetière, sont parait-il animés d'une passion débordante. Pourtant, je les ai trouvés bien volages, l'un et l'autre... La jeune femme se révèle être naïve et faiblement résistante devant l'appel de ses hormones. Le mâle, quant à lui, nous apparaît comme un héritier des plus écervelés ! Peut-être trouveront-ils grâce aux yeux des collégiens, à qui se destine ce livre ! En parlant de ces deux-là, d'ailleurs, je me demande bien comment ils ont pu se rencontrer : lui avoue qu'on ne regarde pas les domestiques, dans sa classe sociale... alors bon sang, qu'est-ce qu'il serait allé faire dans la boutique d'une corsetière ? A moins qu'ils se soient croisés au détour d'un bar mal famé où ils auraient partagé une bourrée endiablée ? J'en doute.

Soulignons quand même l'extraordinaire imagination de Fanny, qui lui permet de s'en sortir dans bien des situations ! Et sa chance, aussi...

Côté style, le début m'a fait un choc. Phrases courtes, lapidaires. A croire qu'on ne pense pas les jeunes lecteurs capables de comprendre des compléments circonstanciels ! Heureusement, ça s'arrange par la suite : les phrases s'étoffent, et la lecture devient plus agréable. Le roman est découpé en cinq parties, si ma mémoire est bonne, qui suivent le déroulement temporel de la soirée. Ces différents chapitres sont vite avalés.

Enfin, je me suis posée la question de l'âge du public. Après un tour sur le site de l'éditeur, il s'avère que ce roman est conseillé pour des 4ème/3ème... Je suis un peu dubitative devant une scène charnelle où le consentement n'est pas la règle d'or. Peut-être que je me pose trop de questions !

En résumé, ce livre aurait pu être une bonne surprise, mais ça n'a pas franchement été le cas. Heureusement, il n'est pas bien épais ! Mais avant la fin, j'avais déjà envie de passer à autre chose ! Le tome 2 se passera donc de moi !

jeudi 29 novembre 2012

L'Assassin Royal T.1 - L'apprenti assassin de Robin Hobb

Robin Hobb... Je n'avais jusque là jamais lu de livre de cet auteur, mais qu'est-ce que j'ai pu en entendre parler ! En bien, et pour de nombreuses sagas... J'avais donc naturellement très envie de découvrir ses écrits, et l'occasion s'est enfin présentée, avec le baby fantasy pour lequel je viens de terminer L'assassin Royal, T.1 : L'apprenti assassin.

Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 510 pages
Genre : fantasy
Année de parution originale : 1995







Synopsis 
Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant - par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'égide du maître d'écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que FITZ reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L' enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame...
Mon avis : 
Je connaissais déjà un peu l'histoire et les personnages de ce premier tome, puisque j'avais lu les deux premiers tomes de l'adaptation en bande dessinée de Gaudin et Picaud. BD qui avait toute de suite capté mon attention !

Dans ce premier tome, le lecteur apprend à découvrir Fitz, le bâtard de celui qui doit devenir roi... On comprend d'ores et déjà que celui-là, il n'est pas bien parti dans la vie ! D'abord relégué aux écuries, où il va beaucoup apprendre sur lui-même, il est finalement remarqué et subitement projeté dans la vie de la cour. Ses enseignements, divers et variés, se succèdent alors. Le pauvre héros n'est pas franchement à la fête... voire carrément malmené par ses instructeurs, qui peuvent être d'une violence extrême. Malgré tout, il persévère, grandit, et devient un membre à part entière de la famille royale.

Ce personnage, on le comprend aisément, a reçu toute ma compassion dès les premières pages. J'ai été touchée, notamment, par sa force de caractère qui le pousse toujours à aller de l'avant, et par son lien avec les animaux (allez savoir pourquoi)... Les chiens, d'ailleurs, ont également su toucher une corde sensible chez moi, certes bien malgré eux, mais leur loyauté à toute épreuve devrait parfois nous servir de modèle ! Bref. 

Ce ne sont pas là mes personnages favoris. Non, mon préféré, c'est, et de loin, le fou. Un homme secret, discret, et assez peu présent dans ce premier opus. Mais ses interventions, toujours fort à propos, sont entourées d'humour, de mystère, et d'affection. Rien que pour le retrouver, pour me frotter à nouveau à ses énigmes, il me faut lire la suite !

Cette saga fantasy commence de façon assez classique sur le fond. On y retrouve une famille régnante confrontée à des tas de problèmes, en particulier, des attaques. Ça, c'est du déjà vu. Mais Robin Hobb apporte un renouveau, en donnant des capacités particulières à certains de ses personnages ! Leur apprentissage, leur mise en oeuvre, leur maîtrise, nous apparaissent progressivement, et sont loin d'être dénuées d'intérêt ! La relation de Fitz avec les animaux, évoquée plus tôt, est également une nouveauté par rapport aux autres romans fantasy que j'ai pu lire... Et ses personnages sont tellement riches, manipulateurs, et bien dépeints, qu'une fois que j'ai commencé à les suivre, il m'a été impossible de les abandonner ! De plus, un héros assassin au service du roi, ça ne court pas les rues !

Côté style, après un feuilletage rapide, il m'avait paru assez dense au premier abord, avec de longs paragraphes... Mais finalement, les chapitres, d'une vingtaine de pages en moyenne, s'enchaînent vite, et rendent la lecture fluide et agréable. Merci la plume de Robin Hobb !
On reproche souvent à ce premier tome quelques longueurs. Je n'ai pas eu ce ressenti ! Bien sûr, comme dans toute saga, il faut que les choses se mettent en place ! Le lecteur n'est donc pas projeté immédiatement dans l'action. Au contraire, il découvre, page après page, l'environnement du protagoniste, ainsi que les nombreuses personnalités qui l'entourent. Ce préliminaire, à mon sens indispensable, cède pourtant vite la place à l'intrigue en elle-même.

En résumé, ce premier tome s'inscrit parfaitement bien dans une saga fantasy. Mais elle présente des atouts indéniables, tant sur ses personnages, que sur l'histoire. La fonction même du héros, Fitz, est originale. On a rarement vu un adolescent de lignée royale être assassin au service du roi !
Le livre est bien servi par un style fluide et agréable, et le tout m'a incontestablement donné envie de lire la suite !

lundi 19 novembre 2012

La porte des enfers de Laurent Gaudé

Toujours dans la lignée des romans découverts dans les challenges, voilà maintenant un petit roman de littérature contemporaine : La porte des enfers, de Laurent Gaudé.
Cet auteur, dont j'ignore tout, a la particularité d'avoir deux romans dans le baby contemporaine !


Edition : Actes sud
Nombre de pages : 266 pages
Genre : littérature contemporaine, religion, fantastique
Année de parution originale : 2010






Synopsis 
2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue. 2002, après un dernière visite à “tante Grace”, prostituée et travesti qui l’a vu grandir, celui qui a accompli sa vengeance peut enfin quitter Naples et, roulant vers le Sud, partir à la recherche des siens, disparus depuis l’époque du grand tremblement de terre.
1980 : le deuil a édifié peu à peu un mur de silence entre Matteo et sa femme Giuliana. Matteo ne travaille plus. Toutes les nuits, il roule dans son taxi à travers les rues de Naples, sans presque jamais prendre de client. Il sait bien ce que Giuliana attend de lui : qu’il retrouve et punisse le responsable. Mais il en est incapable. Un soir, les circonstances le conduisent dans un minuscule café-bar, où il fait notamment la connaissance d’un Professeur qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers et la possibilité d’y descendre…

Mon avis : 
Difficile au départ, de s'y retrouver, dans cette histoire ! J'ai même cru m'être plantée en lisant les repères temporels ! En effet, d'un chapitre à l'autre, et dès le début, on suit Mattheo, le papa d'un jeune garçon mort à 6 ans, en 1980... et ce même garçon, Pippo, en 2002. J'en étais arrivée à me demander si j'avais compris l'histoire de travers !

Mais petit à petit, les éléments se mettent en place, et le lecteur comprend le pourquoi d'une telle originalité dans l'alternance des points de vue, au premier abord aberrante !
D'un côté, il y a donc les parents de Pippo, qu'on découvre à travers leur ressenti, le grand chambardement de leur vie suite au drame qui leur pris leur fils. Toutes les étapes du deuil y passent, et il est poignant de voir ce couple perdre pied petit à petit. De les voir souffrir, réécrire l'histoire... dans une volonté inextinguible de faire revenir leur enfant...

De l'autre côté, Pippo, employé dans un café, qui poursuit apparemment un projet de vengeance bien préparé... Ce n'est pas le personnage auquel on s'attache le plus, mais il a quelque chose... Cette rage, au fond de lui...

Au cours de son épreuve, Mattheo croise la route d'une bande de personnages très typés, et très bien décrits : un curé que les pontes de la religion tentent contre vents et marées de mettre à la porte de son église... un professeur loufoque masochiste et passionné de mysticisme... un travesti qui se prostitue... et un cafetier qui a du génie ! Belle brochette pour redonner un nouvel élan au père en perdition !

Le rythme est soutenu, dans cet ouvrage, constitué d'un enchaînement de très courts chapitres passant d'un personnage à l'autre. La rencontre entre les deux points de vue est bien réalisée. Bien que ne versant pas trop dans la religion, j'ai trouvé plaisant de retrouver des images mythiques de la représentation des enfers, que je considère plus dans son caractère "culturel" que "religieux". Mais ce roman m'a dérangée, par la souffrance qu'il dégage, l'ambiance parfois malsaine ! Le dénouement m'a également paru un peu facile ! Mais c'est une découverte intéressante malgré tout ! J'aurai au moins appris à dire mozzarella au pluriel en italien : mozzarelle di bufala (bravissima ?) !

En résumé, un sentiment un peu mitigé sur ce roman, qui m'a tout de même permis, et ça c'est toujours bon à prendre, de lire autre chose ! Je ne le conseillerais pas en priorité parmi les lectures contemporaines qui font du bruit en ce moment !