mercredi 2 octobre 2013

Planète à louer de Yoss

Au programme du jour, un livre qui a marqué ma première (et j'espère pas dernière) expérience de livre voyageur, puisque c'est Nanet qui m'a donné l'occasion de le découvrir, merci donc à toi, copinaute !

Edition : Mnémos
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 265 pages
Genre : science-fiction







Synopsis :
 « Toute ressemblance entre la Cuba des années 1990 et cette terre du XXIe siècle est purement intentionnelle »

Dans un futur indéterminé, une guerre nucléaire totale est sur le point d'éclater. Afin de sauver la Terre, des espèces extraterrestres en prennent possession, après avoir fait montre de leur force en annihilant l'Afrique. Ils y imposent des règles draconiennes visant à rétablir l'équilibre écologique. Un siècle plus tard, notre planète est redevenue un paradis, un « monde souvenir », où les riches xénoïdes viennent faire du tourisme. Mais derrière l'image d'Épinal, les conditions de vie des Terriens sont loin d'être idylliques. Buca, la prostituée, Moy, l'artiste métis ou Alex, le scientifique de génie, tous n'aspirent qu'à une seule chose : fuir... partir... s'exiler... quitter la Terre... par tous les moyens !

Mon avis :
Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet auteur m'était parfaitement inconnu ! Mais un Cubain qui fait de la SF, c'est assez rare pour susciter mon intérêt. J'ai suivi de près l'avis de Nanet, qui m'a finalement convaincue de tenter l'expérience.

Cette histoire purement SF a la particularité de s'inspirer de Cuba, de façon à peine déguisée... Le livre dénonce clairement, officiellement, mais c'est tellement bien fait que ça ne ressort pas comme un ouvrage moralisateur pour le lecteur qui prend malgré tout conscience de beaucoup de choses. C'est là toute la force de Planète à louer.

Côté fond, tout y est : la misère, la corruption, la prostitution, l'argent, la drogue, et toutes les utilisations que peuvent faire les touristes extraterrestres des autochtones qui n'ont d'autre choix que de subir... Pas de doute, tout ça fait froid dans le dos ! Davantage encore à froid, maintenant que j'y repense, que je suis sortie de l'histoire et que je mesure l'importance des parallèles entre fiction et réalité.

Cela vient plus fortement à retardement pour moi, car je m'attendais à quelque chose de moins intensément SF : le moins qu'on puisse dire, c'est que Yoss ne manque pas d'imagination, et que les touristes sont pour certains franchement... monstrueux !

La galerie de personnages proposée par l'auteur est riche et permet d'explorer bien des aspects de la vie. Ainsi, on suit tantôt la "travailleuse sociale" (jolis mots pour dire prostituée...), tantôt l'artiste, tantôt le sportif... Tous sont différents, ont des problèmes bien à eux, mais ont en commun d'être très attachants. Certains sont résignés, et font leur possible pour "vivre mieux", d'autres sont prêts à tout pour s'enfuir, mais tous font preuve d'un courage impressionnant, et le lecteur tremble devant les manœuvres auxquelles ils doivent parfois s'adonner. Attention aux âmes sensibles, les scènes sont parfois violentes, voire un peu trash, ce qui ne rend les choses que plus réalistes...

Les amateurs d'idées foisonnantes trouveront ici leur bonheur, car Yoss est particulièrement prolifique. En moins de 300 pages, il crée :
- une galerie d'extraterrestres ayant chacun leur apparence, mode de vie, mode de reproduction et goûts,
- un sport inédit avec toutes ses règles (passablement plus complexe que le quidditch dans la réalisation ^^),
- un art nouveau, quelque peu... original !
Et j'en passe !

Du point de vue de la forme, elle est un peu particulière puisqu'il s'agit ici de sept nouvelles pouvant se lire indépendamment, mais dans lesquelles les personnages et les destins s'entrecroisent... Les formes sont elles aussi variées, puisqu'on navigue allègrement de récit pur en interview, de narrateur omniscient en narrateur interne.

En résumé, ce livre que j'attendais moins "foisonnant de monstres" a suscité mon intérêt et mes réflexions, sans que jamais l'ennui s'installe, grâce au style varié et à l'imagination de cet auteur qui gagnerait à être connu !

Merci encore à Nanet pour cet échange, vous pouvez retrouver sa chronique ici !

lundi 30 septembre 2013

I need you to pick up a book #1

Bonjour à tous !

Aujourd'hui, je vous propose quelque chose d'un peu différent, puisque ce n'est ni une chronique, ni un bilan, mais un post participatif ! ;)
Je reprends ici une idée de ma copinaute Do' (son blog ici), le bientôt célèbre "I need you to pick up a book" !


J'ai en effet pas mal d'emprunts de médiathèque / livres dans ma PAL / nouvelles acquisitions régulières, et il est parfois difficile de choisir qui sera ma nouvelle proie... C'est donc à vous que je vais demander de le faire ! Je vais quand même vous simplifier la tâche en en proposant deux ou trois !
Voici donc les premiers sur l'échafaud !

Baby jeunesse
Annabelle a tout pour être la star du lycée. Première de la classe, aimée par ses parents et... mannequin, la jeune fille se sent pourtant désespérément seule. Abandonnée par Sophie, sa meilleure amie, elle doit aussi affronter le mal-être de sa grande sœur. Et surtout, Annabelle n'a plus personne à qui se confier. Jusqu'au jour où elle rencontre Phil, un fou de musique qui a décidé de toujours dire la vérité en face, qu'importent les conséquences... Annabelle, qui préfère inventer des histoires pour éviter tout conflit, sera-t-elle capable d'accepter l'amitié de ce garçon si différent des autres ? Lui seul semble capable de déchiffrer son cœur comme une partition de musique.

Baby jeunesse
Un jean acheté dans une boutique d'occasion va devenir le lien entre quatre adolescentes. Carmen est brune et un peu ronde, elle parle sans détour et a un problème avec son père divorcé qui lui réserve une drôle de surprise. Tibby est un garçon manqué et ne fait pas son âge. Bridget, la troisième, est blonde, superbe et sportive, volontaire jusqu'à l'erreur... La dernière est Lena la brune, très introvertie, et grecque jusque dans ses sentiments. Chacune va se retrouver séparée pour les vacances, et ce jean magique sera leur lien indéfectible, source de fidélité. Il sera témoin de la découverte pour chacune d'entre elles de la profondeur de l'amour. Que ce soit l'amitié d'une petite leucémique ou la révélation de l'amour paternel pour certaines, ou bien la rencontre du premier amour, authentique ou source d'une amère déception pour l'autre.

 Baby jeunesse
Gwendolyne a 16 ans. Elle vit à Londres. Vie normale, scolarité normale dans une grande école privée, famille normale, en apparence… Car cette famille a un secret : certaines filles sont porteuses d’un gène qui leur permet de voyager dans le temps. Le premier tome d’une trilogie exceptionnelle. Une histoire qui mêle délicieusement trois thèmes : l’adolescence, l’amour et le fantastique.


3 lectures du baby jeunesse, à vos votes ! Je laisse jusqu'à vendredi 4 octobre 21h, c'est court mais je viens de terminer mon roman actuel ! ;)

mercredi 11 septembre 2013

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Chronique du jour, bonjour, c'est au tour d'un titre du baby challenge thriller de passer sur le grill ! L'auteur en est un Italien que je ne connaissais absolument pas, Donato Carrisi. Attirée par la quatrième de couverture, me voici donc concentrée pour écouter les paroles du Chuchoteur.

Edition : Calmann-Lévy
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 438 pages
Genre : thriller







Synopsis : 
Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure?

Mon avis : 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman a fait débattre les foules ! Entre critiques dithyrambiques et chroniques assassines, il n'a au moins pas laissé indifférent.

De mon côté, j'ai aimé le livre, sans toutefois le trouver extraordinaire. 
Par certains aspects, le thriller de Carrisi présente pas mal d'intérêts, bien qu'ils puissent ne pas plaire à tout le monde. Le premier d'entre eux, c'est que les enquêteurs principaux ne sont pas des "policiers classiques", mais des spécialistes dans un domaine précis. Ainsi, l'héroïne a pour prédilection les affaires d'enlèvement, tandis que son acolyte préféré est un brillant criminologue. Cela apporte une dimension psychologique satisfaisante pour qui aime à se pencher sur le caractère et le fonctionnement humains. Malheureusement, elle est trop peu exploitée à mon goût.

Pour en rester sur les personnages, ils suscitent bon nombre d'interrogations, chacun ayant sa part d'ombre. Comme souvent, certains sont absolument détestables, d'autres s'attirent plus facilement nos faveurs et bons sentiments... Dommage que l'auteur n'ait pas poussé plus loin le "côté obscur" de chacun d'eux, nous laissant toujours un peu trop spectateur.

Du point de vue de l'enquête, et de l'histoire en elle-même, le rythme est relativement soutenu, ainsi le lecteur n'a pas à subir d'interminables temps morts pendant lesquels l'équipe patauge dans la semoule. Les rebondissements sont surprenants, peut-être parce qu'amenés un peu trop subitement, mais au moins, on ne s'ennuie pas. Les détails macabres, notamment la mise en scène des cadavres, font froid dans le dos, et apportent une touche de réalisme au roman.

En revanche, toujours dans cette recherche de réalisme et d'identification du lecteur aux personnages, il manque un point assez important : des notions géographiques. Cela m'a d'autant plus gênée qu'on se balade pas mal d'un endroit à un autre, dans des paysages assez différents, et j'aurais apprécié de savoir au moins dans quel pays je me trouvais ! Surtout après avoir vu la nationalité de l'auteur, et m'être imaginée que j'allais voyager un peu à travers la botte. Tant pis !

L'écriture quant à elle n'a rien de particulier, mais bon sang, si certains traducteurs pouvaient se renseigner sur l'aspect scientifique des choses, on éviterait quelques incohérences, et noms de molécules parfaitement ridicules (atenololo, ah, ah) !

Enfin, terminons logiquement, le dénouement m'a bien plu, je ne l'avais pas franchement vu venir ! Mais je me serais bien passée du chapitre final...

En résumé, Le chuchoteur n'est à mes yeux pas un chef d’œuvre du genre, mais m'aura fait passer un moment distrayant. Les bonnes idées fourmillent, mais ne sont pas assez développées, d'où une certaine frustration !