mercredi 11 septembre 2013

Le chuchoteur de Donato Carrisi

Chronique du jour, bonjour, c'est au tour d'un titre du baby challenge thriller de passer sur le grill ! L'auteur en est un Italien que je ne connaissais absolument pas, Donato Carrisi. Attirée par la quatrième de couverture, me voici donc concentrée pour écouter les paroles du Chuchoteur.

Edition : Calmann-Lévy
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 438 pages
Genre : thriller







Synopsis : 
Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.

Depuis qu'ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d'agents spéciaux ont l'impression d'être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d'un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d'appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d'enlèvement. Dans le huis clos d'un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure?

Mon avis : 

Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce roman a fait débattre les foules ! Entre critiques dithyrambiques et chroniques assassines, il n'a au moins pas laissé indifférent.

De mon côté, j'ai aimé le livre, sans toutefois le trouver extraordinaire. 
Par certains aspects, le thriller de Carrisi présente pas mal d'intérêts, bien qu'ils puissent ne pas plaire à tout le monde. Le premier d'entre eux, c'est que les enquêteurs principaux ne sont pas des "policiers classiques", mais des spécialistes dans un domaine précis. Ainsi, l'héroïne a pour prédilection les affaires d'enlèvement, tandis que son acolyte préféré est un brillant criminologue. Cela apporte une dimension psychologique satisfaisante pour qui aime à se pencher sur le caractère et le fonctionnement humains. Malheureusement, elle est trop peu exploitée à mon goût.

Pour en rester sur les personnages, ils suscitent bon nombre d'interrogations, chacun ayant sa part d'ombre. Comme souvent, certains sont absolument détestables, d'autres s'attirent plus facilement nos faveurs et bons sentiments... Dommage que l'auteur n'ait pas poussé plus loin le "côté obscur" de chacun d'eux, nous laissant toujours un peu trop spectateur.

Du point de vue de l'enquête, et de l'histoire en elle-même, le rythme est relativement soutenu, ainsi le lecteur n'a pas à subir d'interminables temps morts pendant lesquels l'équipe patauge dans la semoule. Les rebondissements sont surprenants, peut-être parce qu'amenés un peu trop subitement, mais au moins, on ne s'ennuie pas. Les détails macabres, notamment la mise en scène des cadavres, font froid dans le dos, et apportent une touche de réalisme au roman.

En revanche, toujours dans cette recherche de réalisme et d'identification du lecteur aux personnages, il manque un point assez important : des notions géographiques. Cela m'a d'autant plus gênée qu'on se balade pas mal d'un endroit à un autre, dans des paysages assez différents, et j'aurais apprécié de savoir au moins dans quel pays je me trouvais ! Surtout après avoir vu la nationalité de l'auteur, et m'être imaginée que j'allais voyager un peu à travers la botte. Tant pis !

L'écriture quant à elle n'a rien de particulier, mais bon sang, si certains traducteurs pouvaient se renseigner sur l'aspect scientifique des choses, on éviterait quelques incohérences, et noms de molécules parfaitement ridicules (atenololo, ah, ah) !

Enfin, terminons logiquement, le dénouement m'a bien plu, je ne l'avais pas franchement vu venir ! Mais je me serais bien passée du chapitre final...

En résumé, Le chuchoteur n'est à mes yeux pas un chef d’œuvre du genre, mais m'aura fait passer un moment distrayant. Les bonnes idées fourmillent, mais ne sont pas assez développées, d'où une certaine frustration !

jeudi 22 août 2013

Neige de Maxence Fermine

Au programme aujourd'hui, un petit OVNI que je ne connaissais pas du tout et que j'ai découvert, une fois de plus, par le biais d'un baby challenge. Un titre qu'à coup sûr, je n'aurais pas ouvert autrement, à tort !

Edition : Arléa
Année de parution : 1999
Nombre de pages : 96 pages
Genre : contemporaine, drame







Synopsis : 
Dans le Japon de la fin du xixe siècle, sur l'île d'Hokkaido, Yuko ne désire devenir ni prêtre, ni guerrier, mais poète, afin "d'apprendre à regarder passer le temps". Fasciné par la neige, en laquelle il voit tout à la fois un poème, une calligraphie, une peinture, une danse et une musique, il s'adonne au haïku et traverse les montagnes dans l'espoir de parfaire son art auprès d'un maître renommé...

Mon avis : 
Difficile de parler de ce petit livre qui m'est accidentellement tombé entre les mains !

Le récit, bien que scindé en trois parties chronologiques successives, se dévore en une seule traite. Dans un premier temps, l'auteur fait la découverte de Yuko, un jeune homme dont l'ambition ne s'inscrit pas dans la lignée de celle de sa famille. La guerre, la religion, très peu pour lui. Non, lui veut devenir poète... plus précisément auteur d'haïku(s?), dont le sujet commun sera la neige.
Cette première partie est ponctuée de ces fameux poèmes japonais dont l'art est si réglementé, belle illustration aux explications qui en sont subtilement données. Cet exercice m'est désormais bien moins mystérieux, c'est un premier bon point !

La section centrale est consacrée au maître Soseki, Artiste avec un grand A. Lui maîtrise toutes les formes d'art, et les enseigne, malgré un handicap qui devrait pourtant lui rendre les choses quasi impossibles. L'auteur découvre sa tragique mais néanmoins magnifique histoire...

La dernière partie, on s'en doute, conclut le récit par la rencontre des deux protagonistes, et leur avancée commune. Ainsi, le néophyte et l'expert s'apprivoisent, et s'apprennent mutuellement...

Ce qui fait la force de ce tout petit roman, c'est la légèreté de l'écriture. Pas au sens péjoratif, non, je pense plutôt au côté aérien. C'est concis, les mots sont bien choisis, et le spectateur vole de l'un à l'autre avec aisance. Maxence Fermine nous offre ici une vision de l'art empreinte d'une poésie réelle, tout comme le plaisir que cela procure !
Le récit est passé un peu vite pour que je puisse complètement m'attacher aux personnages, mais il  faut reconnaitre qu'ils ont quelque chose, tous les deux. Yuko, le rêveur, le déterminé, et Soseki, le sage, bienveillant et "bienvoyant"...

L'auteur clôture son histoire de façon parfaite, parfaitement adaptée. Simple, sobre, mais tellement agréable. Un voyage dépaysant et rafraichissant... Un bon moment !

lundi 12 août 2013

Le Cycle des Démons, tome 1 : L'Homme Rune de Peter V. Brett

Edition : Milady
Année de parution : 2009
Nombre de pages : 657 pages
Genre : fantasy







Synopsis : 
Parfois, il existe de très bonnes raisons d'avoir peur du noir...
Arlen a onze ans et vit avec ses parents dans leur petite ferme. Lorsque la nuit tombe sur le monde d'Arlen, une brume étrange s'élève du sol ; une brume qui promet la mort aux idiots qui osent affronter les ténèbres, car des démons affamés émergent de ces vapeurs pour se nourrir des vivants. Quand le soleil se couche, les gens n'ont pas d'autre choix que de s'abriter derrière des protections magiques et de prier que leurs défenses tiennent jusqu'à ce que les créatures disparaissent aux premières lueurs de l'aube. Lorsque la vie d'Arlen est détruite par le fléau des démons, il s'aperçoit que c'est la peur, plus que les créatures, qui, en réalité, paralyse l'humanité. Persuadé que son monde ne se résume pas à ça, il risquera sa vie pour quitter la sécurité des runes et découvrir une autre voie.

Mon avis :

Contrairement à ce que laisse penser le synopsis, c'est l'histoire de trois personnages différents que nous suivons dans ce premier opus de la saga Le Cycle des Démons, qui en contient deux.
Arlen est effectivement le premier d'entre eux, et le plus charismatique s'il faut en choisir un. Adolescent qui a soif de savoir, de lecture, il apprend à vitesse grand V une science subtile et mystérieuse, celles des runes.
Le deuxième protagoniste, une jeune femme d'un âge comparable, Leesha, est quant à elle une adepte d'une science toute autre, mais bien utile aussi en ces temps démoniaques : l'herboristerie !
Le dernier, Rojer, est un jongleur doté d'un talent très particulier, que je ne dévoilerai pas...

Au fil des pages, les histoires de chacun se développent sous nos yeux, et tous connaissent un gain de maturité impressionnant. Pas étonnant, me direz-vous, puisque plus de 10 ans s'écoulent entre le début et la fin du livre. Détermination, courage, et blessures intimes sont des points communs entre les trois larrons qui ne manquent pas de s'attirer la sympathie du lecteur. 

Côté créatures maléfiques, les démons en question sont assez originaux dans leur façon de fonctionner, leurs interactions... Les dernières pages m'ont particulièrement accrochée, en me donnant le sentiment qu'il reste encore quelque chose d'immense à découvrir... Pas de doute, il y a matière à faire un tome 2 !

Stylistiquement parlant, ce "petit" pilote se laisse dévorer sans résister ! Chapitres assez courts, eux-mêmes scindés en paragraphes bien distincts... C'est très plaisant à lire ! Je ne déplorerais qu'une chose s'il me fallait faire un reproche : un certain nombre de répétitions dans le vocabulaire choisi, dommage.

En conclusion, c'est encore une saga fantasy agréable et à poursuivre que m'a fait découvrir le baby  challenge de Livraddict ! Elle a su capter mon attention, peut-être aussi car les domaines de compétence abordés (runes et herboristerie) me plaisent bien !