mardi 24 mars 2020

Célestopol d'Emmanuel Chastellière



Le mois d'Emmanuel Chastellière sur Bookenstock avec des interviews passionnantes que vous pouvez retrouver ci-dessous. Passée la timidité, j'ai réussi à poser mes propres questions, yay !



Je vous l'annonçais dans mon précédent article, ce mois m'a permis de découvrir le recueil de nouvelles Célestopol, qui m'a agréablement fait voyager sur la Lune...

Année d'édition : 2019
Nombre de pages : 346 pages
Genre : fantasy, steampunk
Edition : Libretto




Synopsis :
Célestopol, la cité lunaire, la perle de l’Empire Russe, la ville de toutes les démesures, où toutes les technologies de ce XXème siècle naissant se combinent pour créer la métropole ultime. Célestopol, où à chaque coin de rue, la magnificence de ses merveilles architecturales rivalise avec l’éblouissement que provoquent ses automates affectés à mille et une tâches. Célestopol et ses canaux de sélénium dont la brume mordorée baigne en permanence la lumière des réverbères. Célestopol, la ville sous dôme, le défi ultime de l’humanité lancé aux étoiles.

Célestopol la rebelle, l’insoumise. Célestopol, où chaque habitant porte en lui une colère, un amour, une tristesse, une vengeance. Célestopol et son duc extravagant, aux pouvoirs sans limites, dont la simple présence est une insulte adressée à chaque instant à l’autorité de la Tsarine. Célestopol, en quête de liberté et d’émancipation, loin d’une Terre qui menace de sombrer dans les flammes.

Célestopol, la ville qui a arraché un peu de l’âme de toutes les Russies et l’a posé sur la Lune.


Mon avis :
Le format nouvelles est un format que j'apprécie de plus en plus, et l'essai est de nouveau transformé avec ce recueil. 

La particularité de ce dernier, c'est que toutes les nouvelles le composant se passent dans un même univers : la ville sélène de Célestopol. Les personnages pour l'essentiel sont différents d'un texte à l'autre, mais de temps à autre, les destins s'entrecoupent, se croisent, tels des points de repère pour le lecteur. Une exception : l'ambivalent duc Nikolaï, qui règne en maître sur les lieux.

J'ai vraiment trouvé l'ouvrage bien construit. Les différents textes suivent une certaine chronologie, logique, inéluctable. Chacun apporte un éclairage nouveau, un point de vue différent, et les éléments s'emboîtent petit à petit, tel un puzzle. Une cloche qui passe, ou d'autres éléments font subtilement le lien. C'est habile.

Bien sûr, j'ai mes chouchous, dans les personnages (Sergueï et Isidore, par exemple) comme dans les nouvelles (La danse des demoiselles), mais l'ensemble m'a plu, en dépit de certaines fins un peu abruptes inhérentes je le sais bien au format. C'est mon côté qui en veut toujours plus !

L'immersion dans la ville de Célestopol est très convaincante. Au début ville de promesses, investie par des Terrien·nes de tous poils avides d'un nouveau départ, de conquête, de richesse bien sûr... Chacun·e tente de se faire une place. Mais une cité humaine, même sur la Lune, reste humaine : très vite la ville se scinde entre les nanti·e·s et les pauvres, et les réceptions clinquantes s'opposent aux inquiétudes des bas-fonds, survivre...

L'ambiance est très sombre dans ce recueil résolument steampunk, mâtiné de romantisme slave et illuminé par les seules rivières de sélénium. Il puise notamment ses influences dans l'oeuvre de Jules Verne ou China Miéville, mais j'y ai aussi trouvé un côté Wall-E, dans une nouvelle. La ville sous cloche recèle un bon cocktail de thèmes incontournables en SF : boucle temporelle, voyages spatiaux, nouvelle source d'énergie... mais surtout, celui que je préfère, les automates et la frontière entre humain et machine ! Le fantastique fait quelques incursions au détour de quelques pages, tout comme le genre policier, ou même l'aventure... Il y en a pour tous les goûts.

Bonne nouvelle : un nouveau recueil, dont le nom de code est "1922" et se déroulant dans le même univers, est prévu pour bientôt. De quoi retourner sur la Lune, encore pour quelques temps !


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