vendredi 30 novembre 2012

Intruse de Nicolas Jaillet

Avant toute chose, je tiens à remercier Livraddict et les éditions Le Livre de Poche Jeunesse pour m'avoir donné l'occasion de lire un roman que je n'aurais probablement pas ouvert autrement, Intruse de Nicolas Jaillet.


Edition : Le Livre de Poche Jeunesse
Nombre de pages : 235 pages
Genre : romance, historique, jeunesse
Année de parution originale : 2010







Synopsis 
Vienne, Mars 1815. Toute l'Europe est réunie dans le palais du Hofburg. La nuit, entre les murs du palais, se décident les guerres et les alliances. Au centre de ce tourbillon, le jeune vicomte Frédéric de Waldaw qui cache son identité à son amante, Fanny, corsetière. Pour elle, il est censé être un domestique. Cependant, soupçonnant que son amant lui ment, Fanny s'est lancée à sa recherche. Son enquête la mène au palais, où elle s'introduit déguisée en homme, et attire l'attention de la police secrète. Poursuivie, Fanny se réfugie dans un petit salon où elle enfile une robe. Un homme entre, il est subjugué par la beauté de cette jeune inconnue et l'invite à ouvrir le bal avec lui. C'est le Tzar de toutes les Russies. Fanny bascule alors dans la folle valse des intérêts et des séductions de la politique, du pouvoir, et de l'amour.

Mon avis : 
A la lecture du synopsis, j'étais sceptique : c'était soit génial, soit très décevant. Mais fidèle à ma volonté d'enrichir mes connaissances littéraires, et d'ouvrir mes horizons, je me suis dit why not.
Eh bien, pour tout vous dire, ce livre, je ne l'ai pas trouvé génial.

L'histoire avait pourtant de quoi me séduire : des complots politiques, sur un fond d'histoire d'amour compliquée, et agrémentés de personnalités illustres, ça partait pas mal ! Le tout dans un contexte historique réel (Napoléon vient d'être exilé sur l'île d'Elbe), je m'attendais à quelque chose d'intéressant. Malheureusement, ce contexte est finalement survolé...

Les personnages, eux, ne m'ont pas franchement touchée. Les deux principaux, Frédéric, vicomte de son état, et Fanny, la corsetière, sont parait-il animés d'une passion débordante. Pourtant, je les ai trouvés bien volages, l'un et l'autre... La jeune femme se révèle être naïve et faiblement résistante devant l'appel de ses hormones. Le mâle, quant à lui, nous apparaît comme un héritier des plus écervelés ! Peut-être trouveront-ils grâce aux yeux des collégiens, à qui se destine ce livre ! En parlant de ces deux-là, d'ailleurs, je me demande bien comment ils ont pu se rencontrer : lui avoue qu'on ne regarde pas les domestiques, dans sa classe sociale... alors bon sang, qu'est-ce qu'il serait allé faire dans la boutique d'une corsetière ? A moins qu'ils se soient croisés au détour d'un bar mal famé où ils auraient partagé une bourrée endiablée ? J'en doute.

Soulignons quand même l'extraordinaire imagination de Fanny, qui lui permet de s'en sortir dans bien des situations ! Et sa chance, aussi...

Côté style, le début m'a fait un choc. Phrases courtes, lapidaires. A croire qu'on ne pense pas les jeunes lecteurs capables de comprendre des compléments circonstanciels ! Heureusement, ça s'arrange par la suite : les phrases s'étoffent, et la lecture devient plus agréable. Le roman est découpé en cinq parties, si ma mémoire est bonne, qui suivent le déroulement temporel de la soirée. Ces différents chapitres sont vite avalés.

Enfin, je me suis posée la question de l'âge du public. Après un tour sur le site de l'éditeur, il s'avère que ce roman est conseillé pour des 4ème/3ème... Je suis un peu dubitative devant une scène charnelle où le consentement n'est pas la règle d'or. Peut-être que je me pose trop de questions !

En résumé, ce livre aurait pu être une bonne surprise, mais ça n'a pas franchement été le cas. Heureusement, il n'est pas bien épais ! Mais avant la fin, j'avais déjà envie de passer à autre chose ! Le tome 2 se passera donc de moi !

jeudi 29 novembre 2012

L'Assassin Royal T.1 - L'apprenti assassin de Robin Hobb

Robin Hobb... Je n'avais jusque là jamais lu de livre de cet auteur, mais qu'est-ce que j'ai pu en entendre parler ! En bien, et pour de nombreuses sagas... J'avais donc naturellement très envie de découvrir ses écrits, et l'occasion s'est enfin présentée, avec le baby fantasy pour lequel je viens de terminer L'assassin Royal, T.1 : L'apprenti assassin.


Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 510 pages
Genre : fantasy
Année de parution originale : 1995







Synopsis 
Au royaume des six Duchés, le prince Chevalerie, de la famille régnante des Loinvoyant - par tradition, le nom des seigneurs doit modeler leur caractère- décide de renoncer à son ambition de devenir roi-servant en apprenant l'existence de Fitz, son fils illégitime. Le jeune bâtard grandit à Castelcerf, sous l'égide du maître d'écurie Burrich. Mais le roi Subtil impose bientôt que FITZ reçoive, malgré sa condition, une éducation princière. L' enfant découvrira vite que le véritable dessein du monarque est autre : faire de lui un assassin royal. Et tandis que les attaques des pirates rouges mettent en péril la contrée, Fitz va constater à chaque instant que sa vie ne tient qu'à un fil : celui de sa lame...
 
Mon avis : 
Je connaissais déjà un peu l'histoire et les personnages de ce premier tome, puisque j'avais lu les deux premiers tomes de l'adaptation en bande dessinée de Gaudin et Picaud. BD qui avait toute de suite capté mon attention !

Dans ce premier tome, le lecteur apprend à découvrir Fitz, le bâtard de celui qui doit devenir roi... On comprend d'ores et déjà que celui-là, il n'est pas bien parti dans la vie ! D'abord relégué aux écuries, où il va beaucoup apprendre sur lui-même, il est finalement remarqué et subitement projeté dans la vie de la cour. Ses enseignements, divers et variés, se succèdent alors. Le pauvre héros n'est pas franchement à la fête... voire carrément malmené par ses instructeurs, qui peuvent être d'une violence extrême. Malgré tout, il persévère, grandit, et devient un membre à part entière de la famille royale.

Ce personnage, on le comprend aisément, a reçu toute ma compassion dès les premières pages. J'ai été touchée, notamment, par sa force de caractère qui le pousse toujours à aller de l'avant, et par son lien avec les animaux (allez savoir pourquoi)... Les chiens, d'ailleurs, ont également su toucher une corde sensible chez moi, certes bien malgré eux, mais leur loyauté à toute épreuve devrait parfois nous servir de modèle ! Bref. 

Ce ne sont pas là mes personnages favoris. Non, mon préféré, c'est, et de loin, le fou. Un homme secret, discret, et assez peu présent dans ce premier opus. Mais ses interventions, toujours fort à propos, sont entourées d'humour, de mystère, et d'affection. Rien que pour le retrouver, pour me frotter à nouveau à ses énigmes, il me faut lire la suite !

Cette saga fantasy commence de façon assez classique sur le fond. On y retrouve une famille régnante confrontée à des tas de problèmes, en particulier, des attaques. Ça, c'est du déjà vu. Mais Robin Hobb apporte un renouveau, en donnant des capacités particulières à certains de ses personnages ! Leur apprentissage, leur mise en oeuvre, leur maîtrise, nous apparaissent progressivement, et sont loin d'être dénuées d'intérêt ! La relation de Fitz avec les animaux, évoquée plus tôt, est également une nouveauté par rapport aux autres romans fantasy que j'ai pu lire... Et ses personnages sont tellement riches, manipulateurs, et bien dépeints, qu'une fois que j'ai commencé à les suivre, il m'a été impossible de les abandonner ! De plus, un héros assassin au service du roi, ça ne court pas les rues !

Côté style, après un feuilletage rapide, il m'avait paru assez dense au premier abord, avec de longs paragraphes... Mais finalement, les chapitres, d'une vingtaine de pages en moyenne, s'enchaînent vite, et rendent la lecture fluide et agréable. Merci la plume de Robin Hobb !
On reproche souvent à ce premier tome quelques longueurs. Je n'ai pas eu ce ressenti ! Bien sûr, comme dans toute saga, il faut que les choses se mettent en place ! Le lecteur n'est donc pas projeté immédiatement dans l'action. Au contraire, il découvre, page après page, l'environnement du protagoniste, ainsi que les nombreuses personnalités qui l'entourent. Ce préliminaire, à mon sens indispensable, cède pourtant vite la place à l'intrigue en elle-même.

En résumé, ce premier tome s'inscrit parfaitement bien dans une saga fantasy. Mais elle présente des atouts indéniables, tant sur ses personnages, que sur l'histoire. La fonction même du héros, Fitz, est originale. On a rarement vu un adolescent de lignée royale être assassin au service du roi !
Le livre est bien servi par un style fluide et agréable, et le tout m'a incontestablement donné envie de lire la suite !

lundi 19 novembre 2012

La porte des enfers de Laurent Gaudé

Toujours dans la lignée des romans découverts dans les challenges, voilà maintenant un petit roman de littérature contemporaine : La porte des enfers, de Laurent Gaudé.
Cet auteur, dont j'ignore tout, a la particularité d'avoir deux romans dans le baby contemporaine !


Edition : Actes sud
Nombre de pages : 266 pages
Genre : littérature contemporaine, religion, fantastique
Année de parution originale : 2010






Synopsis 
2002, dans un restaurant de Naples, Filippo Scalfaro accomplit sa vengeance : il poignarde au ventre un client puis, le couteau sur la gorge, il le force à l’accompagner dehors, le fait monter dans une voiture, prend la direction du cimetière. Parvenu là, il le traîne jusqu’à une tombe et lui en fait déchiffrer l’inscription. Puis il lui tranche les doigts des mains et le laisse là, saignant et gémissant.
1980, dans les rues encombrées de Naples, Matteo tire par la main son fils et se hâte vers l’école. A un carrefour, soudain éclate une fusillade. Matteo s’est jeté à terre, couchant contre lui son petit garçon. Quand il se relève, il est baigné du sang de l’enfant, atteint par une balle perdue. 2002, après un dernière visite à “tante Grace”, prostituée et travesti qui l’a vu grandir, celui qui a accompli sa vengeance peut enfin quitter Naples et, roulant vers le Sud, partir à la recherche des siens, disparus depuis l’époque du grand tremblement de terre.
1980 : le deuil a édifié peu à peu un mur de silence entre Matteo et sa femme Giuliana. Matteo ne travaille plus. Toutes les nuits, il roule dans son taxi à travers les rues de Naples, sans presque jamais prendre de client. Il sait bien ce que Giuliana attend de lui : qu’il retrouve et punisse le responsable. Mais il en est incapable. Un soir, les circonstances le conduisent dans un minuscule café-bar, où il fait notamment la connaissance d’un Professeur qui tient d’étranges discours sur la réalité des Enfers et la possibilité d’y descendre…

Mon avis : 
Difficile au départ, de s'y retrouver, dans cette histoire ! J'ai même cru m'être plantée en lisant les repères temporels ! En effet, d'un chapitre à l'autre, et dès le début, on suit Mattheo, le papa d'un jeune garçon mort à 6 ans, en 1980... et ce même garçon, Pippo, en 2002. J'en étais arrivée à me demander si j'avais compris l'histoire de travers !

Mais petit à petit, les éléments se mettent en place, et le lecteur comprend le pourquoi d'une telle originalité dans l'alternance des points de vue, au premier abord aberrante !
D'un côté, il y a donc les parents de Pippo, qu'on découvre à travers leur ressenti, le grand chambardement de leur vie suite au drame qui leur pris leur fils. Toutes les étapes du deuil y passent, et il est poignant de voir ce couple perdre pied petit à petit. De les voir souffrir, réécrire l'histoire... dans une volonté inextinguible de faire revenir leur enfant...

De l'autre côté, Pippo, employé dans un café, qui poursuit apparemment un projet de vengeance bien préparé... Ce n'est pas le personnage auquel on s'attache le plus, mais il a quelque chose... Cette rage, au fond de lui...

Au cours de son épreuve, Mattheo croise la route d'une bande de personnages très typés, et très bien décrits : un curé que les pontes de la religion tentent contre vents et marées de mettre à la porte de son église... un professeur loufoque masochiste et passionné de mysticisme... un travesti qui se prostitue... et un cafetier qui a du génie ! Belle brochette pour redonner un nouvel élan au père en perdition !

Le rythme est soutenu, dans cet ouvrage, constitué d'un enchaînement de très courts chapitres passant d'un personnage à l'autre. La rencontre entre les deux points de vue est bien réalisée. Bien que ne versant pas trop dans la religion, j'ai trouvé plaisant de retrouver des images mythiques de la représentation des enfers, que je considère plus dans son caractère "culturel" que "religieux". Mais ce roman m'a dérangée, par la souffrance qu'il dégage, l'ambiance parfois malsaine ! Le dénouement m'a également paru un peu facile ! Mais c'est une découverte intéressante malgré tout ! J'aurai au moins appris à dire mozzarella au pluriel en italien : mozzarelle di bufala (bravissima ?) !

En résumé, un sentiment un peu mitigé sur ce roman, qui m'a tout de même permis, et ça c'est toujours bon à prendre, de lire autre chose ! Je ne le conseillerais pas en priorité parmi les lectures contemporaines qui font du bruit en ce moment !

vendredi 16 novembre 2012

Bride Stories T.1 à T.3 de Kaoru Mori

Pendant longtemps, j'ai tourné le dos aux mangas. Phénomène de mode, surmédiatisation, matraquage... J'en voyais partout, de toutes sortes, et, faute de quelqu'un capable de m'initier, j'ai boudé ce genre. C'est cette année, grâce à Livraddict, que j'ai enfin mis le nez dans ces petites BD à l'envers, pour mon plus grand plaisir. Mon entrée dans ce monde s'est en effet faite avec une jolie découverte : Bride Stories. A ce jour, quatre tomes sont sortis. J'en ai dévoré les trois premiers (et attends impatiemment que la médiathèque commande la suite !).


Edition : Ki-oon
Nombre de pages : environ 200 pages chacun
Genre : Manga, Seinen
Année de parution originale : 2011

Synopsis 
La vie d'Amir, 20 ans, est bouleversé le jour où elle est envoyée dans le clan voisin pour y être mariée. Elle y rencontre Karluk, son futur époux... un garçon de huit ans son cadet ! Autre village, autre mœurs... La jeune fille, chasseuse accomplie, découvre une existence différente, entre l'aïeule acariâtre, une ribambelle d'enfants et Smith, l'explorateur anglais venu étudier leurs traditions. Mais avant même que le jeune couple ait eu le temps de se faire à sa nouvelle vie, le couperet tombe : pour conclure une alliance plus avantageuse avec un puissant voisin, le clan d'Amir décide de récupérer la jeune femme coûte que coûte...

Mon avis : 
Une belle découverte, donc, que ce manga, qui a su me séduire par bien des aspects. Une chose est sûre, je comprends maintenant le succès qu'il rencontre...

Sur fond d'Asie centrale, l'auteur nous offre, avec cette histoire, une magnifique fresque de la vie courante dans une contrée dont nous ignorons finalement beaucoup.
A travers le destin des personnages principaux, nous apprenons les coutumes liées au mariage, (heureusement) bien différentes des nôtres. Là-bas, les jeunes gens sont considérés comme des placements, et les unions d'amour parfaitement inexistantes. Ainsi, des couples dépareillés sont formés, par la simple volonté des parents du père des jeunes mariés.

Amir, jeune fille d'une vingtaine d'années, se retrouve de cette façon offerte à Karluk, son futur mari, et de bien des années son cadet (et à cet âge-là, ça compte !). Ils vont apprendre à se connaître, à s'apprivoiser, et surtout à surmonter le sentiment de gêne qui s'est naturellement installé entre eux. Leur vie se déroule, comme dans beaucoup de cultures orientales, dans la famille du marié. Les personnages rencontrés, réunis sur quatre générations, sont terriblement attachants. Grâce à eux, une partie du mystère de leur vie quotidienne est levée, et on apprend beaucoup de choses : qui fait quoi, comment... Et beaucoup de choses y passent ! Broderie, confection du pain, tenue des uns et des autres... Mais bien sûr, un malheur survient, et nous jette à la figure les aspects les plus noirs de ces traditions, avec l'apparition du clan d'Amir...

A partir du troisième tome, à mon grand regret, on quitte cette charmante famille pour suivre plus précisément un journaliste britannique, hébergé chez Amir. Sa présence a ceci d'intéressant qu'elle favorise la mise en situation du lecteur occidental, grâce à ses questions, ses étonnements.

Autre point important dans un manga, outre l'histoire : le dessin. Et là, on est servis ! Bien que le premier tome soit essentiellement un tome introductif, dans lequel les événements marquants ne se bousculent pas, je n'ai pas songé un seul instant à abandonner cette œuvre. Car oui, on peut parler d’œuvre ! Le coup de crayon est d'une précision et d'une finesse incroyables, autant pour les paysages, les décors intérieurs, que pour les personnages... Le meilleur moyen d'en témoigner est de vous offrir quelques aperçus :
Un exemple de travail du bois...

 L'adorable couple Amir-Karluk, dans une scène de la vie quotidienne...

En résumé, que vous soyez passionnés de mangas, ou ignare comme moi, allez jeter un coup d’œil à cette série, qui est tout simplement superbe... et qui a brillamment réussi à me lancer dans ce genre de lectures ! 


mardi 13 novembre 2012

Joséphine, L'intégrale de Pénélope Bagieu

Au programme du jour une BD prise sur un coup de tête à la bibliothèque !

Editeur : Jean Claude Gawsewitch
Nombre de pages : 270 pages
Genre : Humour ?

Synopsis :
Joséphine a "la trentaine", comme elle dit pudiquement. Elle n'est pas mariée, n'a pas d'enfant, mais elle a un chat. Elle est blonde et menue, mais s'épaissit sensiblement au niveau des hanches. Elle travaille dans un bureau, avec plein de gens qui ne connaissent pas son nom, et un macho abject dont elle ne parvient pas à clouer le bec. Elle a aussi une soeur qui est mariée, et a des enfants blonds, souriants et polis plein sa grande maison. Elle a des parents qui n'habitent pas la même ville mais qui réussissent à l'envahir et à la culpabiliser par téléphone. Elle a des copines mais aucune n'arrive à la cheville de Rose, sa meilleure amie, solidaire de ses misères quotidiennes. Elle est terriblement fleur bleue et ne désespère pas de rencontrer l'homme idéal, ce à quoi elle s'emploie activement (bars, salles de gym, clubs d'oenologie, Meetic...). En attendant, elle pleure devant les films à l'eau de rose. Joséphine a des tas de malheurs dont elle est bien souvent à l'origine : elle est maladroite, ne gère pas très bien ses relations professionnelles, peine à se faire entendre, fait des gaffes assez embarrassantes, et enchaîne les faux-pas dans sa vie amoureuse. Elle est en quelque sorte l'artisan de son propre malheur, mais veille à ne surtout jamais tirer de leçons de ce qui lui tombe dessus.

Mon avis :
Une BD empruntée sur un coup de tête certes, mais pas tout à fait au hasard... En effet, la série hante depuis quelques temps déjà le Top 100 BD Livr@ddict, avec une très jolie 33ème place pour le premier tome de la série. Du coup, ni une ni deux je l'attrape et je l'embarque avec moi, souriant d'anticipation.

L'idée de départ est assez bonne : les tribulations d'une sorte de Bridget Jones à la française, voilà qui a des chances de nous faire marrer... D'autant que l'identification au personnage est plutôt facile, déboires avec les hommes, kilos en trop, maladresses en tous genres, il y en a pour tous les goûts ! Malheureusement, les gags s'enchainent sans être vraiment drôles car ils sont balancés les uns à la suite des autres sans que l'auteur prenne le temps de les exploiter correctement ni de trouver la réplique adéquate.

En ce qui concerne le dessin, là aussi je suis déçue. Il est simpliste, ce qui pourrait être un parti pris si les gags étaient à la hauteur. Prenez une BD de Trondheim (Donjon) par exemple et vous aurez le même genre de dessin mais admirablement porté par un scénario loufoque et des répliques cinglantes. D'ailleurs, il faudra que je le relise et que je vous le chronique un de ces jours !

En bref, courage fuyez ! Ou alors je suis un être bizarre, complètement démuni de ce genre d'humour (eh oui, c'est aussi une possibilité).

lundi 12 novembre 2012

Dracula de Bram Stoker

Pour mon deuxième partenariat, j'aimerais remercier les éditions J'ai lu ainsi que Livraddict, qui m'ont permis de découvrir un grand classique de la littérature fantastique : Dracula, de Bram Stoker.


Edition : J'ai lu
Nombre de pages : 680 pages
Genre : Fantastique
Année de parution originale : 1897






Synopsis 
Répondant à l'invitation du comte Dracula qui prépare son prochain voyage en Angleterre, Jonathan Harker découvre à son arrivée dans les Carpates un pays mystérieux. Un pays aux forêts ténébreuses et aux montagnes menaçantes. Un pays peuplé de loups dont les habitants se signent au nom de Dracula. Malgré la bienveillance de son hôte, le jeune clerc ne peut qu'éprouver une angoisse grandissante. Ce comte, qui contrôle son courrier et verrouille les portes de son château, ne se reflète pas dans les miroirs et se déplace sur les murs en défiant les lois de l'apesanteur...
Jonathan Harker doit se rendre à la terrifiante évidence : il est prisonnier d'un homme qui n'est pas un homme. Et qui partira bientôt hanter les nuits de Londres...

Mon avis : 
A l'heure où bon nombre de lecteurs (lectrices ?) ne jurent que par la bit-lit, qu'il est bon de se tourner vers les classiques du genre, avec les premières apparitions des vampires dans la littérature ! Ce livre nous fournit une occasion rêvée pour agir ainsi !

La lecture de cet ouvrage est très surprenante... En effet, gardons à l'esprit qu'il a été écrit à la fin du XIXème siècle. A cette époque, les vampires n'étaient pas monnaie courante dans l'imagination du commun des mortels, et le Dracula de Stoker n'a probablement pas manqué de faire frissonner dans les chaumières !

Et pourtant... quand on le lit aujourd'hui, inondés comme nous le sommes par cette créature fantastique, on ne peut qu'être amusés par la naïveté du personnage principal du début du livre. Mais bon sang, on devine tout de suite que le comte n'est pas net, que c'est un vampire ! Pas de reflet dans le miroir, il ne vient discuter que la nuit, ne mange pas... Évident ! Oui, mais pas à l'époque !

Puis on se glisse dans ces temps passés, où Edward et Bill ne recouvraient pas les murs des chambres des adolescentes, et on se prend au jeu. L'ambiance angoissante, les personnages pris au piège... Ces personnages, justement, sont touchants, tellement pleins de bons sentiments. Encore une chose qui ne serait pas vécue de la même façon de nos jours ! Là où eux étaient prêts à jouer leur vie pour sauver l'Humanité, de notre côté ce serait plutôt sauve qui peut !

A travers leurs journaux intimes, notes, et quelques extraits de quotidiens londoniens, nous suivons l'avancée de nos héros dans leur lutte contre le mâle mal. Le style (les regards croisés, les interprétations, et les conclusions -plus ou moins rapides- des uns et des autres) est assez original, et m'a bien plu. Bien que le roman souffre de quelques ralentissements par moments, il reste malgré tout très entraînant, et passionnant dans la mise en avant des faits sous des angles différents. J'ai particulièrement apprécié le patient du Dr Seward, qui, paradoxalement, est peut-être celui qui m'a le plus faite trembler !

En conclusion, bien que ce livre ait un peu vieilli, c'est un classique incontournable que devrait ouvrir tout fan de bit-lit qui se respecte, ou tout lecteur curieux de découvrir la représentation précoce du vampire dans l'imaginaire...

samedi 10 novembre 2012

Le Château de Hurle de Diana Wynne Jones

Je viens de terminer Le château de Hurle de Diana Wynne Jones, qui fait partie du baby challenge Fantasy.




Edition : Le pré aux clercs
Nombre de pages : 340 pages
Genre : Fantasy
Année de parution originale : 1986



Synopsis 
"Sophie est l'aînée des filles d'un chapelier fort réputé de la ville de Halle-Neuve, située dans le royaume d'Ingary. À la mort de leur père, les trois sœurs se voient obligées d'apprendre chacune un métier, et Sophie est tout naturellement désignée par sa belle-mère pour reprendre l'entreprise familiale. Dans le fond de l'atelier, le temps ne passe pas vite et on s'ennuie ferme à coudre des roses aux bonnets et des voilettes aux capotes de velours. Un jour pourtant, l'existence morne et solitaire de la jeune fille prend un tour inattendu lorsque la sorcière du désert lui rend visite et la transforme en vieille femme. Sophie se voit contrainte de quitter la ville et d'aller chercher fortune quand, sur sa route, un étrange château appartenant à un magicien nommé Hurle apparaît dans le paysage. L'homme a la terrible réputation de séduire les belles et de les croquer. Qu'à cela ne tienne, Sophie a bien l'intention de se faire adopter et de s'initier à la sorcellerie pour retrouver son apparence d'antan."

Mon avis : 
C'est un livre dont je n'avais jamais entendu parler même si je connaissais le film d'animation Le château ambulant de Miyazaki, que j'ai adoré.
Et j'ignorais aussi à ce moment là qu'il s'agissait du premier tome de la Trilogie des châteaux : 
- Tome 1, le château de Hurle
- Tome 2, le château des nuages
- Tome 3,  House of Many Ways (sorti en 2008, non traduit à ma connaissance)
Commençons par le style qui sans être extraordinaire reste tout de même assez agréable à lire. J'ai été un peu déçue toutefois car j'avais adoré le style des Mondes de Chrestomanci, romans jeunesse du même auteur.

Ceux qui font, selon moi, la force de ce livre sont les personnages principaux au caractère bien trempé et aux nombreux défauts. Imaginez une jeune fille insipide transformée en vieillarde têtue accro au ménage et aux sortilèges, un magicien aussi lâche et séducteur qu'imbu de sa personne, un apprenti magicien raté et un épouvantail obstiné ! Sans oublier Calcifer, démon du feu de son état, éternel grincheux mais néanmoins attachant... Tout cet assemblage hétéroclite de caractères, va se retrouver empêtré dans le conflit unissant Hurle à la Sorcière du Désert. 
En ce qui concerne l'intrigue en elle même, elle diffère vraiment entre le livre et le film d'animation ! J'ai trouvé le début un peu long, avec une mise en place lente jusqu'à en être lassante, alors que le dernier quart du roman est plein de rebondissements parfois déstabilisants. On ne sait plus trop ce qu'il se passe, comme si la fin du roman avait été écrite en catastrophe...

En bref, un avis plutôt mitigé. C'est un roman dont j'attendais beaucoup car j'avais vraiment adoré Le château ambulant. C'est ce qui rend sans doute ma déception plus amère. 
Si vous devez choisir, je vous conseille plutôt le film d'animation ! Miyazaki a su garder les personnages hauts en couleurs mais n'a pas hésité à supprimer tout le superflu de l'intrigue, pour un résultat épatant. :)