mercredi 1 août 2012

Le Passeur de Lois Lowry

Toujours dans le cadre du Baby Challenge Science-fiction, toujours en littérature jeunesse mais beaucoup plus vite lu que le combat d'hiver, voici mon avis sur Le Passeur de Lois Lowry.

Éditions L'école des loisirs (médium)
288 pages
Jeunesse, dès 10 ans.

Synopsis : 
 Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas. La désobéissance et la révolte n'existent pas. L'harmonie règne dans les cellules familiales constitués avec soin par le comité des sages. Les personnes âgées ainsi que les nouveaux-nés inaptes sont "élargis", personne ne sait exactement ce que cela veut dire.
Dans la communauté, une seule personne détient véritablement le savoir : c'est le dépositaire de la mémoire. Lui sait encore comment était le monde, des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l’œil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux.
Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer, comme tous les enfants de son age, sa future fonction dans la communauté. 
Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordinaire l'attend. Un destin qui peut le détruire.

Mon avis :
Voici un livre très prenant et donc très vite lu mais qui touche à des notions complexes. Derrière son allure de roman d'aventure, ce livre est en réalité un ode au libre-arbitre. En effet, le monde dans lequel vit Jonas est entièrement dévoué à l'Identique. Tout y est prévu, toute difficulté aplanie, toute émotion découragée. Tout y est terne aussi car les couleurs, la musique et les animaux ont disparu. Faute d’élément de comparaison et d'émotions, la population complètement formatée n'envisage pas de remettre en cause le système en place. Elle "élargit" impitoyablement tout élément pouvant menacer sa tranquillité.

Une seule personne, le Dépositaire des souvenirs, se rappelle encore des temps d'avant et sera en mesure de rêver à un Ailleurs ou un Autrement. C'est d'ailleurs cette mémoire accumulée et la capacité d'en tirer des leçons qui fait du Dépositaire la personne vers qui se tourne la communauté lorsqu'elle est en butte à un problème inédit.

Par contre, certains cotés du roman m'ont gênée. Tout d'abord, la description de la cérémonie d'élargissement m'a choquée. Je pense qu'elle est moins violente à lire pour un enfant qui saisira le sens de la scène mais sans percevoir l'impact de ce qui se cache derrière ce mot aussi complètement qu'un adulte.

Ensuite, deux légères incohérences à mon goût. Les animaux sont absents du monde de Jonas, à tel point qu'aucun des membres de sa communauté ne croit en leur existence, mais il en croisera à la fin du roman. Comment se fait-il que ces animaux, peu craintifs, n'aient jamais franchi la frontière ? La deuxième concerne l'âge des mères porteuses : choisies à douze ans avec au maximum un an de "formation" à ce métier, cela les fait accoucher vers treize ans. Ça me parait un peu tôt pour une société qui planifie aussi bien les choses (mais je chipote là).

Un excellent écrit donc si l'on veut faire réfléchir à l'utilité de la différence, ou tout simplement pour passer un bon moment.

1 commentaire:

  1. J'ai adoré ce livre, à l'exception de la fin un peu brutale et laissant un goût d'inachevé. Mais bon, s'il y a une suite... pourquoi pas !
    Le monde décrit fait froid dans le dos et nous rappelle la chance que nous avons, même si on vit parfois des choses difficiles !

    RépondreSupprimer